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No brain... No pain

Nos amis les ricains

Où sont passés les poètes ?

mercredi 18 novembre 2009


"Poésie, poésie où es-tu disparue ?
Au fond d'un ruisseau, sous un talus ?
Poésie, poésie où donc te caches-tu ?
Pourquoi personne ne t'entend plus ?"

Qui n'a pas écrit son petit poème, quelques vers jetés (et non pas "quelques verres jetés" même si les deux vont bien ensemble) sur un bout de papier pour clamer sa douleur ou sa joie ?
Je crois que personne n'a su résister à l'envie de se tester un jour : la poésie est-elle nichée au fond de mon âme ? N'aurais-je qu'à écrire le premier vers pour qu'une suite sublime et riche coule tel un nectar libéré de son amphore ?
Bien souvent... non ! Rien ne coule, rien ne sort, mis à part quelques rimes (ce qui d'ailleurs suffit souvent à notre bonheur - Cf : cette splendide création by myself en début de post !).

Pourtant et très étonnamment, la poésie fut LE genre littéraire le plus populaire et le plus édité ; de nombreux auteurs de roman s'y sont essayés avec succès.

La poésie est déjà présente en Égypte antique :

Grand Hymne à Amon
Ses yeux sont brillants, ses oreilles sont ouvertes,
et tous les corps sont vêtus
dès qu'il brille
Le ciel est d'or, le Noun est de lapis-lazuli,
et la terre est rayonnante de turquoise
quand il s'y lève !

Partout et durant tous les siècles, elle ne cessera de nous raconter le monde, de nous conter la nature humaine.

Elle sera citée pour illustrer telle ou telle humeur, telle ou telle situation, pour auréoler de son éclat raffiné celui
qui la dispense ; je suis toujours clouée d'entendre des gens sortir des vers de mémoire qui collent pile-poil à la conversation... Moi les seuls et uniques que je connaisse sont :
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends."

Mais :
1/ tous ceux qui sont passés par le collège les connaissent donc ça n'a rien d'exceptionnel
2/ impossible à caser dans une conversation ! sauf pour signifier que "oui, demain je partirai tôt pour aider ma copine Ginette à lessiver ses murs qui n'attend que moi, on s'en doute, pour lui filer un coup d'main"

Où est donc passée la poésie ???
Où sont passés Corneille, Racine, Boileau, Lamartine, de Musset, de Vigny, Hugo, Baudelaire, Nerval,  Rimbaud, Verlaine, Leconte de Lisle, Mallarmé, Péguy, Apollinaire, Cendrars, Char, Cocteau, Eluard, Prévert, Aragon et Jean Passe j'en passe... ?

Aucune émission tv, aucun magazine ne publie quoique ce soit sur la sortie de recueils de poésie, aucun écho sur les radios... rien, rien, rien !

Les poètes sont devenus des OVNI (Objet Versifiant Non Identifié) : ils n'existent pas tant qu'on ne les a pas vus ! Et je n'en ai jamais vus de mes yeux vus ! Où se planquent-ils donc ? Qu'attendent-ils pour sortir des buissons et nous rappeler, à nous ingrats, que c'est souvent dans les bras de la poésie qu'ont débuté nos premiers émois ?

J'entends d'ici (oui, des fois on m'appelle Jeanne) certains dire : Et Bashung, et Brel, et Grand Corps Malade, et Gainsbourg, et caetera ?
Là je dis... Sorry angel ! Sorry so ! Je ne parle pas de troubadours... Je ne parle pas d'une poésie qui a besoin d'un soutien musical comme un cachet a besoin d'un verre d'eau ! Je parle d'une poésie nue, déployée sur une page blanche, prête à s'offrir au lecteur sans maquillage et artifice.

Je parle de poètes autour d'une table, invités d'émissions poétiques, dialoguant sur la sortie de leur recueil...
A croire que désormais on lit de la poésie comme on feuillette un magazine érotique... en toute discrétion.
Je dois y aller... Emballée par ce billet, étonnée par mes capacités créatives, je me sens une âme poétique et j'ai quelques vers sur le feu qui ne souffrent aucun délai sous peine de s'évanouir !


***

PS : LaLettrine vous a dégoté un OVNI : Eleni Sikelianos.

PSS : P. De Carolis, autre OVNI, vient de sortir chez Plon (dingue, non ?) un recueil de poésie : "Refuge pour temps d'orage"... Ce qui m'oblige à ajouter que même si je trouve ce titre très... poétique, il a l'inconvénient majeur d'enfermer le genre poétique dans une espèce de mélancolie et de vague à l'âme que je trouve dommageable. Tout comme en littérature, la joie et la réjouissance ne sont pas des signes de médiocrité... mais ça, c'est un autre débat.

4 commentaires à lire:

Mikael a dit…

Chère Bon sens,

je ne résiste pas à la tentation de me citer. Je ne me cite pas assez souvent, c'est un tort majeur de nos jours.

http://mikaelhirsch.typepad.fr/omicron/2006/06/monoculture.html

Je me souviens également d'un Cercle de minuit, voila des années, période Laure Adler, consacré à la poésie contemporaine. J'y avais découvert un inconnu totalement inhibé du nom de quelque chose Houellebecq. Je me souviens très bien du sentiment de compassion que m'avait inspiré ce poète déjà vieux, condamné à l'anonymat et déclamant des alexandrins. J'achetai alors son recueil dans un recoin oublié d'une Fnac de banlieue en ayant le sentiment de faire une bonne action. J'appris bien des années plus tard, que cette émission avait fait l'audience la plus faible de toute la télévision publique depuis l'invention de Médiamétrie, 15000 spectateur noctambules, si je me souviens bien...
...Et non, je n'avais pas disparu, j'étais là, mais en silence.

samedi, 12 décembre, 2009
Bon sens ne saurait mentir a dit…

Et le silence est d'or...
Isnt'it ?

PS : pour moi, grande bavarde devant les Dieux, j'avoue ne pas être en phase avec la valeur du silence mais bon... ce genre de petite expression reste poétique...
:)

mercredi, 23 décembre, 2009
Cochonfucius a dit…

Lien vers quelques poèmes (2009-2010).

mardi, 20 juillet, 2010
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Cochonfucius : Je précise que l'accès à vos poèmes passent par un clic sur votre pseudo (l'union entre le porc boudhiste et le sage...)

J'ai beaucoup aimé le poème "Maître Chevillard" :)
Forcément ! J'ai reconnu la patte du "tailleur" ;)

Bien aimé "Abel" aussi :)

mercredi, 28 juillet, 2010

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