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Nos amis les ricains

De nouveaux vecteurs pour de nouveaux livres

jeudi 25 septembre 2008


Le cinquième pouvoir.
C'est ainsi qu'Agoravox définit la force de frappe que constitue l'ensemble des internautes qui partagent de l'information et du savoir sur le net. Et il est désormais plus prudent de faire avec que sans les internautes.
C'est pourquoi en matière de littérature tandis que les vecteurs de publicité des livres se sont élargis et ont gagné le net (excellente réflexion sur la place des blogs à lire chez La Lettrine) , la publication même d'un livre s'essaie sur d'autres chemins (voir lulu.com).

Une initiative importante en provenance du site Babelio ainsi que du blog Chez les filles, consiste à mettre à contribution bon nombre de blogueurs afin de promouvoir, via des articles sur divers blogs, des livres dont la presse a peu parlé. Ce sont les maisons d'édition elles-mêmes qui envoient et offrent les livres dont il faudra ensuite parler. Et cela ne concerne pas seulement les petites maisons d'édition ; des poids lourds comme Stock Edition utilisent également ce procédé pour promouvoir certains titres de leur catalogue.

C'est dire à quel point les vecteurs qu'offre le net intéressent TOUTE personne ayant quelque chose à vendre et/ou quelque chose à dire.

Certains peuvent être incrédules devant ce nouveau média qu'est le net et les nouveaux vecteurs d'informations que sont les blogs, les sites personnels, les forums.

Il n'empêche que les buzz ont fait leurs preuves sur les 4 coins de la planète et qu'aucun Chargé de Communication sensé ne fait désormais l'impasse sur les informations diffusées via internet (la preuve avec la réponse de EA Sport et Tiger Woods face à un internaute faisant mention d'un bug sur le jeu PGA Tour 08)
Ceux qui ont voulu l'ignorer en ont fait les frais. La vitesse de propagation d'une information vraie ou fausse sur le net est tout à fait vertigineuse et rien ne saurait l'arrêter.

Devant ce véritable cyclone qui dure depuis des années et prend toujours plus de puissance, je me suis demandée "jusqu'à quand le snobisme littéraire tiendra-t'il tête à l'auto-publication des internautes ?"

A quand un site lulu.com autant visité que la fnac pour venir y choisir son livre, sa nouveauté ?
Que valent les papiers de critiques littéraires dans les magazines ou journaux ?
Sont-ils plus ou moins objectifs que les blogueurs qui critiquent sans vrai bagage littéraire universitaire mais sans être rémunérés non plus (ce qui n'est pas à négliger dans la sincérité) ?

Quel poids internet va-t'il prendre au fil des années cybernétiques qui s'annoncent ?

Les journalistes labellisés ont déjà fort à faire avec le "journalisme citoyen" qui peu à peu s'insinue dans la diffusion d'informations. Marc Tessier, ancien président de France Télévisions, ne s'y est pas trompé et prend cette émergence d'internautes journalistes totalement amateurs très au sérieux. Dans son rapport sur «La presse au défi du numérique», remis au gouvernement en février 2007, il préconise la création d'un statut pour les "journalistes citoyens".

Tous journalistes, tous écrivains ?

Le web regorge de site personnels où les écrivains en herbe s'auto-promeuvent et diffusent leur production littéraire ou poétique. Une espèce de magma littéraire où des productions de qualité côtoient de très près des écrits sans intérêt aucun. Difficile de séparer le bon grain de l'ivraie, voire impossible même. Sauf à tout acheter et tout lire pour repérer les fameuses pépites car tout écrivain a la possibilité d'être publié de façon extrêmement simple et peu onéreuse via le site lulu.com.
C'est ce chaos qui donne aux maisons d'éditions traditionnelles un temps d'avance sur les sites proposant de l'édition à compte d'auteurs.

Il est généralement répandu que ceux ou celles qui se publient par leurs propres moyens financiers sont de médiocres écrivains boutés hors des circuits officiels et reconnus. Ceci découlant d'une autre idée communément admise : les maisons d'éditions ne publient que des gens ayant un vrai talent d'écrivain.

C'est une idée tenace et ancrée dans l'esprit des lecteurs mais aussi des écrivains.

Pourtant, les maisons d'édition ne boudent pas tant que ça le média internet ou "blog", la preuve : bon nombre de blogueurs contactés par des maisons d'édition ont été invités à publier sur un bon gros livre en papier leurs histoires (exemple avec un blogueur bien connu Ron l'infirmier)

Autre exemple de dernière minute : "Brèves de blog" de Pierre Assouline, livre sorti ce mois et qui réunit pas moins de 600 commentaires faits sur le blog dudit écrivain "la république des livres".

La preuve s'il en était encore besoin que la blogosphère s'est construite grâce à des gens bourrés de talent et que l'auto-promotion ne concerne pas que les tocards.

Après de grands effets circonvolutoires j'en arrive enfin à ma question principale (!) :
mais si les internautes gagnent en notoriété une fois qu'ils ont été extraits de leur support d'origine à quand une notoriété dans le cocon originel ?

Malheureusement ce post n'apporte aucune réponse !

(Pas de bol ! Après avoir ingéré mes élucubrations vous voilà floués ! Quoique... continuez un peu...)

C'est pourquoi l'initiative d'Aloysius Chabossot ( qui a publié en janvier 2008 "Comment devenir un brillant écrivain ") a retenu mon attention ; n'est-ce pas là un nouveau type d'organisation littéraire au coeur même de ce nouveau vecteur ?

Le petit frère des pauvres de la publication n'a-t'il pas lui aussi beaucoup à gagner en s'insérant à l'intérieur du bolide internet et une fois à bord ne peut-il pas puiser dans l'extrême énergie d'internet et des internautes pour faire face et contrer la pensée littéraire dominante ?

L'initiative qu'a mis en place Aloysius Chabossot consiste en une fédération d'auteurs (publiés via lulu.com) sous une même bannière. Plusieurs avantages en ressortent à première vue :

- Fédérer des gens ayant la même activité donne du poids à chacun d'entre eux.
- L'assurance que le livre publié provient d'une sélection faite en fonction de critères littéraires.
- Un périmètre rétrécit quant au choix ; la sélection première a déjà éliminé tout ce qui serait publié et en vente mais mal écrit et inintéressant.

Le brouillard littéraire dont je parlais plus haut s'éclaircit et ne demeurent que les livres de qualité. C'est à mon sens l'idée la plus intéressante de ce projet.

Les Editions Chabossot proposent déjà un petit choix de livres, triés sur le volet, et j'avoue honnêtement que cette pré-sélection donne envie de tenter l'aventure lecture avec eux ("L'aquoibonisme ou la petite dépression larvaire comme hygiène de vie" doit être savoureux à en lire quelques morceaux ici) :










{Pour vous procurer un de ces livres, cliquez sur la couverture}

Mais quand est-il des écrivains qui n'ont jamais essuyé de refus pour la simple raison que leur manuscrit dort encore dans leurs tiroirs ?

Pour en savoir plus j'ai interviewé le concepteur de l'idée : Aloysius Chabossot dont les réponses sont d'une franchise assez rare pour être soulignée (au sens figuré bien sûr car si je m'amuse à les souligner vraiment, la lecture en sera grandement entravée!).


Bon Sens : Qui se charge de la sélection des manuscrits susceptibles de bénéficier de la mention "Editions Chabossot" ?
Aloysius Chabossot : Pour le moment, il n'y a que moi, mais cela reste ouvert, surtout que c'est un travail qui demande énormément de temps ! Heureusement, j'avais déjà lu ou presque les premiers tapuscrits qui sont édités.

BS : Ce type de publication ne s'adresse t'il qu'aux auteurs dont le manuscrit a été refusé auparavant par les maisons d'éditions dites classiques ?
AC : Non, bien sûr, mais ce serait tout de même dommage que les "jeunes" auteur se privent de l'opportunité que représente une "vraie" maison d'édition, j'entends par là une maison d'éditions qui diffuse ses livres dans les librairies...
Pour ceux qui ont été recalés, les Editions Chabossot peuvent représenter une "seconde chance".
BS :Quel peut être l'intérêt pour un jeune auteur qui n'a encore rien envoyé, à aucune maison d'éditions de choisir volontairement la publication par lulu.com via la bannière "Editions Chabossot" plutôt que par une maison d'éditions ayant pignon sur rue ?
AC: Je vais être très franc : aucun. Pour moi, l'édition "classique" reste la voie royale pour la littérature (même si parfois, les critères de choix sont très discutables... mais on ne refera pas le système, on peut juste imaginer une alternative).

BS : Comment cela se passe t'il si une maison d'éditions décide à la lecture d'un des romans publiés par "Edition Chabossot" d'offrir un contrat d'édition à l'auteur pour ce même roman ?
AC : Aussi sec je supprime ledit roman du "catalogue".

BS : Quels sont vos objectifs au travers de cette initiative ?
AC : Pour moi, l'exemple emblématique reste " L’inénarrable destin de Joseph Djougachvili dit Staline » de Thierry Pinet. Même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'un roman, c'est sans conteste une vraie création littéraire. Son auteur a eu des retours plutôt positifs des éditeurs, mais à chaque fois revenait la même litanie : sujet trop pointu, ça ne concerne que trop peu de monde, donc ça ne se vendra pas. C'est un argument tout à fait défendable (les maisons d'éditions doivent vendre pour vivre, sinon elle meurent, le principe est simple et valable pour toutes les entreprises), mais je me disais qu'il était tout de même dommage qu'en vertu de ce seul argument commercial, le livre de Thierry Pinet ne puisse pas être accessible à tous. Aujourd’hui, l’outrage est enfin réparé ! Donc, pour synthétiser, l'objectif est de mettre à disposition des lecteurs des livres "non commerciaux" mais qui n'en restent pas moins intéressants, touchants, drôles, romanesques, etc.

BS : Comment envisagez-vous d'élargir la notoriété de ce projet et par conséquent de faire connaître vos auteurs et leurs livres ?
AC: Grâce à ma solide amitié avec Frédéric Beigbeder. Mais avant, il faudrait que je le rencontre au moins une fois... En attendant, le promotion ne passera que par le net, là où je connais virtuellement quelques personnes pleines de bons sens (;)) et susceptibles d'être intéressées par cette entreprise. Mais ce genre d'opération est comparable à un feu de cheminée : si ça prend, ça fait de belles flammes, sinon, on reste dans le froid (cette métaphore est fumeuse, j'en ai conscience).

BS : Quelles limites vous imposez-vous dans le choix des sujets ?
AC: Je préfère me cantonner à la littérature dite "généraliste", pour éviter la dispersion. Et puis c'est celle que je connais le mieux. Il est pour moi difficile de juger, par exemple, des qualités d'un roman de Fantasy, tout simplement parce que je n'en lis pas, pour la bonne raison que ça ne m'attire pas. Mais libre à ceux que ça motive de reprendre mon idée, et de lancer une maison d'éditions uniquement de Fantasy, ça serait une excellente initiative. D'ailleurs, je dois préciser que cette idée de maison d'édition sur le net connaît des précédents, je n'en suis pas l'inventeur. Je citerais les Editions Brumerge ( http://les-editions-brumerge.wifeo.com/) et les Editions Malpertuis (http://www.ed-malpertuis.com/). Il en existe peut-être d'autres... En tout cas je l'espère !

BS : Si cette initiative était fructueuse, décideriez-vous de passer à un type d'édition plus conventionnel pour promouvoir les auteurs choisis ?
AC: L'avantage de ce système est qu'il en coûte rien, si ce n'est beaucoup de temps car je corrige les textes, je les mets en page et j'assure la conception de la couverture. Passer à un type d'édition conventionnel, cela supposerait, en plus du temps, beaucoup d'argent. Et qui dit "argent" dit nécessairement "retour sur investissement". On se retrouverait alors avec les contraintes habituelles dont les éditions Brumerge Malpertuis et Chabossot sont exemptes, au profit d'une totale liberté éditoriale. Donc, à priori, je ne pense pas.

***

6 commentaires à lire:

Anonyme a dit…

Bonjour,
Très bonne idée de faire connaître les Editions Chabossot - et aussi le livre très drôle que Mister Aloysius a publié cette année. Je me demande s'il ne va pas bientôt être noyé sous les manuscrits lui aussi, comme les maisons d'éditions classiques. Comme il le dit lui-même, ce travail prend un temps fou! Savez-vous si les Editions Chabossot recrutent? :))

lundi, 22 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@didouchka : Il me semble au vu de l'interview "Pour le moment, il n'y a que moi, mais cela reste ouvert, surtout que c'est un travail qui demande énormément de temps !" que les bonnes volontés ne sont pas de refus.
Quoiqu'il en soit, le message est passé ici :)
Vous pouvez aussi déposer votre offre sur le site d'Aloysius Chabossot.
:)

lundi, 22 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Je reste mitigée quant à tous ces avis positifs sur Internet. Que les blogs soient une source d'inspiration entre lecteurs, c'est formidable, et depuis l'été dernier, où j'ai ouvert mon blog littéraire, j'ai découvert de nombreux auteurs grâce aux autres blogs. Mais je suis gênée par la volonté des maisons d'édition d'investir cette sphère pour faire leur marketing. Envoi gracieux de livres contre critique, ça a l'air joli comme ça, surtout s'il s'agit de livres peu médiatisés. Mais on tombe vite dans le journalisme bénévole et la création artificielle d'un "buzz" autour de certains livres. Je commence à me demander si j'ai envie de retourner sur les blogs qui ont parlé de "La Fausse veuve" en termes mesurés, même si visiblement ils n'adoraient pas, parce que Chez les filles le leur a envoyé gratuitement. Selon moi, cela va à l'encontre du principe du blog littéraire, partager son cheminement de lectrice avec d'autres personnes, en dehors des sentiers tous tracés de l'actualité littéraire.
Pour ce qui est des éditions Chabossot, je suis cette histoire avec intérêt. Le fait qu'un tri soit fait rassure sur la qualité du projet.

mercredi, 24 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@canthilde : Dans la blogosphère littéraire il y a toutes sortes de blogs avec des directions très différentes. Il y a ceux qui résument le livre et tendent juste à le faire connaître, il y a ceux qui se contentent de donner leur avis, il y a ceux qui font les deux, il y a ceux qui veulent ouvrir une discussion autour du livre... bref, les "lignes éditoriales" sont très disparates.
Du coup, la réception d'un livre et par la suite la critique qui doit en être faite se moule sur cette façon propre à chacun d'aborder "le blog littéraire".
Cela donne parfois des post sans aucun intérêt, des choses tièdes même si la personne qui a écrit l'article y a mis tout son coeur de lectrice.
Sur les opérations d'envois gratuits, il est probable que certains blogueurs (filles ou garçons) n'osent tout simplement pas descendre un bouquin qui leur a été gracieusement offert de peur de ne plus jamais en recevoir !
Mais c'est un peu pareil chez les critiques professionnels. Ils hésitent à se fâcher avec telle ou telle maison d'éditions ; certains sont amis avec les écrivains (difficile alors de torpiller le bouquin pour ensuite prendre un verre avec l'auteur comme si de rien était).
Là où les choses me semblent pourtant plus simples, c'est que le blogueur ne doit rien à personne et donc reste libre ; sa liberté de ton ne devrait pas être suspendue à quelques livres offerts.
Je reste dans un conditionnel circonspect car je n'ai pas été lire ces articles encensant coûte que coûte un livre offert et que je n'ai pour ma part reçu que deux livres qui étaient de qualité. Si je devais recevoir un livre ennuyeux à mourir, je crois que je ne me gênerais pas pour la simple raison que j'ai peu de temps et que le perdre à lire un truc rébarbatif me mettrait en colère.
Et puis, à ne jamais oublier, les blogueurs sont des gens comme les autres ; un blog n'est pas un gage de franchise.
:)

mercredi, 24 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@adeline : ne vous excusez pas, j'ai volontairement omis de placer une adresse email sur ce blog ; de fait, on ne peut me joindre que via les commentaires :)
Je reviens vers vous par le biais de votre adresse email.

vendredi, 26 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Teena in Toronto : Thank you so much !!! That's right it was two years ago... The 22th october 2006 ! How did you remember it ???
I did forget it indeed ! Do you wanna be my private PDA ?
;)

mercredi, 22 octobre, 2008

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