Cela fait assez longtemps que j'avais envie d'écrire ce post et d'avoir votre avis sur cette question qui relève d'une situation totalement incongrue :Comment être critique littéraire quand on est écrivain ? Umberto Eco a plutôt bien résumé ce paradoxe de façon simple. C'est une incongruité totale car l'écrivain qui s'essaye à critiquer le travail d'un autre écrivain n'a que deux choix. 1/ Le livre à critiquer est meilleur que le sien et cela le rend féroce. 2/ Le livre est moins bon que le sien et cela le frustre. Dans les deux cas, il est totalement incapable de critiquer le talent ou l'absence de ce dernier. Voilà pour le point de vue d'un homme de bon sens. Car combien sont-ils ces écrivains-critiques littéraires à se sentir frustrés devant une oeuvre moins bonne que la leur ? Sûrement bien moins nombreux que ceux qui ironisent ou méprisent. Et pourtant, les critiques de livres faites par des écrivains pullulent joyeusement un peu partout. Yann Moix, Beigbeder, Eric Naulleau, Xavier Houssin, Florence Noiville, Patrick Kéchichian, etc, etc, etc... Il serait peut-être plus simple de citer les écrivains que ne sont pas critiques littéraires. Le bon sens qui voudrait que l'on ne mélange pas les casquettes doit avoir soigneusement évité les écrivains lors de sa distribution. L'exemple le plus fort et le plus caricatural : Mazarine Pingeot.Cette écrivaine sévit sur Europe 1 (le samedi de 18h à 19h) en compagnie de son alter ego, Constance Chaillet... écrivaine elle aussi... N'ayons pas peur de l'absurde : 2 écrivaines/critiques des autres c'est forcément mieux qu'une seule. Je vous recommande une visite sur le site : Centre d'Etudes Mazarine Pingeot. Hilarant, croyez-moi. On y trouve (entre autres) un article de Jérome Dupuis (journaliste à l'Express) au titre magistralement cruel (et authentique) "Mazarine, écrit vain" : "Mais, sous couvert d'explorer éros et thanatos, notre agrégée de philosophie aligne tous les marronniers des pages psycho-sexe de Cosmopolitan [...] " à propos du livre : Le cimetière des poupées. Baptiste Liger n'est pas plus complaisant, deux ans auparavant lors de la sortie de "Bouche cousue" : "L'écriture : Très sage, voire un peu terne et scolaire[...]". Je n'ai rien contre Mazarine Pingeot mais force est de constater que l'ensemble des critiques littéraires (bonne balade sur le net !) ne lui trouve quasiment aucun talent d'écrivain. Seuls les critiques littéraires cabotins et lèche-culs affirment qu'elle a un style original (ce qui ne veut rien dire en fait quand on y réfléchit bien). 5 romans a son actif et toujours la même soupe littéraire. Elle semble installée là, dans le décor médiatique, sans que personne n'y trouve à redire alors même que personne ne la regarde vraiment. Sa "copine" médiatique c'est Constance Chaillet. 3 romans a son actif, certainement peu de ventes et quasiment aucune critique bonne ou mauvaise sur ses livres. En revanche, beaucoup de gens allument son style littéraire déversé à loisir dans les chroniques qu'elle tient pour le "Figaro Madame". Plus fort encore, elle se fait placarder par un fan de Claire Castillon. C'est drôle non ? Je cite parce que c'est trop bon ! (Rubrique Writers on tv - les sous doués) "Autres cas qu'on préfère savoir sur nos écrans que dans les librairies: Florian Zeller ("Vol de nuit"), Constance Chaillet et Mazarine Pingeot ("Ça balance à Paris")... " Ce ne vous évoque pas un dicton? Alleeeez j'vous aide... "C'est l'hopital qui s'fout d'la charité". Si vous avez la sensation d'avoir raté quelque chose (ce qui indiquerait l'échec total de ma démonstration) une bloggeuse rattrape le coup et retranscrit une des émissions. Bon fini de rigoler... Constance Chaillet a tout de même osé insulter Gabriel Matzneff lors d'une émission de Michel Field. Et sur ce coup, je vais rendre hommage à Beigbeder (notez bien parce que ça ne devrait pas se reproduire avant des lustres) qui a courageusement relevé cet outrage et s'est publiquement indigné. Vous l'aurez saisi, Constance ne manque pas d'air à défaut de modestie. Tout cela, me direz-vous, n'a pas grande importance et je suis bien d'accord. Sauf que ces deux jeunes personnes, pleines de talent et de culture (comment ça j'ironise ? Ah oui mais moi je n'ai rien écrit !) s'amusent à donner leur avis sur une radio qui rassemble des millions d'auditeurs, leur avis sur des écrivains. Voilà l'absurdité totale de ces écrivains qui critiquent : ils évaluent la plume des autres tout en écrivant eux même comme des pieds. La question qui m'obsède est donc : D'où tirent-ils (ou t-elles) leur légitimité à critiquer le travail des autres quand le leur est médiocre ? Vous me voyez en train de critiquer le mille-feuille aux truffes de Joël Robuchon ? "Mouais bof, les strates de mille feuilles sont trop lourdes et les truffes... c'est trop chichiteux. Non j'suis pas emballée." alors même que le gratin dauphinois relève chez moi de l'exploit. En toute logique stratégiquement futée, il eut mieux valu ne jamais rien écrire ainsi point de comparaison. Mais non, la tentation est trop forte. "Moi aussi j'peux l'faire !". Mais, me direz-vous (je me conteste à moi même car vous n'avez encore rien dit) ce ne sont pas les premières. Je confirme, ni les premières, ni les dernières. Stendhal sur Chateaubriand : "Chateaubriand pêche contre le bon goût en parlant trop de lui. Ses louanges sont des énigmes, enfin, il ne pense pas. Cet homme "shall not outlive his century". Je parierai qu'en 1913 il ne sera plus question de ses écrits." Zola sur A. Dumas : "Ce n'est ni un penseur ni un écrivain original. Il a un style absolument factice, manquant de véritable haleine, empruntant une fausse chaleur à tout un système de phrases exclamatives. On lui a fait dans la littérature contemporaine une place mensongère, où il ne se tient que par le gonflement de toute sa personne, il en descendra vite..." H. De Montherlant sur Flaubert : "Ni esprit, ni nouveauté de pensée, ni coups de sonde imprévus et profonds dans le coeur humain, ni trouvailles d'expression, ni race, ni drôlerie: Flaubert manque de génie à un point qui n'est pas croyable. C'est un boeuf de labour avec un carnet de notes. Mais si! n'importe qui, sachant ou flairant ce qu'est un grand écrivain, aurait vu de soi-même que Flaubert n'en est pas un..." Flaubert sur Maupassant : "Il avait de faibles moyens d'expression." Maupassant sur J. Vernes : "Quelques hommes encore aujourd'hui s'acharnent à égrener des histoires aussi invraisemblables qu'interminables..." Il semble plutôt avéré que les écrivains s'autorisent depuis belle lurette à critiquer le travail de leurs confrères avec plus ou moins de lucidité. Cela dit, je ne crois pas qu'il serait de bon ton que Constance Chaillet et/ou Mazarine Pingeot arguent du fait que cette tradition d'écrivains- critiques littéraires est ancestrale pour justifier leurs critiques mais après tout... auraient-elles des scrupules à coucher leur nom derrière ceux de Zola, Flaubert, Maupassant, Stendhal ??? *** |
Retour sur le jeu Dead to Rights Retribution
Il y a 4 semaines


46 commentaires à lire:
"La question qui m'obsède est donc : D'où tirent-ils (ou t-elles) leur légitimité à critiquer le travail des autres quand le leur est médiocre ?"
samedi, 12 janvier, 2008Mais dans la société du spectacle, c'est justement la prise de parole, la critique qui confèrent la seule légitimité qui soit. (L'existence précède l'essence, c'est la rançon malheureuse de l'Existentialisme) Peu de gens lisent vraiment les livres, qu'ils soient bons ou mauvais, mais tout le monde écoute la radio ou regarde la télé. L'écrivain digne de ce nom est donc celui qui s'exprime dans les médias, non celui qui écrit.
ni critique, ni journaliste, ni membre de jury. ça devrait être la règle...rêvons un peu...
De mauvaises langues prétendent que Madame Pingeot ne tire sa légitimité que de son ascendance...
samedi, 12 janvier, 2008Jamais rien lu d'elle. J'attends une critique sur mes blogs préférés. Bon-Sens, Béatrice, Fashion... à vos claviers !!
@Mikael : Ca me fait rudement plaisir de te revoir ici :) Je te souhaite une très bonne année et surtout beaucoup de ventes !
samedi, 12 janvier, 2008Oui "ni critique, ni journaliste, ni membre de jury" devrait être une règle morale et éthique. L'existence précédant l'essence ne nous donnera que des pantins vides de sens justement. Quel malheur. 2008 ressemblerait donc à 2007 ? Misère !
@fantômette : Aïe... Tu me fais mal là ! Mazarine Pingeot ! Pour 2008, on m'avait souhaité "des bonnes lectures"... Pas des défis impossibles.
samedi, 12 janvier, 2008;=)
Bonsoir et ... Chouette ! Une super problématique en fait. Excellente question.
samedi, 12 janvier, 2008A propos de Mazarine, elle a déclaré que quand elle faisait partie du comité de lecture de Grasset (je crois) elle cassait ou donnait sa chance à tel ou tel manuscrit selon son humeur du moment. Tout juste si elle ne le jouait pas au 421. (le pire c'est qu'elle ose le dire devant tout le monde !)
Mais donc or par conséquent qui est légitime pour juger de la qualité d'un bouquin ? Un grand écrivain ne le peut, un mauvais encore moins, alors quoi ? Quelle formation, quelles aptitudes pour critiquer ? Ce devrait être un boulot, comme pour les testeurs de grands crus.
merci de ce billet qui pousse à la réflexion !
Kiki :-)
Je ne sais pas : je dois être totalement naïf, sans doute.
dimanche, 13 janvier, 2008Mais j'espère quand même - j'espère fort - qu'avec un peu d'honnêteté, faire coexister les deux métiers s'avère possible.
A cela, une seule condition, tout de même (en plus de l'honnêteté en tant que telle) : être critique, et écrivain, avant tout parce qu'on est mû par un réel amour pour la littérature.
Si cette condition est remplie, pourquoi pas ? Non ?
J'espère. Mais je vis peut-être chez les Bisounours dans ma tête, là, tout de suite.
Pas du tout d'accord avec toi ma chère Bon_Sens. Je passe sur Mazarine Pingeot que je n'ai jamais lue. Mais pourquoi un auteur si médiocre soit-il ne pourrait-il pas critiquer un auteur ? POurquoi un journaliste de dormation serait -il plus lucide qu'un écrivain ? Dans ce cas, en quoi un simple blogueur, qui n'est ni écrivain ni journaliste serait mieux placé pour critiquer un livre ?
dimanche, 13 janvier, 2008Tu évoques le manque de lucidité des auteurs critiquant leurs pairs. Mais en matière de littérature, sommes-nous toujnours bien lucides ? Est-ce bien le problème d'ailleurs. Bien des auteurs étaient adulés au 19ème siècle et sont complètement oubliés aujourd'hui. Ce n'est pas une question de lucidité mais de goût, de tendance. D'ailleurs, un critique ne porte pas la parole évangélique. Flaubert a "le droit" de trouver que Maupassant (son disciple)acait de "faibles moyens d'expression". La littérature est aussi une question de sensibilité, de ressenti et de subjectivité.
@Posuto : C'est bien la question de la légitimité qui me turlupine. Je ne sais pas non plus comment la définir. Je m'interroge... et je constate qu'il est tout de même incongru de critiquer le travail de ses "collègues".
dimanche, 13 janvier, 2008Merci à toi de participer à cette réflexion :)
@Franswa : C'est un plaisir de te lire ici à nouveau :)
dimanche, 13 janvier, 2008N'être mû que par l'amour de la littérature me semble ressembler à une utopie. Les pressions des maisons d'éditions, des grands groupes, des bénéfices et j'en passe ne peuvent pas rester à la porte des critiques. Ils ont besoin de payer leurs factures comme tout le monde. Je suis également une grande utopique mais j'ai bien peur que la réalité médiatique mette par terre nos voeux. Il reste bien évidemment des critiques que je trouve remarquables mais leur petit nombre résistera t'il à la déferlante de la pipolisation ? Je m'interroge...
@Anne-Sophie : Ah mais j'adore cela ! La controverse est bien la seule chose qui fasse avancer les idées et les opinions :)
dimanche, 13 janvier, 2008Que la médiocrité puisse se porter juge sur le travail plus brillant d'un autre me parait être une pure perte de temps. Imaginons qu'un médiocre physicien critique les travaux d'Einstein, qu'apportera t'il à la science ? S'il n'en parle qu'à sa mère ou son père, on s'en fout. S'il publie ses commentaires dans une revue prestigieuse, il ne fera que s'attirer la honte.
C'est donc relativement étonnant, qu'en littérature ça ne fonctionne pas ainsi. C'est un art où il n'est pas besoin d'être doué pour juger et surtout être entendu. C'est là que le débat se pose. Certaines sciences n'admettent pas la médiocrité. L'écriture n'étant pas une science, tout le monde peut donner son avis. Mais il y a une marge entre donner son avis et ériger son avis. Les bloggeurs donnent leur avis sans influer sur les ventes d'un livre. Le jour où ce sera le cas, cela deviendra absurde.
De même on peut se demander si psychologiquement, l'objectivité existe. Pour ma part non. Cela implique que celui qui critique un livre alors même qu'il exécute la même activité doit se défaire de travers très (trop) humains : l'envie, la jalousie, l'aigreur, la vanité etc...
Une seule chose devrait demeurer à défaut d'objectivité : la générosité.
Flaubert avait parfaitement le droit de trouver Maupassant médiocre dans ses moyens d'expressions, mais comment définir ce qui est de l'ordre de la critique généreuse (celle qui veut apporter une impulsion) de la critique empreinte des travers humains que j'ai évoqués plus haut ?
Je pense que la lucidité dans mon propos est d'admettre que l'on est trop impliqué pour juger honnêtement le travail d'un autre qui demeure quoiqu'on en dise un concurrent. D'où la nécessaire qualité avant d'émettre son avis : la générosité.
Les bloggeurs, journalistes, écrivains qui tendraient à obtenir de leur plume un quelconque gain ou une quelconque renommée devrait réfléchir avant d'émettre leur critique.
Promis... quand je deviendrai célèbre, je fermerai ce blog :)))
ah, ah, ah! Je viens de me marrer un bon coup!
dimanche, 13 janvier, 2008Tu soulèves la question de la légitimité des critiques? Tu n'es pas sortie de l'auberge! Ton article est succulent, j'adore la comparaison avec le mille feuilles aux truffes, mais au fond, il n'est déjà pas si mal d'avoir une critique car il me semble que la plupart des prétendues critiques sur les bouquins que sont qu'un vague résumé de la quatrième de couv.
PS: je pardonne TOUT à Maupassant (y compris le coup de latte à Jules Verne qui n'est quand même pas le plus grand écrivain français. J'ai une dent énorme contre J. Verne). Maupassant poourrait même critiquer Dumas, tiens...
Je repense à cette question et la tourne dans les sens que je trouve (2 ? 3 ?). Il y a quand même une chose qui devrait aider un écrivain dans la critique d'un autre, c'est la conaissance par le "dedans" de la difficulté d'écrire, la connaissance aussi de la somme d'énergie, d'implication, d'affection, de tourments divers que ça peut engendrer. Il pourrait y avoir une sorte de "pitié" ou de compassion devant le travail d'un collègue. parce que franchement, la compétition... C'est "nazebroque" (je ne trouve pas d'autre adjectif). Comment mettre en compétition les auteurs que l'on aime ? On peut en aimer un plus que l'autre mais de là à dire qu'il est "meileur"... Il nous touche plus, ou nous parle mieux, mais à nous, pas à la totalité de la population...D'où l'énorme part de subjectivité, forcément.
dimanche, 13 janvier, 2008Mais là, je parle d'une "vraie" critique littéraire (je mets des guillemets partout ce soir !) et pas d'une opération publicitaire pour faire mousser une émission de télé, un journal, ou un critique himself.
C'est un peu comme le problème de l'argent en peinture, tel ou tel artiste est côté, et pas tel autre... L'oeuvre devient un produit qui rapporte ou pas. En fait, je trouve que ce sont deux mondes qui s'entremêlent alors qu'ils n'ont rien a voir entre eux (la création et le rendement).
Bouh, j'ai été longue, j'en suis désolée, et en plus pour enfoncer des portes ouvertes ! C'est comme ça chez moi le dimanche...
Kiki :-)
PS : en plus j'ai fait des fautes d'orthographe tous les 15 mètres !!! Il faut m'excuser (j'ai des progrès à faire).
dimanche, 13 janvier, 2008Kiki2
Que l'on fasse une bonne critique pour faire plaisir à un copain (en espérant le retour d'ascenseur) ou une mauvaise pour descendre un concurrent, c'est humain. Certes, ça ne fait pas avancer la littérature, mais c'est humain.
dimanche, 13 janvier, 2008Mais pour que cela ait un effet quelconque, il faut quand même que le critique-écrivain se situe à un niveau de notoriété et/ou de talent qui le place au milieu des "concurrents". Parce que si l'on est vraiment mauvais, on restera sur la première case du jeu, même en dégommant les autres pions.
De ce fait, si la critique "stratégique" n'apporte rien, on peut tenter la critique "honnête", nourrie d'un pur "amour de la littérature" (pour reprendre les gros mots de Franswa... Mais je crois que je suis aussi du pays des Bisounours, alors j'aime ses gros mots). On n'a alors pas plus ou moins de légitimité en étant bon écrivain, mauvais écrivain ou pas écrivain du tout. On peut culminer au degré zéro de l'imagination, être incapable de bâtir une intrigue qui tienne debout, posséder, pour couronner le tout, un style exécrable, et avoir pourtant du goût, une sensibilité, un esprit d'analyse, une connaissance de la littérature ou que sais-je encore, qui permettent de porter un jugement sur l'oeuvre d'un autre.
Prenons, par exemple, une cuisinière de base que nous nommerons BS pour garder l'anonymat. Le fait qu'elle soit à peine capable de concoter un gratin dauphinois lui interdit-il de porter un jugement sur les oeuvres du Sieur Robuchon ? Elle a peut-être deux mains gauches (pure supposition de ma part) mais un palais à la sensibilité extrême. Et elle a aussi le droit de ne pas aimer les truffes (pure supposition de ma part).
Ma foi, Seb, c'est fort joliment exprimé! Moi-même, qui ne sais pas faire le gratin, j'ai un avis sur la cuisine de Michel Sarran, car mon palais est fort délicat
dimanche, 13 janvier, 2008Que dire ? que ton billet est délicieux, presqu'autant que le mille-feuilles aux truffes, tiens! :)) Pas besoin d'être un cuisinier émérite pour apprécier Bocuse, certes, mais le débat ne se situe pas sur ce terrain-là. Que l'on soit un écrivain génial ou un écrivain médiocre (et je n'ai pas lu non plus Mazarine Pingeot, désolée Fantômette:)), peut-on être à la fois juge et partie ? C'est ça le fonds. Et ma réponse aurait tendance à être non... Je trouve d'ailleurs que les écrivains ont souvent été de très mauvais critiques littéraires (il n'y a qu'à voir les exemples que tu donnes) et parfois aussi de mauvais critiques d'art. Et c'est valable aussi pour les journalistes qui sont potes avec des écrivains qu'ils encensent. Ce qui est dommage c'est que Pingeot a une rubrique à la radio parce qu'elle est la fille de (ne nous leurrons pas, cette femme n'aurait jamais été publiée sinon) et qu'elle fait vendre des bouquins pas forcément intéressants...
lundi, 14 janvier, 2008@ Fashion, être juge et partie c'est porter un jugement alors que l'on a un lien (d'intérêt notamment) avec l'une des "parties" : les "pours" ou les "contres". Si l'on est systématiquement pour les oeuvres d'un ami (ou de quelqu'un qui a le bras long et dont on aimerait être l'ami), ou contre les romans d'un auteur qui vend plus et fait de l'ombre à notre génie, on peut être accusé d'être juge et partie. Mais on n'est pas "partie" du simple fait d'être écrivain. Alors on peut se contenter d'être uniquement juge. L'honnêteté (encore ce gros mot !) est bien utile pour cela. Et elle permet de conserver au moins un ami, avec lequel les liens d'intérêt sont les plus solides : soi-même.
mardi, 15 janvier, 2008@Béatrice : Je propose donc une nouvelle énigme :
mardi, 15 janvier, 2008MAIS QU'A DONC FAIT JULES VERNE POUR ENERVER BEA ?
Je commence :
- Il lui a été imposé avec "20000 lieues sous les mers" tandis qu'elle avait une angine blanche et 45° de fièvre...
- Ses parents ont bien failli l'appeler Némo lors de sa naissance...
@Posuto : ah ah ah ! C'est de la gym de neurones hein ? Excellent !
mardi, 15 janvier, 2008Les bonnes discussions enfoncent souvent des portes ouvertes pour aboutir justement aux portes fermées... donc c'est pas bien grave ! Tu parles là d'empathie... et je veux bien admettre que l'empathie est une forme de générosité. Sauf que... c'est tout de même une qualité humaine plutôt rare... faut pas se leurrer.
Donc nous revoilou au point de départ :)))
@Posuto : les fautes on s'en fout, les copies ne sont pas notées :)))
mardi, 15 janvier, 2008@Seb : Bon j'arrive à la rescousse de cette pôv anonyme BS...
mardi, 15 janvier, 2008Si cette gourdasse n'est pas capable de faire un gratin aura t'elle l'impudence de critiquer vertement un chef d'oeuvre ???
C'est là que se posent mes questions. Où, comment, quand débute la légitimité de critiquer ? Et puis tout dépend de la forme et la nature de la critique. Je me répète mais la critique généreuse n'est JAMAIS inutile, même si elle repproche des choses.
Compliqué cette affaire... :/
@fashion : Ah voilà ! Juge et partie ! Quoiqu'en dise Seb qui s'en tient au sens précis de cette formule, tu as dit ce que je n'avais pas dit ! Voilà !
mardi, 15 janvier, 2008D'ailleurs j'ai une autre question tout aussi fumeuse dans le genre :
POURQUOI 70% DES ECRIVAINS SONT DES JOURNALISTES ET LES 30% RESTANT DES PROFS OU DES DIPLOMES DE NORMALE SUP, AGREGES DE PHILO ???
Ca aussi ça va faire jaser.
Où sont passés les autodidactes ?
Où sont les Janet Evanovich ? (clin d'oeil).
Allez, j'y va également de mon piti commentaire. Je n'ai point lu Pingeot et laissez moi vérifier.... non elle ne figure pas dans ma liste de to-be absolutely-read... Mais j'ai quand même la faiblesse de croire que critiquer et écrire sont deux exercices différents, et qu'on peut être nul à l'un et très bon à l'autre, ou inversement. Un peu comme ces champions qui font de mauvais entraîneurs, et des joueurs anonymes qui excellent dans cette matière. Ouh là, pas évident de comparer sport et littérature, ;-)
mardi, 15 janvier, 2008Cela dit, en effet, si l'écrivain critique en ayant toujours à l'esprit de comparer avec son propre boulot, là commencent les soucis à mon avis!
Je retiens l'idée du post sur Jules Verne!
mercredi, 16 janvier, 2008Sinon, je crois que les écrivains sont souvent journalistes ou prof parce que:
- ils ont peut-être un peu plus de temps que les autres pour écrire (non, non, ne me tapez pas sur la tête....!). Un journaliste qui écrit, c'est son boulot, quand même! Et nombre de prof de français, d'histoire, de langues...aiment la littérature (ou alors, ils se sont trompés d'orientation). Nombre de gens attirés par l'écriture choisissent donc une profession en lien avec celle-ci.
- Il n'y a pas le choix. Il est quasi impossible de vivre de sa plume, à quelques exceptions près
et donc le cumul de deux fonctions est obligatoire.
- Il y a aussi un nombre non négligeable de médecins: ça a à voir, je pense, avec la possibilité de gérer son temps.
- Bien sûr qu'il y a des autodidactes, mais je suis assez frappée de noter que pas mal d'écrivains issus de milieux très modestes, pour lesquels l'écriture ou la littérature n'allaient pas de soi, sont passés par l'enseignement avant de se mettre à écrire. Est-ce une voie royale? Ou peut-être ce passage les aide-t-il à se sentir légitimes pour écrire?
Ou m'égaré-je?
J'ai des dizaines de choses à dire sur Jules Verne!
@So : Si, (so si ?) la comparaison est plutôt juste car je note que dans le sport un entraineur qui a été un joueur médiocre n'est pas sur le même plan que ses joueurs. Il ne redeviendra jamais un joueur. Il a une nouvelle casquette. De plus au lieu de jalouser ses joueurs il a tout intérêt à les porter haut pour devenir un grand entraîneur. Il doit donc être généreux et non pas aigri. Il n'est pas juge et partie. Il est entraineur et n'est plus joueur : il ne pratique pas les deux activités de concert.
mercredi, 16 janvier, 2008:)
@Béatrice : J'attends ce post sur Jules Verne :)
mercredi, 16 janvier, 2008Bien vu pour le choix d'une profession en fonction de son goût pour la littérature.
Je pense aussi que psychologiquement, on est plus légitimé à écrire quand on a une culture qui va avec.
Donc tu ne t'es pas égarée ou alors nous sommes deux. Mais à deux même perdues, on n'est moins seule, hein ? :))
Très bon blog! Je passais par ici et me suis attardé... Vraiment, j'suis impressionné.
mercredi, 16 janvier, 2008Quant au débat sur la critique, voilà ce que j'ai à proposer:
Le double statut écrivain-critique est selon moi naturel. Imaginez un romancier qui n'a jamais rien lu. On peut s'attendre à un résultat original, mais je doute que cela donne un chef d'oeuvre. L'écrivain nourrit ses écrits avec son vécu, ses rêves, mais aussi ses lectures. Les livres des autres lui fournissent des points de repère pour penser la littérature, pour forger sa propre esthétique. Sans eux, il s'enferme dans sa tête et perd des occasions pour faire évoluer son oeuvre. La lecture fait partie du travail de l'écrivain, comme le scientifique (puisque la comparaison a été évoquée) se doit de lire les publications des autres équipes de chercheurs pour évaluer l'intérêt et la portée de son travail, pour rechercher des nouveaux points de vue susceptibles d'éclairer les problèmes qui se posent à lui. Or, du moment où l'on est lecteur, on jette un regard sur l'oeuvre, regard qui donne lieu à une appréciation, donc une critique, même si elle est basique du genre "j'ai adoré" ou "c'est barbant". Vous-même, Bon Sens, ne semblez pas pouvoir vous empêcher de nous communiquer vos impressions sur les oeuvres que vous lisez. (Et c'est une bonne chose: Quoi de plus triste qu'un livre dont personne ne parle?)
Ce qui vous distingue de Mazarine Pingeot, c'est votre très honorable modestie. Vous ne voulez pas imposer votre avis aux autres. C'est ce qui fait à mon sens votre compétence dans le domaine de la critique. Seuls les critiques qui sont conscients de l'imperfection, du caractère partiel et individuel de leurs opinions peuvent prétendre à une critique valable. Cette condition n'est sans doute pas entièrement suffisante, un désintérêt total pour les Lettres est pour moi incompatible avec une critique digne d'intérêt. Une certaine culture n'est pas mauvaise non plus. Toutefois, au final, une critique reste toujours subjective, même les auteurs s'y trompent.
@tico : Bienvenue !
mercredi, 16 janvier, 2008Il est notoirement connu sur ce blog que je suis extrêmement sensible à la flatterie ! Nobody's perfect. Je vais donc vous réserver un siège de choix dans mon petit salon ! Ah oui vraiment ! Je me gargarise de : "Vraiment, j'suis impressionné." "Ce qui vous distingue de Mazarine Pingeot, c'est votre très honorable modestie."... Waouu ! Justement là c'est ma célébrissime modestie qui s'emballe :))
Plus sérieusement, votre propos est très juste. Si je devais influer sur des ventes de livres suite à mes critiques je serais drôlement embarrassée en fait.
Posuto a dit une chose exacte quand elle souligne l'idée de prendre en compte la difficulté d'écrire avant de critiquer. C'est quelque chose que je prends en compte avant d'écrire ces lignes ici. J'aime l'honnêteté et l'intelligence. Si un auteur introduit dans son travail ses deux traits alors celui ci mérite d'être étudié et non pas dégommé.
Il faut aussi ajouter qu'être bloggeuse, non rémunérée et sans impact pour le devenir d'un écrivain ou pour ses revenus (car écrivant beaucoup sur des auteurs décédés, j'arrive souvent très longtemps après la bataille) donnent une certaine aisance. Je remarque que les bloggeurs ici qui sont également des romanciers comme Béatrice, Mikael ou Secondflore ne fracassent jamais d'autres livres ou auteurs.
Ce qui signifie aussi que certains écrivains refusent de tenir deux rôles qui sont difficilement compatibles (et j'en reviens aux propos d'Umberto Eco). Difficillement ne voulant pas dire impossible, la question avait donc cette raison d'être : comment contourner cette difficulté ?!
:)
Comme une évidence monstrueuse alors que moult intelligences croisent ici le fer à propos de littérature et du métier de critique : je n'ai JAMAIS lu Jules Vernes !!
mercredi, 16 janvier, 2008A part ça, je suis d'accord avec Béatrice - mais elle le dit tellement mieux -, y en a marre de lire des espèces de soupes baptisées critiques et qui ne sont que de mauvais ersatzs de quatrièmes de couv', dont la seule légitimité est qu'elles ont été pondues par les soit disant nouveaux intellectuels français. Pouah ! Et ben, je préfère mille fois les chroniques glanées ici et là sur les blogs ! J'y trouve au moins du corps et du coeur !
Ca faisait longtemps que je n'étais pas sur ton blog, et je suis contente de lire ton article. Je suis complètement d'accord avec ce que tu écris, mais je n'ai jamais lu un livre de M. Pingeot, rien que de l'entendre parler de ses bouquins ça me donne plutôt envie de lire Mickey !! et en plus elle se permet d'animer une emission de critique littéraire que j'ai vaguement écouter une fois pffft... je ne connaissais pas ce "centre d'études Mazarine Pingeot" !! c'est comme à la star-ac ils savent à peine chanter et déjà ils font un cd et partent en concert,en fait il suffit juste d'être dans le milieu qu'importe le talent, on a les honneurs.
mercredi, 16 janvier, 2008Tout ça prouve qu'il ne suffit pas d'être bourré de culture et d'être bien né pour avoir du talent ouf !! A bientôt
@Bon Sens
jeudi, 17 janvier, 2008Merci pour la bienvenue.
Justement, je crois que c'est parce que c'est difficile que c'est intéressant. C'est pour ça que nous discutons des livres, parce que nous savons à quel point il est ardu de se faire un avis complet sur une oeuvre. (Vous me direz peut-être que je contourne la difficulté de votre question, et vous aurez raison, mais tant pis: Je ne prétends pas résoudre
les problèmes en un tour de main.)
Ps: Quand quelque chose plaît, il est juste de le faire savoir. Si le goût pour la flatterie est votre défaut, au moins ça vous fera écrire d'autres belles critiques. ;-)
@Fantômette : Ah j'aime bien le "moult intelligences croisent ici le fer à propos de littérature"... Ca m'donne un p'tit air de Juliette Récamier ou Germaine de Staël.
vendredi, 18 janvier, 2008Top classe !
@Nina : Ca me fait plaisir de te revoir aussi. J'aime que tu vas bien (mieux ?). Tu me replonges dans l'âge tendre en me parlant de Mickey. Qu'est ce que j'ai pu le lire ce "Journal de Mickey" ! Je suis bien d'accord avec toi sur la culture et la naissance. Je milite activement pour que soit prise en compte la valeur indéniable de l'apprentissage autodidacte.
vendredi, 18 janvier, 2008@tico : Ah faut pas abuser des bonnes choses. Je pourrais finir par vouloir être rémunérée à recevoir tant de compliments !
vendredi, 18 janvier, 2008Pour rempiler (faut dire que j'aime bien rempiler), il y aussi dans la critique une façon d'être par rapport aux gens et au monde. Par exemple, un exemple au hasard : Moi. (oui, bon, je suis sous ma main alors je me prends). J'écris. Mon bouquin sort le 24 janvier au fait (autopromo ? Honte sur moi). Je sais comme c'est difficile du coup. Et quelquefois sur mon blog je parle d'écrivains. Eh bien, c'est toujours des coups de coeur et des "viendez, viendez voir comme c'est bien ce truc !" parce qu'au départ je vais plutôt tenter 'aller vers le positif et l'encourageant. Et ça ne me viendrait pas à l'idée de tendre un index négatif. Démonter, dégommer, casser, c'est facile. Ou alors, ça se justifie (je trouve, hein, je ne parle que pour moi) quand il y a une sorte d'unanimité positive autour d'une oeuvre qu'on trouve "merdique". Là, casser devient purgatif et presque courageux. Je viens de lire le billet de Patricia sur Jules Verne, je trouve ça excellent, parce qu'elle montre un morceau jamais montré, parce qu'elle casse du "passé sous silence" et ça c'est très bien.
samedi, 19 janvier, 2008Alors ? Combien j'ai fait de fautes de frappe cette fois, hum ? A la douzième, je gagne un Bled ?
Kiki :-)
@posuto : là tu en dis trop ou pas assez !
samedi, 19 janvier, 2008Le titre de ton bouquin ?
Editeur ?
Nom de l'auteur ?
C'est pour ma petite promo perso :))
Argh. Il s'appelle Charlémoi. C'est chez Arhsens éditions. Mais surtout et le plus important, c'est de garder à l'esprit, pour ceux qui l'ouvriraient pour le lire (gasp), de se souvenir donc que je peux mieux faire (parce que c'est mon premier, hein, donc si c'est raté, il faut pas me gronder, il faut me consoler au contraire et me rappeler combien je suis perfectible. Enfin, j'espère...-sanglots-)
samedi, 19 janvier, 2008Kiki :-)
@posuto : Je suis d'une extrême indulgence pour les premiers romans. Et nous sommes tous perfectibles... je saurai te le dire et redire si le besoin s'en faisait ressentir ! Mais pourquoi partir de ce pied là ? Partons positifs !
samedi, 19 janvier, 2008Sans doute peut-on comme le propose Posuto mettre en avant en premier lieu les livres qui nous plaisent. On a besoin de repères dans cet océan de livres tous plus ou moins bon car notre temps est compté. Mais le problème est que les critiques officiels (journalistes, prix littéraires, poids lourds de la culture...) utilisent un langage mielleux identique pour tous les livres. Comment faire la différence entre un roman bien écrit et du gaspillage de papier? C'est pourquoi je suis assez partisan d'une critique qui ose aussi casser (avec arguments à l'appui, bien entendu, sinon c'est trop facile). D'un autre côté, je comprends aussi qu'un peu d'indulgence ne fait pas de mal. Après tout, ce n'est pas simple d'écrire un livre, rien que l'effort fourni est louable. Toutefois, pour donner à l'auteur une chance de se perfectionner, il faut aussi savoir lui dire qu'il a écrit un livre utile en tant que cale-pied (avec plus de tact que moi). Un auteur conscient de sa perfectibilité, cependant, saura toujours se censurer tout seul avant publication pour proposer uniquement des livres dignes d'être lus. :-)
lundi, 21 janvier, 2008@Bon sens ne saurait mentir : Votre phrase du 18 janvier "Je milite activement pour que soit prise en compte la valeur indéniable de l'apprentissage autodidacte." m'interpelle.
mercredi, 06 février, 2008L'autodidacte qui s'est cultivé seul, du fait d'une naissance dans un milieu sans instruction, en dehors des chemins balisés, sans maître, en sauvage, fier de son autonomie et de sa non-appartenance aux programmes de l'éducation nationale, se forge lui-même ses idées et manifeste une personnalité originale puisqu'il n'a pas été influencé par un formatage social.
Béatrice, le 16 janvier a soulevé la question de "se sentir légitimes pour écrire" et effectivement ceux qui sont passés par l'enseignement ont eu une position sociale reconnue, d'où une légitimité à se positionner comme écrivain, contrairement à l'autodidacte pur qui ne doit rien à la société ... et se trouve confronté au problème de s'y réintégrer par l'écriture, car son parcours intellectuel solitaire peut-il être apprécié par ceux qui ont été instruits par leur milieu, les écoles et universités, sans même avoir conscience de ce qu'ils ont reçu, tant cela leur semble naturel ?
Line
Je viens de lire ça chez assouline qui m'a fait penser à ce billet :
lundi, 10 mars, 2008http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/03/10/haro-sur-les-maquereaux-de-la-litterature/
J'ai trouvé deux/trois citations bien drôlatiques !
Kiki :-)
J'"exhume" (si j'ose dire), cet article un peu ancien de ton blog, juste pour te demander ton avis sur la querelle littéraire qui fait rage, en ce moment, dans les colonnes du monde, et dont le Canard Enchaîné a rendu compte la semaine dernière : un obscur écrivain qui est aussi prof de lettres, a critiqué vertement et ouvertement, dans les colonnes du monde, JMG Le Clézio, prix Nobel de Littérature, en disant qu'il ramenait la littérature "vingt ans en arrière" (citation de mémoire).
lundi, 27 octobre, 2008Donc, je porte l'attention de tous les lecteurs de ce blog que nous avons, ici, un exemple de plus tendant à prouver qu'il est bien délicat d'être critique littéraire quand on est par ailleurs écrivain (surtout écrivain ET prof de lettres, là, c'est double malus ^^)
@Anomnyme : Merci, merci pour cette intervention ! Je reste sur mes positions quant à la difficulté de critiquer les autres et d'être écrivain dans le même temps. J'ai également appris qu'Eric Naulleau allait avoir une émission littéraire de critique (lui qui prône le "halte à la promotion, vive la critique littéraire") avec comme intervenant : Mazarine Pingeot !
lundi, 27 octobre, 2008Moi ça me sidère... Si j'étais écrivain, qu'est-ce que j'en aurais à f*** que Mazarine Pingeot critique mon travail vu la médiocrité du sien ???
A suivre :)
Ca fait du bien de voir quelqu'un qui dénonce encore cette société de la connivence masquée qui porte petite plume et grand micro.
vendredi, 16 avril, 2010Il faut bien le dire, pour être un écrivain "qui monte" quelques talents naturels sont indispensables.
Il vaut mieux être né à Chatou (Zeller) qu'à Plan-de-Cuques pour se faire remarquer - refiler son manuscrit à un ami bon bourges, qui le refilera à un copain avec qui il brunche autour du 6ème arrondissement, qui le confiera à une copine secrétaire d'un ponte de la réflexion qui aurait un bureau chez Nathan, pourquoi pas -.
Il vaut mieux avoir une belle gueule burinée par la dure vie d'enfant de la grande bourgeoisie rivé la bouteille pour supporter les tourments de la chaîne. Chaîne qu'il imagine dans ce roman jamais terminé mais qui est ancré en lui, comme le tragique est posé sur le bord d'une coup de champ ED. Ceci permet de passer à la télé, après avoir balancé sur le traitement de texte, dans le style Harlequin-Gaga, ses délires alcoolos, que le bon copain du bon réseau des bons bourges animateurs sur écran va proclamer direct "rock'n'roll. Séquence écran : alcoolo repenti serrant les dents à l'intérieur de cette suave collée sur cette gueule burinée. Le tour est joué.
Il vaut mieux, dans tous les cas, être journaliste. Une bonne pression de cette espèce bavarde, prétentieuse et creuse tient un micro. L'ascenceur, c'est pas pour les chiens. Regardez le nombre d'auteurs vendeurs, en ce moment. S'il n'y a pas la moitié de journalistes, je suis prêt à faire la bise à FOG.
Il n'est pas interdit non plus d'être un soutien mesuré, responsable, mais néanmoins inconditionnel d'Israël, par origine ou tropisme sarkoïde, voire réflexion de fond de tonneau. Cette compulsion mène sûrement au contact de ceux qui tiennent le pompon, qui tiennent le pognon, qui tiennent les médias, voir plus haut le "copain à micro".
Enfin, on ne négligera pas l'assurance publication que constitue ce bon vieil anti-communisme, pour peu qu'il soit géographiquement décentré et parés d'horreurs nouvelles. Les ravages du collectivisme à Cuba ou en ex-RDA tiennent aujourd'hui la corde.
Mais bien sûr Zoe Valdès a connu la faveur internationale par le seul fait de son talent.
@Anonyme : Et bien... c'est dit !
samedi, 17 avril, 2010Pour ne plus être en colère, il n'y a qu'à lire des auteurs morts !
J'en reviens toujours au même mais un bon Machado de Assis ça vous remémore que certains défavorisés y sont arrivés ;=)
Je suis entièrement d'accord : Constance Chaillet se permet avec outrecuidance, des critiques légères, sans fondement et tellement faciles qu'elle en est ridicule et pitoyable.
mercredi, 23 mai, 2012Enregistrer un commentaire
Ouvert à tous, anonymes ou pas.