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One Shot

No brain... No pain

Nos amis les ricains

En plein dans le mille !

mercredi 2 janvier 2008


Une fois n'est pas coutume, et pourtant...
Voici à nouveau un premier livre, un livre d'écrivain débutant, un talent découvert... Le baptême du feu.

Début d'année oblige, je me lance et j'y vais fort ! Je commence donc 2008 avec un livre que j'ai adoré.

Sorti en août 2007, écrit par Bertrand Guillot alias Secondflore, "Hors jeu" nous raconte l'histoire de Jean-Victor Assalti, jeune homme narcissique et tout-puissant, sorti de l'Ecole avec une arrogance à l'épreuve des balles qui par les aléas économiques du marché du travail va se retrouver confronté au monde d'en bas, à la masse silencieuse. Cette descente hiérarchique va vite se transformer en parcours initiatique où de ci, de là, Jean-Victor Assalti glanera de petits trésors comme la sincérité, le doute, l'authenticité, la franchise, l'amour... Mais saura-t'il les faire fructifier ?


Difficile de croire que c'est un premier livre tant il possède l'étoffe des grands.

La première partie avalée, je n'ai eu qu'une seule pensée : fulgurant ! J'ai rarement lu une telle aisance dès les premières lignes. J'ai su dès cet instant que tout ceux qui parcourraient les premières lignes iraient jusqu'au bout.
(Les éditions Le dilettante mettent à disposition les 3/5 de la partie I.)

J'ai beaucoup pensé à Eric Chevillard dans le rapport au lecteur. Bertrand Guillot nous parle, nous apostrophe : à croire qu'ils nous avaient tous autour de lui tandis qu'il écrivait.

Je suis allée voir si sieur Guillot avait laissé un commentaire concernant mon article sur E. Chevillard, histoire de confirmer mon impression : manque de bol, il n' a rien laissé.

C'est pas grave, il me semble que la comparaison est plutôt flatteuse.

Je vais me répéter (et ce, probablement tout le long de ce post) mais j'ai été extrêmement impressionnée.

Alors Soyons (comme disaient les Louis de France) plus explicites. Décortiquons un peu cette formidable découverte (j'ai pas peur des superlatifs voyez-vous).

First floor : le style (vous pouvez prononcer "le staïle).
Ecriture assez nerveuse, limpide, pas de mots alambiqués (donc pas besoin de dico à portée de main). Des constructions de phrases très très efficaces, nettoyées de tout ce qui est souvent lourd grammaticalement mais sans être pauvres. Là était la gageure. C'est parfaitement et totalement réussi. Même que, B. Guillot ose des construction assez originales en jouant avec la ponctuation ce qui a pour effet immédiat d'accélérer le rythme.

Second floor : le rythme (le rizeum).
Très rapide. Très très rapide. Mais très maîtrisé. A mon humble avis (l'humilité est-elle compatible avec la tenue d'un blog ? Autre débat), un pur délice, une réjouissance des neurones.

Third floor : L'histoire.
Alors là, je vais mettre un petit bémol. Disons que l'idée est plutôt bonne, mais de manière générale ça n'est pas non plus l'idée du siècle. Ce qui, de fait, est encore plus génial car, justement, quelle prouesse de faire d'une histoire somme toute ordinaire, un livre totalement extravagant.

Extravagant, je ne l'avais pas dit ? Ah, pardon. J'avais oublié de mentionner à quel point ce livre est grinçant et drôle, cynique et naïf.

Lorsque de jeunes loups, rasés de près et déboulant de leur Ecole se retrouvent en pleine jungle urbaine, ils occupent très vite le terrain. La ville leur appartient, le monde est à eux : ils sont en chasse pour un territoire qu'ils conquièrent finalement assez rapidement. Coups de crocs à droite, coups de griffes à gauche, ils s'installent avec panache ne prenant même plus la peine d'essuyer les filets de bave qui s'échappent de leurs babines.

Malheur à celui qui par malchance se perd en route et sort des sentiers balisés de la réussite.

La horde de gagneurs ne reconnait que ceux qui se reflètent dans son miroir. Hors des apparences, point de salut. Le loup égaré perd le droit de rire toutes canines dehors.

Mais comme dans toute jolie histoire, notre héros ne perdra rien au change, je vous l'assure. En revanche, ceux qui s'en approchent... Chut... Je n'en dirai pas plus.

Il y a presque un petit côté mélo ricain dans cette histoire très frenchy. Mais B. Guillot sait s'y prendre pour stopper net la larme qui perlerait au coin de l'oeil et sortir de sa besace un tour de cynisme.
Plus j'y pense plus je me dis qu'un film pourrait bien sortir de ce livre... A classer sous le genre : "Comédie romantique diabolique".

Vous l'aurez compris : n'en jetez plus, sa coupe est pleine : j'ai adoré !!!

Paraphrasant un auteur que j'adore et que B. Guillot a cité en interview, je dirais : il s'est bien amusé. Au revoir et à bientôt*...

Alors, à quand le deuxième ?


***
PS : J'ai beaucoup aimé la critique de ce livre faite par fashion-victim.
Vous trouverez également sous la plume de clarabel, une vision assez similaire.
Celle de stéphanie où je diverge quant à l'idée que le roman démarre comme un "énième roman de trentenaire nombriliste". Je n'ai absolument pas eu cette impression, bien au contraire.
La critique de Laurence me laisse perplexe. N'étant pas du tout "joueuse" et plutôt "snob" quant aux jeux télévisés, j'étais au départ une bien mauvaise cible pour B. Guillot. Or il me semble que le décor du livre n'est pas le fondement car si on retire au cadeau son emballage, il me semble entendre au loin "c'est la luuuuuutte finaaaaaaaaaale....".
Bref, la lutte des classes me semble ici tirer toute sa couverture dans une ambiance ludique (ça passe mieux il est vrai car Marx avait déjà sorti un couplet sur dominants/dominés en 1867, beaucoup, mais alors beaucoup, plus rébarbatif).



***
* honneur au thème du livre, jouons ! Qui a écrit "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci." avant de se suicider ?

***

C'est bon, j'arrête là ce post à rallonge ;-)



***



8 commentaires à lire:

Stéphanie a dit…

Quel billet :)

Pour la question : c'est Romain Gary

Cela me fait penser que je ne l'ai toujours pas lu!

mercredi, 02 janvier, 2008
Anonyme a dit…

Quel enthousiasme, dame Bon-Sens! C'est Bertrand qui va être content :)))
et un billet dès le 2 janvier, bravo, j'espère que ce n'est que le début! :D

mercredi, 02 janvier, 2008
Anonyme a dit…

Désolée que mon billet ait pu te laisser perplexe. :-D En fait, je pense qu'il s'agit simplement d'une rencontre ratée. J'en étais d'ailleurs tellement persuadée que j'ai, pour contrebalancer mon avis, publié une interview de l'auteur.
Peut-être n'était-ce pour moi pas le bon moment pour le lire? Peut-être aussi, ayant grandi dans le milieu des "communiquants" n'ai-je pas été assez surprise par les situations proposées. :-)

jeudi, 03 janvier, 2008
Anonyme a dit…

quel enthousiasme ! ca donne envie de lire le livre!

jeudi, 03 janvier, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@stephanie : En plein dans le mille !

jeudi, 03 janvier, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@fashion : quand j'aime j'aime ! Ca se voit, non ? ;)

jeudi, 03 janvier, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@laurence : Ah ben non pas "désolée" ! C'est la richesse de Blogoland ! On y trouve différents avis et du coup on réfléchit !
Faut pas s'excuser d'avoir trouver les ficelles trop grosses, au contraire, ça ne peut qu'enrichir la critique.
Bonne année :)

jeudi, 03 janvier, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@amanda : J'espère bien ! :)))

jeudi, 03 janvier, 2008

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