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Nos amis les ricains

Les premiers seront-ils les derniers ?

lundi 21 mai 2007

Je ne peux me permettre de faire une évaluation complète des idées fausses qui circulent en 2007. Je n'en ni le temps et surtout ni le talent. En revanche, il me semble intéressant d'évaluer cette idée qui veut que la littérature française des années 2000 est bien pauvre et que le nivellement par le bas est roi.
Cette idée, j'en suis la première victime et certainement un des premiers vecteurs (même si la force de ma voix ne va pas plus loin que ce modeste blog). Comme l'indique le sous-titre de mon blog, la littérature "fraîche du jour" m'incommode particulièrement. J'ai l'impression de jeter mon argent par les fenêtres si je dépense plus de 3 € pour un livre récent et j'ai peur d'une indigestion littéraire. Or cette idée que je véhicule n'est pas neuve et n'a rien de contemporain.
Il me faut reconnaître qu'elle implique de fait que la littérature ultra contemporaine est souvent vue d'un très mauvais oeil et que cette réac-attitude balance souvent le bébé avec l'eau du bain. Je constate donc (non sans un certain effroi) que ni ce que je lis, ni ce que je pense n'est très "moderne"... Je frôle donc dangereureusement la ligne qui départage une conservatrice d'une vieille conne !
Ce mea culpa étant fait, passons à l'analyse objective de notre sujet : Est sorti chez Calmann-Levy, en 1999, un livre très intéressant bien que parfois fastidieux (à mon goût) de Christophe Prochasson intitulé : "PARIS 1900". C'est sur cet essai d'histoire culturelle que je vais m'appuyer ainsi que sur le livre merveilleux de Dominique Fernandez : "L’Art de raconter" pour illustrer mes propos.
Les temps changent ? Pas tant que ça...

"En fait de livres inutiles, la surabondance est plus pauvre que la disette absolue, et cette surabondance, toujours croissante, devient un fléau pour notre littérature. Dans toutes les classes, tout ce qui sait lire lit des romans. Nous voudrions ajouter seulement : tout ce qui sait écrire, en écrit ; mais l'émulation va plus loin [...] Après la critique médiocre, rien n'est plus facile qu'un roman médiocre : aussi des hommes du monde, qui ne sont en même temps pas des hommes de lettres, des femmes aimables, qui ont négligé l'étude de l'orthographe pour donner plus de temps à la composition, font et traduisent des romans [...] ils ont ralenti de manière sensible le mouvement général des esprtis vers des études importantes, et c'est avec le dix-neuvième siècle que commence ce changement notable ; ils ont corrompu le style, ils ont même altéré la langue... chez la plupart des romanciers modernes [...] viennent s'introduire en foule des locutions inadmissibles, des tours d'anglais ou germaniques, des barbarismes nombreux..."

Cette rengaine est la même depuis un bon bout de temps, j'en veux pour preuve cet extrait (ci-dessus) du rapport qu'avait demandé Napoléon en 1808 sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789.

Réminiscence d'une polémique plus ancienne encore, ayant eu lieu en 1687 dans l'enceinte de la vénérable Académie Française. Le 27 janvier 1687, l'abbé de Lavau lut un poème de Charles Perrault : "Le siècle de Louis Le Grand" : ce fut un coup de tonnerre et s'ensuivit l'ouverture de la "Querelle des Anciens et des Modernes". En effet dans ce poème, Charles Perrault soutenait que les ouvrages de ses contemporains surpassaient ceux de leurs modèles de l'Antiquité, il démysthifiait le dogme de la suprématie des Anciens. Perrault allait assez loin dans la contestation - et même dans la provocation. Non seulement il exaltait les Modernes, mais il ne se privait pas de montrer ce qu'il y avait de dérisoire chez les Anciens pour un français contemporain de Louis XIV. Dès la lecture terminée, la colère de Boileau éclata. Racine ne crut pas un seul instant que Perrault puisse avoir sérieusement pensé ce qu'il avait écrit. La Fontaine se tut, il ne savait pas encore quoi en penser. Pour montrer qu'il ne plaisantait pas, Perrault fit imprimer et distribuer son poème. La querelle sortit de l'Académie et gagna le public. Elle allait durer un demi-siècle ! Perrault affirma que ces vieux auteurs n'étaient bons que pour les pédants :
"Ils devaient, ces auteurs, demeurer dans leur grec
Et se contenter du respect
De la gent porte-férule."

La Fontaine, abasourdi, se sentit attaqué. Son amour des Anciens était agressé, il fallait le défendre. Il partit à son tour en guerre contre Perrault.
Deux siècles plus tard, en 1861, on estimait à 370 personnes environ la population composant la haute intelligentsia parisienne. 370 personnes influentes qui faisaient la pluie et le beau temps sur le monde de la culture. Alexandre Bisson, Robert de Bonnières, Paul Bourget, Eugène Brieux, Alfred Capus, Félicien Champsaur, Victor Cherbuliez, Jules Claretie, Anatole France, Gustave Geffroy, José-Maria de Heredia, Gustave Kahn, Stéphane Mallarmé, Georges Ohnet, Emile Zola, ... et 354 autres.
Mais un élément va désorganiser et effrayer ce petit monde : la culture de masse.
La montée en force de nouvelles catégories sociales liées à la modernisation du pays provoque la crainte de la bourgeoisie fin de siècle. La foule devient un thème reprit à multiples reprises entre autre pour effrayer les élites socioculturelles. Celles là mêmes qui étaient sur le point de se voir dépossédées de leur monopole : la culture.
Et C. Prochasson d'asséner un argument de poids : "En politique comme en art ou en littérature, les réussites ne dépendaient plus seulement de quelques instances choisies mais du ralliement du plus grand nombre."
Le fer était dans la plaie. Voilà comment et pourquoi les romans "faciles" ou "de gare" sont devenus presque la norme. Les chiffres, les ventes, voici donc les nouvelles instances. Les livres destinés à un public cultivé, n'étaient tirés qu'à 700 exemplaires en moyenne vers 1830. Inutile d'être excellent en arithmétique pour envisager d'emblée les tirages possibles avec une arrivée massive de nouveaux lecteurs. Mais impossible d’offrir à un affamé un énorme plat. Il faut procéder par étapes.
La revue des revues, écrit en octobre 1899 : "... Et tandis que la société envoie au bagne des meutriers vulgaires, elle comble de ses faveurs des écrivains (?) qui, grâce à la complicité criminelle de certains journaux, versent des flots de poison dans l'âme française. Il suffit de lire la plupart des feuilletons dits populaires pour comprendre l'étendue du mal qui nous menace, si on n'arrive pas à sauver le pays de ces semences de pourriture..."
C’est donc sous forme de romans-feuilletons que l’on va ferrer cette nouvelle manne.
Les romans d’Alexandre Dumas ont d’abord paru sous forme de "feuilletons" dans la presse du XIXe siècle, le premier chapitre du roman de Balzac La Vieille Fille, parait tout d'abord dans un journal : La Presse. Charles Dickens commence par publier mensuellement dans le Morning Herald en 1834, Eugène Sue et ses Mystères de Paris apparaissent dans Le Journal des Débats en 1842.
C'est bien cette littérature et ces écrivains qui effraient tant l'élite littéraire du microcosme parisien. Car de ces romans-feuilletons va émerger une vraie littérature : le roman populaire qui viendra alimenter cette culture de masse sortie de l'illettrisme.

En effet la démocratisation scolaire de Jules ferry va déverrouiller les carcans que l'élite s'était ingéniée à maintenir durant si longtemps. Un grand dépoussiérage va se faire et déclencher de fortes résistances.
Paul Stapfer, écrivain et critique français, écrit en 1899 :
"... qu'il s'agisse des réputations littéraire ou de la révision du procès Dreyfus, plus j'y réfléchis, plus je me convaincs que le public, force matérielle immense, est nul comme être intelligent et qu'il n'existe point dans la vie de l'esprit. C'est une masse inerte, qui, par le pouvoir qu'elle tire du poids et du nombre, est l'horreur de l'imagination, mais dont l'absolue stupidité nous interdit tout ce qui ressemblerait à une parcelle d'estime".
La masse culturelle se caractériserait par la vulgarité de ses goûts et sa paresse intellectuelle.

Alors voilà ? C’est tout ? Les écrivains contemporains sont fustigés parce qu’ils écrivent pour un très grand nombre et qu’une élite culturelle décadente se cramponne comme une mourante à ses privilèges ?
Même pas, car lorsque Emile Zola fustigent les "Romanciers modernes" en 1878, Jules Ferry n’a pas encore mis en place ses lois sur l’enseignement :" Il me faudrait un catalogue, si je voulais simplement nommer tous les faiseurs de romans. Ils pullulent avec une terrifiante fécondité. Pendant l'hiver, de septembre à mai, il n'y a certainement pas un jour ou deux ou trois romans ne poussent comme des champignons sur le sol français"

Et lorsque Stendhal bien décidé à se démarquer de ces "champignons" écrit en 1825 : "Nous autres critiques, sommes bien bons et bien condescendants d'accorder notre attention à la plupart des livres qui sont lancés chaque jour dans le monde. C'est une chose entendue que ceux que nous louons d'être un peu moins ennuyeux, vides et affectés que les autres, seront totalement oubliés dans vingt ans." et avec la même pertinence fait remarqué que "l'inaptitude complète des acheteurs de livres à juger ce qu'ils paient fort cher a eu pour effet de dégrader la littérature [...] Même les auteurs les plus éminents, avant de s'asseoir à leur table, consultent leur libraire (éditeur) plutôt que leur inspiration" ; Jules Ferry n’est même pas encore né et la fameuse "masse" inculte est encore au fond de la mine !

Alors à quelle époque le "roman des gens de lettres" s'est-il éteint ?
Stendhal écrit, le 1er juin 1825 : "La France ne produit plus de gens de Lettres, mais elle brille encore dans les Sciences." et encore "L'art de faire des romans est presque lettre morte en France"
Vraiment ? Pourtant en 1825, Balzac débute !
Stendhal, critique littéraire détesta Chateaubriand, dénigra Victor Hugo "il pourrait être un poète si seulement il apprenait à écrire en français", abhorra Vigny qu'il compara à un vin sirupeux, incrimina Goethe "dont les ouvrages ne s'élèvent pas au-dessus de la médiocrité" ! Mais dans le même temps, il admirait Pierre Jean de Béranger, qu'il comparait à La Fontaine (!).
Dominique Fernandez précise que "comme tout le monde, il s'est trompé sur ses contemporains."
Proust portait aux nues Anna de Noailles, Lucien Daudet, Henri de Régnier, Henri de Saussine... "Ce qui est sous nos yeux nous rend myope" souligne joliment D. Fernandez.

Quelle importance et quelle pertinence y a-t-il a vouloir faire la distinction entre un roman "noble" et un roman "populaire" ? Quels sont les critères validant cette comparaison ? Les critiques contemporaines sur des œuvres contemporaines ont-elles seulement un sens (vu le nombre d'erreurs)? Le temps est-il le meilleur observateur sur ce qui doit perdurer et ce qui doit sombrer ?

Car il existe une fosse aux oubliés, large et profonde, que la sélection naturelle des écrivains se charge sans complexe de combler. Un purgatoire littéraire où les écrivains se languissent attendant qu'une main chaleureuse les aide à sortir, à dépoussiérer leur costume et à réintégrer la mémoire collective.
Pierre Reverdy ne doit ses rééditions chez Flammarion et Gallimard qu'à la solide poigne d'admirateurs et amis.

Ce cher Henri Beyle, dit Stendhal, dut attendre 1880 pour en ressortir plus flamboyant et respecté que lorsqu'il y avait été mis.
En 1865, soit 23 ans après qu'il y fut enseveli, le Grand Dictionnaire Universel du XIX e siècle de Larousse résumait l'opinion de l'époque en accordant à Stendhal verve, humour et originalité mais en ne lui trouvant "l'étoffe ni d'un grand écrivain, ni grand penseur, ni d'un grand critique". Parfois aveugle comme nous l'avons vu concernant ses contemporains, Stendhal fut très lucide quant à sa propre postérité.
Il demeure en cela un des cas les plus étonnants d' "horizon d'attente" dans l'histoire littéraire. Cet écrivain intimiste au sens propre ("J'écris pour des amis inconnus, une poignée d'élus qui me ressemblent : les fameux happy few.") avait osé un pari très risqué : donner un rendez-vous posthume à ses futurs lecteurs. Inféodé à une quelconque école, Stendhal dut attendre Taine, Bourget suivis de Barrès, Blum et Léautaud pour surgir en grandes pompes de la fosse 38 ans après sa mort.

D'autres réintègrent une étagère qui ne leur était pas destinée : Jonathan Swift, auteur on ne peut plus talentueux, est désormais cantonné aux bibliothèques d'enfants à cause du célèbre "Les voyages de Gulliver" et le crétinisme d'éditeurs qui n'ont pas vu plus d'allégorie que de beurre en broche dans ce roman satirique.

Dépassés, démodés, désuets, la fosse aux oubliés phagocyte sans vergogne des milliers d'écrivains (des populaires : Gustave Aimard, des nobellisés : Frédéric Mistral, etc, etc...) faisant de la place sur les rayons des bibliothèques pour les nouveaux venus.

Quelqu'un tendra-t'il la main à Georges Ohnet ? Il fut le romancier favori de la bourgeoisie (1882). Il fut également très lu à l'étranger donc beaucoup traduit. Un auteur à succès qui vendit plus de livres qu’Emile Zola. Encensé par les lecteurs et vilipendé par ses contemporains, il ne se souciait que de plaire à son public. Son écriture fut qualifiée de "banale" destinée à "des illettrés qui aspirent à la littérature". Anatole France ne manquera pas à son tour de l’étriller en le qualifiant d’ "écrivain médiocre et snob" ( superbe tacle de sobriété incisive).
Beaucoup de ventes, une grande renommée auprès du public et une disparition… totale.
Quoi ? Georges Ohnet vous rappelle quelqu’un ? C’est normal ! Il y a et il y aura toujours plein de Georges Ohnet en littérature.


Me voilà donc à l'issue de cette démonstration en parfaite contradiction avec les propos tenus dans certains de mes post. Je vous sens déconcertés.

Bon_sens serait-elle un critique défroqué ? Que nenni, cher lecteurs, j'ouvre mes ornières sans répudier mes discours. J'assume l'âpreté de mes réflexions sur des auteurs comme Claire Castillon, Marc Lévy et autres. Car ce n'est nullement leur "modernité" qui m'afflige mais bien leur écriture. Et même si cette écriture devait entrer au panthéon littéraire (hum, hum...), tant ce sont trompés avant moi que je ne serai qu'une parmi d'autres (Pierre Jourde est-il plus clairvoyant que ne le fut Stendhal dans ses critiques ? Mystère... ).

Ne baissons pas la garde : critiquons, critiquons... il en restera bien quelque chose !

27 commentaires à lire:

Anonyme a dit…

Pierre Jourde me paraît en effet clairvoyant. Les auteurs qu'il démolit me semblent en effet des usurpateurs. Il en cite dans "La littérature sans estomac" des extraits suffisamment longs pour qu'on ne puisse l'accuser de les "sortir de leur contexte". Et puis j'ai découvert grâce à lui l'oeuvre d'Eric Chevillard dont je suis devenue une lectrice inconditionnelle (quel bonheur ! 15 livres d'un coup!). Un auteur qui suffirait à réconcilier les grincheux avec la littérature française contemporaine!

dimanche, 20 mai, 2007
Anonyme a dit…

Ah bon sens, merci pour ce billet lundidunal!
Alors, en vrac, j'adore Jourde qui me fait mourir de rire (et en plus, il ne se contente de pas de démolir certains auteurs, il en fait découvrir d'autres, c'est tout à son honneur). Stendhal était effectivement un très mauvais critique (et d'art aussi, ses propos sur la peinture sont assez croquignolets) et j'ai une théorie là-dessus (oui, je sais, encore une) : je pense qu'il est très difficile d'être à la fois théoricien et écrivain et voilà pourquoi les journalistes dits critiques littéraires qui se lancent dans le roman m'horripilent particulièrement. Ensuite, pour en revenir au problème de la littérature contemporaine, ce qui m'agace profondément, ce n'est pas que
Marc Lévy ou Amélie Nothomb vendent beaucoup de livres, parce qu'après tout chacun ses goûts, non, ce que je ne supporte pas c'est de voir que les journalistes et critiques littéraires (car pour moi ce n'est pas le même métier et il y aurait beaucoup à dire sur la formation des soi-disant critiques littéraires en France) les encensent, les interviewent, leur font de la pub. Lire une demi-page dans le Monde des livres sur Marc Lévy (oui, il paraît que son dernier bouquin est différent mais le journaliste lui-même dit à mots couverts que c'est mal écrit), cela m'énerve au plus haut point. Voir aussi que pour des raisons de côterie et de réseaux, on s'évertue à nous faire croire que Beigbeder est un écrivain, que les journaux féminins ne font que l'apologie de bouses infâmes ou de leurs copines (voir le roman d'Audrey Diwan) : les femmes seraient-elle complètement décérébrées ? , tout cela est assez insupportable...(et je vois que je me suis laissée emporter, oups, désolée)

dimanche, 20 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Agnès : Bienvenue à toi dans ce petit coin de paradis :) (Si, si, je t'assure on s'y sent bien).
Le souci avec la clairvoyance c'est qu'elle demande du recul. Recul que nous n'avons pas. Cependant, tu m'as donné envie de lire ce Eric Chevillard car lire 15 bouquins d'un coup c'est que le bonhomme doit en avoir sous la main. Donc, aurais-tu LE titre à lire pour commencer à apprécier ce monsieur ?

lundi, 21 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Fashion : Mon dieu, tu es donc bien ma première fan ! Débouler si vite pour lire mes modestes cogitations : je suis honorée !
Encore une fois (c'est même plus drôle) je suis bien d'accord avec toi. Finalement, le fait que ces gens vendent des millions de livres ne me dérange pas le moins du monde (bien au contraire, je suis libérale) mais qu'on nous prennent pour des courges en nous déclamant que c'est LE roman à lire juste pour nous arracher nos sous, là ça m'énerve. Les premiers responsables sont les journalistes, critiques littéraires à deux balles qui bossent comme des attachés de presse. Anne-Sophie sur son blog "la lettrine" explique bien qu'ils n'ont quasiment aucune liberté d'expression, écrasés qu'ils sont par la pression des maisons d'éditions. C'est bien ça le souci, nous mentir en nous vendant de la daube.
:)
PS : J'aime bien quand tu t'emportes ! ;)

lundi, 21 mai, 2007
Anonyme a dit…

J'ai bien apprécié cette longue mise au point. Il est périlleux de qualifier ce qui est "bonne littérature", même si pour certains le niveau est d'entrée affligeant (j'ai personnellement un faible pour l'insondable vide de Paolo Coelho). La référence aux feuilletonnistes me plait beaucoup: c'est une littérature qui a quasiment disparu (il y a avait du n'importe quoi, mais aussi d'authentiques perles, et Dumas reste pour moi un must) Reste que la France adore écrire, ce qui n'est pas si mal au fond (j'y apporte ma modeste contribution sans souci particulier de faire de la grande littérature). Y a t-il, dans d'autres cultures cette passion pour l'écriture et la lecture ? (100 bouquins sortent par jour m'a-ton dit, ce qui flanque le vertige. Certains ne sortent même pas des cartons et sont renvoyés direct chez le distributeur. )

lundi, 21 mai, 2007
Anonyme a dit…

"On en arrive à se demander s'il est utile qu'un littérateur fase de la littérature et, au cas où il en produit, s'il est bon que ce soit avec talent..." (F. Divoire, 1912)

En lisant ce billet presque réconfortant, j'en viens à me dire qu'il existe chez nous (et depuis des siècles, donc) une sorte de fierté rageuse à se sentir le dernier d'une grande lignée...
(en réaction, peut-être, à la fureur mercantile qui toujours veut encenser "le premier qui"... ;)

lundi, 21 mai, 2007
Anonyme a dit…

Complètement d'accord avec Agnès. Au cas où tu ne le saurais pas... j'aime beaucoup Pierre Jourde, et La littérature sans estomac est un pur délice. Lis les pages sur Angot, c'est très bien analyser. Mais, ce qui est appréciable chez lui comme chez Naulleau ou Domecq (que je te conseille aussi), c'est qu'ils ne rejettent pas la littérature contemporaine. Ils font des choix. Millet, Chevillard notamment font partie des auteurs découvrir. D'ailleurs, je te conseille vivement Millet car son style est incroyablement travaillé. Son oeuvre est très très trs loin des romans de Marc Levy.

lundi, 21 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Béatrice : Oui mais... Zola disait exactement la chose ! Cela pullulait déjà en 1878 ! Rien n'a changé... Rien de rien.

lundi, 21 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Anne-Sophie : Et bien je note les noms de ces écrivains et c'est décidé : je me lance dans les contemporains d'ici peu !!! Vous m'avez donné envie toi et Agnès :)))
Bon en même temps mon post engageait aussi la défense des bons écrivains actuels car la logique statistique veut qu'il y en ait autant qu'il y a un siècle.

lundi, 21 mai, 2007
Anonyme a dit…

Par quel livre de Chevillard commencer...? En fait, ça dépend de beaucoup de choses. Chevillard est un auteur auquel on s'initie. Certains de ses romans peuvent déconcerter (c'est étudié pour !) et en tant que militante de sa cause, j'ai parfois eu des déconvenues en conseillant d'emblée les livres de lui que je préfère, "Du hérisson" et "Les absences du capitaine Cook", qui ont pu paraître "difficiles", alors que "Le vaillant petit tailleur" (réécriture hilarante du conte des frères Grimm, façon d'en découdre littéralement avec la littérature) ou "Oreille rouge" (qui existe en poche)plaisent davantage dès le premier abord. Donc, en fait, cela dépend de toi, de tes habitudes de lecture. Ou bien on découvre un auteur tout de suite par ses livres les plus pointus, les plus personnels, ou bien on entre en douceur dans son univers. Les deux démarches sont légitimes. Je déconseille juste de commencer par ses tout premiers livres, "Mourir m'enrhume" ou "Le démarcheur", plus expérimentaux et que l'on goûte mieux paradoxalement quand on connaît l'évolution de l'oeuvre.
En tout cas, Chevillard prouve que l'invention et la recherche littéraire ne sont pas incompatibles avec l'humour le plus fin et le plus poétique.

lundi, 21 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

Et bien je m'en vais de ce pas commander " le vaillant petit tailleur" (merci la fnac internet)car j'ai l'air sérieuse comme ça mais en fait : pas du tout !

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Quel dommage que j'aie autant de temps à perdre à bosser comme une conne alors qu'il y a des merveilles à lire, en vrai papier sans scrolling, ou sur des blogs érudits et impertinents, alliance que j'affectionne tout plein. Là j'ai juste le temps de faire genre suis venue j'ai lu mais j'ai même pas lu. Flemme de poster, flemme de lire, trop de trucs alimentaires à faire, pourtant je serais prête à gagner moins pour travailler moins ... j'ai pas dû tout bien lire Sarko ... enfin bref je m'égare, je poste un comm pour te dire que je vais pas pouvoir commenter vu que j'ai pas lu, c'est pas du narcissisme ça ?

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Chère Bon sens,
Je suis d’accord avec ce que tu dis. La littérature contemporaine de masse est de plus en plus mauvaise. Mais n’est ce pas parce que certains auteurs « à la mode » ont été eux-même élevés par une sous-littérature ? Levy ou Musso ont-ils été nourris par des « anciens » ou par des « nouveaux » ? De sous-culture en sous-culture, en arrive-t-on à une race littéraire dégénérée ? Sans doute.
Ceci dit, quand je demande à certaines amies quel est l’auteur qu’elles aimeraient rencontrer si on le leur proposait, elles me répondent « Marc Levy », avec des trémolos dans la voix, telles des midinettes frétillantes devant Brad Pitt ou Jude Law.
Mais si ça leur fait plaisir et qu’elles en tirent du bonheur dans leur vie de femmes au foyer gavées de TV et littérature de masse, pourquoi pas ? Cela ne regarde qu’elles après tout. Il vaut peut-être mieux lire des daubes que ne pas lire du tout ? Et puis, de daube en daube, on affine son goût des mots, pour s’approcher petit à petit d’autres auteurs, disons, plus qualitatifs ? Ca peut marcher parfois ! (c’est ce qui s’est passé pour moi, même si je ne prétends pas atteindre une immense culture en la matière).
Les critiques qui les portent aux nues sont eux à blâmer. Et les maisons d’édition qui favorisent la rentabilité, le profit, le nombre d’exemplaires vendus aux dépens de la qualité.
La société est ainsi. Il faut organiser la résistance ! Et puis certains auteurs, très doués, qui paraissent sans bruit ni marketing, finissent par faire leur trou, et, bouche à oreille aidant, réussissent à figurer dans les meilleurs ventes, avec multi-rééditions. Je pense à Muriel Barbery, dont le roman pointu « L’élégance du hérisson » est à la fois une mine d’érudition, de réflexion, combinés à une histoire belle, drôle et touchante à la fois.

PS1 : aux admiratrices de Jude et Brad qui liraient ce post : je les trouve très beaux moi aussi, mais ça s’arrête là.
PS2 : moi, si je devais rencontrer un auteur, ce serait Jean-Baptiste Poquelin. He’s dead ? Really ? Damned !

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@M-L : Erudit et impertinent, c'est moua ??? Hummm... Oui, oui, oui dis-moi ça !
Je n'appellerais pas cela du narcissisme mais de la camaraderie !
PS : Mes commentateurs ne sont pas névrotiques ! Non mais ! ;)

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Wamanda : Excellente réflexion de bout en bout ! Vivre par procuration est également très en vogue... :) Je n'avais pas envisagé la progéniture d'une mauvaise littérature qui a son tour enfanterait et ainsi de suite. Très bien vu Wamanda :))

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

J'aime beaucoup le "cogitorebello express" et oui, je suis une fan mais en même temps je ne travaille plus (vacances obligent, oui, je sais ma vie est un enfer, je suis en vacances jusqu'au 4 septembre, ne me flagellez-les pas les gens merci) donc j'ai le temps de venir voir ce qui se passe chez toi!

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

"excellente réflexion de bout en bout" : wouaouh, je suis au niveau !!!!
Un compliment de Bon Sens : je ne me sens plus, je tremble, je frétille, je suis à la hauteur de ce blog si érudit.... merci Bon sens, tes encouragements me portent... et je file écrire mon premier roman...
Non ? Ca ne suffit pas ? vraiment ? ah bon.

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Wamanda : méga lol ! Mais si c'est suffisant ! Moi je suis pour une France qui écrit ce qu'elle veut, si elle veut ! "ah ça ira, ça ira les aristochats on les aura !" :)
Mais tout le monde me prend pour une grande savante ma parole ?!?

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Fashion : ARGH ! Je viens de le changer le cogitorebelloexpress ! Tu viens de me perturber grandement là ! Je fais quoi du coup ? J'y mets des notes littéraires ou de la grogne ? Je ne bouge plus en attendant ta réponse ! Euh... Bon je sais, ça ne se voit pas du tout, mais moi je bosse ! (enfin officiellement du moins !)

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Ok, me voilà, chère Pénélope (après avoir passé du temps chez la pédiatre, tout le monde n'a pas le plaisir de bosser, hein ?). Bon, moi perso je préfère les notes littéraires, je trouve que c'est une bonne idée. La grogne tu peux toujours la mettre dans le "gueuloir cathartique", qui est un endroit approprié, non ? :))

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

Et ben voilà Catherine, on y arrive !!!
Merci Fashion, c'est tout ce que je voulais ! Je laisse donc tout comme ça ! Merci :)))))
PS : Ah oui comme tu n'es pas une enfant de la télé ma première phrase fait référence à une pub qui me plie de rire :)))

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Ravie d'avoir été utile et merci pour l'explication parce qu'effectivement, je me demandais de quoi (ou plutôt à qui) tu pouvais bien parler... ! :))

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Au fait, mon fils voudrait savoir ce qu'est devenue la "musique" ? :))

mardi, 22 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Fashion : Bouuuh ! Tu appuies où ça fait mal ! Mon lien url ne veut pas fonctionner ! J'avais remis Jill Scott sur le "gueuloir cathartique" pour ton bambino mais rien ne marche ! Crois tu que si je te l'envoyais pas mail ça marcherait ?

mardi, 22 mai, 2007
Anonyme a dit…

Si tu aimais les poches, le message de ta CB serait moins salé... :)) (j'attends ta critique de Chevillard avant d'éventuellement me lancer dedans)

mercredi, 23 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Fashion : Je le sais bien mais c'est pathologique. De plus, je n'ai aucun scrupule à sadiser mes livres même en belle collection.

Nobody's perfect ;)

jeudi, 24 mai, 2007
Isaac a dit…

Heu, merci pour le post-it ... tout est bon pour l'audience cher(?e) camarade !

samedi, 26 mai, 2007

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