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No brain... No pain

Nos amis les ricains

Des vessies pour des lanternes / Acte III

mercredi 4 avril 2007

Alors là, je vous promets des sommets ! Des vessies plus vides que les trous noirs !
"On peut se faire plaisir dans un magasin de vêtements, mais aussi dans une boulangerie." Cette phrase, qui n'est pas sans rappeler les proverbes de Confucius, est de Claire Castillon..." Laurence Rémila (article paru dans Technikart numéro 88)
Alors là... Nothomb m'avait fait hausser les épaules, Levy m'avait agacée mais Laurence Rémila me laisse sur le Q.
J'ha-llu-ci-ne !
Une journaliste, une vraie, pas une bloggeuse du dimanche comme moi, a osé la comparaison la plus improbable du siècle : Conficius/Castillon.
Donc pour suivre cette (il)lettrée de Technikart, je vous livre un extrait de notre Claire Confucius, appréciez le style novateur :

Je sais qu'elle est seule. J'arrive chez eux. Elle m'ouvre, elle est vieille, elle est sèche, elle n'a aucune innocence, aucune violence, elle porte un tailleur-pantalon aussi moulant et voyant que celui de la brunâtre du feuilleton télé où l'amour prend feu. J'entre. Elle s'interpose. Je la pousse dans le salon. Je lui demande de m'indiquer le bureau de Simon. Elle m'emmène. Je claque la porte derrière nous. Je lui demande de se déshabiller, elle tente de me mettre dehors. Je la somme de se déshabiller, elle me balance un livre au visage. Je la plaque contre le bureau, je lui tiens les mains, je lui découpe l'entrejambe de son pantalon avec le cutter du bureau. Elle sent la transpiration acide, je lui enfonce un gros cigare dans le cul, elle vagit et allume le cigare, je lui mets mon poing dans le joli trou ou est sorti le garçon chéri, et je la regarde, et elle tremble, et elle ne cligne pas des yeux. Elle a des yeux méchants, et les dents prêtent à mordre. Je lui mets un coup d'haltère dans la mâchoire. Ça ne va pas du tout à Simon d'avoir un haltère dans son bureau. Un coup de tampon à l'encre dans le cou, et j'ai toujours mon poing dans elle. Elle se laisse faire. Je lui coupe les cheveux. Je me coupe le poing et je le lui laisse à l'intérieur.(...)
(Le grenier)

Comme vous pouvez le constater, l'innovation majeure est d'instaurer un rythme très rapide. Comment ? Simplement : sujet + verbe + parfois un complément.
Ceux qui ont lu "Truisme" de Darrieussecq apprécieront le "retour de la phrase minimaliste".
J'espèrais la phrase pauvre qui atteint toujours son but (celui de pauvres cerveaux - CQFD) morte après être passée dans quelques mains.
L'espoir fait vivre... Donc me voici pour mon acte III.

Je pense sincèrement que les jeunes auteurs qui s'évertuent à inventer des histoires dans une langue riche et alerte se fourrent le doigt dans... l'oeil (ah ben oui, l'oeil ! N'est pas Castillon qui veut !).
Quelques idées, usées jusqu'à la corde, continuent d'attirer les foules et projettent de sombres auteurs ordinaires et fadasses sous les feux du succès.
A savoir (papier & crayon, prenez des notes) :
- Causer de viol (avec un "s" c'est mieux encore), d'inceste, sordides et glauques.
- Evoquer ses troubles digestifs.
- Valoriser son scrotum ou urêtre.
- Défier les lois d'un gang bang en augmentant de façon significative le nombre de participants.
- Manger ou mastiquer (si avaler est trop dur) une chair humaine relativement familière : un mari, un enfant sont plus vendeurs que sa mamie.
- Peu de mots, s'en tenir au minimum comme expliqué ci-dessus, car vomir, évacuer, flatuler ne nécessitent pas un langage spécifique. Souffrir non plus. Cela ne s'explique pas mes chers, cela se vit !

Les éditeurs nous prennent pour des boeufs, c'est un fait. Il me semble que beaucoup ("les autres", parce que moi comme l'indique le sous-titre de mon blog je me refuse à gober leurs éditions fraîches du jour) sont nombreux à conforter les éditeurs dans l'image bovine qu'ils ont de leurs lecteurs. Vendre plus de 10000 exemplaires de livres aussi stupides que puants, aussi sauvagement écrits, leur affirme qu'ils ont raison de persister.

Si vous achetez un jour un de ces bouquins, faites-moi plaisir, en guise de merci, dites meuh.

12 commentaires à lire:

Anonyme a dit…

Je pense que cette Rémila (orthographe incertaine, hein, je vais pas retenir le nom de cette extraordinaire critique littéraire) mérite le Pulitzer, non ? Elle connaît quand même vachement bien l'oeuvre de Confucius, cette brave dame :)
Merci de lire ces interviews pour nous, elles valent leur pesant de cacahouètes!
:))

mercredi, 04 avril, 2007
Anonyme a dit…

muummmm... je n'avais jamais lu Claire Castillon.... et me disais qu'il faudrait bien un beau jour acheter un de ses livres pour me faire ma propre opinion... mais, grâce à ton extrait si.... édifiant (?), je pense que je vais m'en tenir là, et sauvegarder quelques euros pour faire d'autres heureux...

vendredi, 06 avril, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

Les filles (fashion & wamanda): J'adore votre réaction !
J'ai le sentiment grâce à vous d'oeuvrer pour la science ! Oui c'est dur d'avaler toutes ces interviews de daube( scuzez, c'est l'énervement) mais je le fais pour vous ! Et quand vous me dites merci, alors là, c'est ma récompense pour ce travail besogneux et ingrat ! ;-)

vendredi, 06 avril, 2007
Anonyme a dit…

Laurence Rémila est un homme... Et oui ! comme stéphane audran est une femme. Ah et sinon, il chante ausi dans un groupe de rock parigot, Gülcher.

vendredi, 04 mai, 2007
Anonyme a dit…

Qu'il soit un homme n'excuse pas sa nullité...

vendredi, 04 mai, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

¤ fashion : Absolutly !
¤ Anonyme : Ceci explique cela alors... la jolie petite tête de Claire a-t'elle influencé les propos mièvres de cet homme ? De plus je trouve cela plûtôt drôle qu'un musicos de rock soit aussi guimauve dans son écriture... Ah la la la ! Où sont passés nos rebelles ?

samedi, 05 mai, 2007
Anonyme a dit…

Houlà ! Tout ce que je retiens de cet extrait, c'est que c'est d'une maladresse effroyable ! J'ai connu des gamines de CM2 qui écrivaient mieux que ça, misèredemisère... Outre un vocabulaire plus que pauvre et des répétitions désagréables, tout est mal fichu : avec quelle main la narratrice tient-elle son cutter, si elle a empoigné les bras de sa victime ? Les dents "prêtent" à mordre ? C'est pas "prêtes", plutôt ? (De toutes façons, c'est un cliché genre "blond comme les blés", les "dents prêtes à mordre".)
Bref, aucun travail d'écriture sur ce passage, on n'en tire rien d'autre que l'envie de choquer d'une gosse qui fait son numéro...

dimanche, 22 juillet, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Sophie K : Tellement d'accord avec toi Sophie ! Et dire que les magazines tentent de nous persuader que c'est un nouveau style... /:

lundi, 23 juillet, 2007
Caro[line] a dit…

Comme je m'ennuie et que tu es en vacances, je furete dans tes anciens articles. :-)
Il faut plutôt aller du côté d'Annie Ernaux pour ce qui est de la phrase minimaliste ("La place", par exemple). Avec des phrases simples, sans fioritures, elle arrive à faire passer une émotion énorme. Je trouve cela excellent !
Tu connais, Bon Sens ?

vendredi, 17 août, 2007
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Caro[line] : Et bien non ! Je ne connais pas cette Annie là !
Mais étant fan de Prévert (j'me comprends) je ne demande qu'à découvrir ! Cela reprend mon credo : le plus dur en littérature c'est l'émotion sans artifice !
Merci Caro :)

lundi, 27 août, 2007
roxane a dit…

Bonjour à tous, bien qu'autodidacte et relativement inculte, je me permettrai d'avancer que vous vous trompez au sujet de Castillon. Ce qu'elle fait n'est pas de la littérature. Des trucs comme ça on en fait tous, et en principe on ne le fait pas en public. Sauf mon chien.

dimanche, 19 avril, 2009
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Roxane : you don't have to put on the red light, those days are over, you don't have to sell your body to the night...

Oui je sais elle est facile mais dès que vois inscrit Roxane... j'ai envie de chanter !

A chacun sa culture, il y en a qui pense à Racine, Rostand ou Montesquieu moi c'est Police !

Bon cela dit, je suis bien d'accord : Claire Castillon a failli donner des lettres de noblesse à la gastro... C'est déjà énorme !
;)

mardi, 21 avril, 2009

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