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One Shot

No brain... No pain

Nos amis les ricains

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Forget Ze Pôle Emploi / Part I

jeudi 6 décembre 2012

Vous êtes au chômage ? Vous hésitez à vous présenter à des postes car votre CV n'affiche pas le diplôme requis ? Vous n'affichez pas une expérience qui puisse justifier de postes similaires ?
Pffff... ! Heureusement que je suis là !
Comment n'y avez-vous pas pensé plus tôt ? Alors même que l'exemple vient d'en haut.
Désormais tout est permis, alors foncez !


Vous êtes contrôleur de gestion et vous rêver d'exercer la chirurgie cardiaque ?











C'est possible ! Et l'inverse aussi




Nom : Cahuzac
Prénom : Jérôme
Poste : Ministre Délégué du Budget
Profession initiale : Chirurgien cardiaque puis Chirurgien esthétique




Alors ? Convaincu ? 


Prochaine semaine : Forget Ze Pôle Emploi / Part II

Ca me troue la lettre Q

jeudi 7 juillet 2011

Le phénomène Catherine Millet m'a toujours laissée pantoise !
Décrire par le menu ses multiples expériences sexuelles, le summum de l'exhibitionnisme, reste pour moi extrêmement narcissique. Et un tel narcissisme me laisse... pantoise ! Ah non ça je l'ai déjà dit !
Me laisse... ébahie !
Évidemment, on pourrait me rétorquer que ma "pudibonderie" ne m'honore pas. Soit ! Mais ce ne sont pas les expériences sexuelles de Catherine Millet qui me laissent... stupéfaite, c'est son envie (besoin ?) de le dire (de le faire savoir ?).
Dans l'interview du 24 juin 2011 donnée à Rue89, Catherine Millet a renouvelé l'incroyable expérience qui consiste à me faire tomber la mâchoire !

Interview qui a d'ailleurs donné matière à de véritables emportements sur la toile puisque Catherine Millet y déclarait sereinement :
"Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol.Une agression, c'est toujours traumatisant, bien sûr si le viol s'est fait avec violence, si vous risquez de perdre votre intégrité physique. Mais s'il n'y a pas eu ce genre d'agression, de menaces avec une arme, de coups, c'est un traumatisme qu'on peut surpasser comme n'importe quelle violence ordinaire."
Une question m'a traversé l'esprit : Un viol sans agression physique du corps que l'on viole, ça existe ?
Un viol avec consentement de la femme alors ?! Bigre ! Mais si ce viol sans agression, sans menace, limite avec la permission (implicite bien sûr !) de la personne violée existe, en quoi est-ce une violence ordinaire ?
Je dois donc en conclure que Catherine Millet fait une distinction entre : un viol violent ET un viol violent ordinaire.
Et bien comme dirait l'autre : définissez "ordinaire" ?...

"Je pense que s'il m'était arrivé de me voir imposer un acte sexuel - et après tout, ça m'est peut-être arrivé, et j'ai oublié -, j'aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m'en serais tirée en me disant que c'était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. Je ne me serais pas sentie atteinte. Ma personne ne se confond pas avec mon corps."
Alors là quand même, ça vaut se pesant de cacahuètes !
Catherine Millet a peut-être été violée, elle ne sait plus ! C'est bien la première fois que j'entends une femme tenir ce genre de propos ! Et la comparaison entre un viol et la perte d'un oeil ou d'une jambe est juste... hallucinante ! Catherine mélange tout : l'atteinte psychologique et l'atteinte physique ce qui démontre à ce niveau là, un réel problème de hiérarchisation dans la pensée et les réflexions. Et alors même que j'imaginais que ses relations sexuelles comportaient un socle conceptuel original je réalise que Catherine nous a narré quelque chose de bien basique en définitive : la prostitution gratuite.
Elle décrit d'ailleurs le rapport sexuel forcé comme une prostituée décrit le rapport sexuel tout court. On dichotomise son corps et son esprit, et on attend que ça se passe.
Alors quand Catherine Millet déclare qu'elle n'a jamais été violée (enfin... du peu qu'elle se souvienne) mais qu'elle espère "que cela ne m'interdit pas d'avoir une opinion sur la question ! " je dois l'informer qu'il serait intéressant qu'elle réfléchisse vraiment à la chose avant d'avoir une opinion.

Catherine Millet vit désormais dans un monde à part,  elle ne sait plus très bien si notre société actuelle est plus libérée ou moins libérée sexuellement qu'avant. Un coup c'est oui et puis finalement non. Pas facile de sentir l'air du temps quand on respire un air confiné :
"Question : Qu'est-ce qui a changé depuis dans la perception du sexe en France ?
Réponse : Un puritanisme revendicatif s'est répandu. En 2001, mon livre avait déclenché des polémiques, mais le public lui avait fait un succès. Est-ce que ce serait possible aujourd'hui ?
Comme d'autres de ma génération, je sens une régression dans la société sur tout ce qui touche à la sexualité. Même Libé titre en une que la France est en retard dans la condamnation du harcèlement sexuel !"
Bon là c'est clair, Catherine parle de régression sur tout ce qui touche à la sexualité.
(Sans manquer de brandir Libération, Saint Patron de ceux qui ont raison ?)

Mais plus tard :
"Question : Pourtant, on assiste à une judiciarisation du sexuel.
Réponse : Les gens qui ne partagent pas mon point de vue libéral sur le sexe peuvent se sentir plus agressés que jamais par ce qui leur apparaît comme une libération sexuelle générale de la société. [...] On voit des corps nus dans les musées d'art contemporain ou au cinéma, il y a une libéralisation générale de la société, beaucoup moins de censure d'Etat… Et les réactions de ceux qui ne sont pas d'accord sont de plus en plus vives."
Et encore : "Mon sentiment (je le dis avec des pincettes), c'est que les mentalités sont plus ouvertes qu'avant [...]"
Bon alors finalement il y a une libéralisation générale de la société avec une ouverture des mentalités
Alors ça régresse ou ça régresse pas ?  Pas facile de suivre Catherine...

"Question : Vous écrivez pourtant sur le contact du sperme, la « souillure », être remplie de sperme, c'est une pratique qui a disparu.
Réponse : C'est vrai, je n'y avais jamais pensé. Cette fameuse image, tellement cliché, du type qui éjacule sur la figure de sa partenaire."
Bon alors là Catherine me troue la lettre Q ! Elle détient un pouvoir digne de "passe-murailles" : elle voit ce qui se passe dans les chambres à coucher françaises ! La "souillure" (quel drôle de terme !) a disparu des rapports sexuels ! Si ça c'est pas du don !

"Réponse : La liberté sexuelle passe par cette acceptation de toutes ces matières, ces humeurs, ces salissures ? Par l'acceptation que certains puissent en avoir le goût, oui ! Cette généralisation de la représentation du sexe dans les magazines, c'est au contraire du sexe très propre."
J'en conviens, j'en conviens... Publier des photos de scatophilie, d'urophilie, d'émétophilie ou de ménophilie dans des magazines pour dire : Voilà, le sexe, c'est ça aussi ! Open your mind que diable !
Mais pour être encore plus large que Catherine, pourquoi ne pas présenter dans les magazines culinaires des mets à bases d'humeurs également ? Pourquoi se limiter à faire valser les "différences" sexuelles ? Pourquoi pas les "différences" tout court ? Je vois les choses sur une échelle beaucoup plus large ! Pourquoi une telle restriction ? C'est mesquin tout de même !

Et puis, et puis... Catherine vieillit... Et là c'est le drame. Le drame de la "normalité" rampante, du conformisme qui balaye les plus grandes extravagances. 
Attention au choc :  Catherine met des maillots de bain 1 pièce sur la plage ! 
Oui vous avez bien lu ! DES MAILLOTS UNE SEULE PIÈCE ! Des maillots qui couvrent les seins, le ventre et le pubis !!!
"Question : Il y a le sujet de la nudité. Dans « La vie sexuelle… », vous dites qu'en étant nue, vous vous sentez bien. La nudité en vieillissant, comment fait-on ? 
Réponse : Mon réflexe naturel, c'est plus de pudeur. Sur une plage, avant, j'étais complètement à poil. Je ne fréquentais que des plages où on pouvait être nus. Maintenant je mets un maillot une pièce. Est-ce qu'en faisant cela, je me soumets aux canons de la beauté qui valorisent les corps jeunes même si après tout, mon corps de 60 ans n'est pas forcément plus moche ? J'ai sans doute intériorisé cela oui." 
Re la mâchoire inférieure qui s'effondre ! Catherine ne conçoit la liberté du corps qu'en fonction du standard médiatique admis de ce corps !!!
Si ça c'est pas du scoop, je ne sais pas ce qu'il vous faut ! Catherine aimait exhiber son corps, le prêter, le "libérer" mais à condition d'être bien gaulée ! Sinon, on range le matos et on le planque !
"J'intériorise le regard des autres, ils vont se demander ce que fait cette femme d'un certain âge nue sur cette plage. C'est une prévention mais je ne considère pas que mon corps soit une horreur, et il y a encore au moins un homme devant lequel je le mets nu, sans honte, et même avec plaisir.
Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un objet extérieur à moi. Plus le temps passe et plus c'est vrai. Je l'habille davantage sur une plage, mais c'est parce que je ne veux pas avoir l'air provocante en exhibant un corps qui n'est pas parfait."
Alors vous suivez ? Exhiber un corps qui n'est pas parfait, c'est de la provocation. 
Mais exhiber un corps parfait c'est... c'est quoi alors ? Ah oui ! Du narcissisme.
Bon en même temps je vous mentirais si je vous disais que ça me surprend ! 
J'ai toujours vu chez Catherine Millet plus de narcissisme et de "Désirez-moi, ça me fait exister!" que de liberté. Mais je trouve cela triste et pitoyable. J'aurais aimé qu'elle soit vraiment libre, que sa chair soit fraiche et ferme ou qu'elle soit usée et ridée car la liberté c'est quelque chose de bien plus grandiose. La liberté n'est pas circonscrite aux plis qui marquent l'abdomen, aux chairs distendues qui ne dessinent plus les mêmes contours, les naturistes ne me contrediront pas.
Catherine Millet se trompe quand elle prétend que son corps lui est extérieur. Il ne l'a sans doute même jamais été. Ce corps, c'était elle. Son identité. Tant qu'il était beau, elle était belle, elle était fière de lui. Elle l'offrait comme un divin cadeau preuve de sa grande générosité. Et maintenant quoi ? Elle en a honte, elle le cache, elle se cache. Elle ne veut plus qu'il affronte le regard des autres car il n'est tellement pas extérieur à elle, que le fait qu'il puisse inspirer le dégoût la frappe en plein cœur. Il est donc directement relié à sa psychée.
Comble de la tristesse : "Ce qui change aussi, c'est qu'on arrive à un âge où on se concentre plus sur le travail à faire que sur le libertinage."
Les corps usés se rangent au placard. Ce qu'ils renvoient pourrait meurtrir.
Le sexe, apanage de la jeunesse ?
Quelle triste destin...

Explication du texte avec yetiblog

Internet, une addiction polymorphe

samedi 16 octobre 2010

"Un Américain s'est jeté du haut d'un pont après qu'une vidéo de ses ébats homosexuels a été diffusée sur Internet. Un drame qui alerte sur la question du respect de la vie privée à l'heure des réseaux sociaux."

Je suis souvent surprise par la mauvaise foi l'aveuglement des personnes happées par Internet et plus particulièrement enchaînées par les réseaux sociaux. Par réseaux sociaux, j'entends tout réseau habité, nourri, alimenté, généré par des personnes sociales, donc en vrac les blogs, les sites de rencontres, certains forums, les sites sociaux à proprement parler type Facebook, Netlog, MySpace, Twitter, les réseaux dits d'entraide etc... Bref toute plateforme virtuelle mettant d'une manière ou d'une autre en contact des gens et engendrant un contact récurrent, qu'il reste virtuel ou qu'il devienne réel.

Quand on pose la question autour de soi : Es-tu accroc à Internet ? la question restant très générale (et donc moyennement intrusive), la réponse peut sans complexe varier de "oui" "un peu" à "non".
Parce qu'Internet, c'est aussi la BNF en ligne, tous les quotidiens depuis des dizaines d'années, des musées, des explications à tout, sur tout, partout ! Bref, ca ne génère pas de gêne, voire mieux - je suis curieux, j'aime m'instruire - c'est valorisant.
Valorisant et très utile ! Bon nombre de forum apportent une masse d'informations inaccessibles autrement.

Mais c'est quand Internet ne sert pas à s'instruire, à se documenter ou à se renseigner, que les choses deviennent beaucoup, mais beaucoup, plus compliquées à dévoiler...
Là, on entre dans l'intimité, exit la curiosité intellectuelle.
Parce qu'Internet, c'est aussi mater des films de Q tranquille à l'abri des autres, pouvoir mater du X gay quand on est hétéro (dans l'autre sens c'est moins fréquent !), jouer toute la nuit sur des sites de poker en ligne, exhiber sa vie en balançant des photos de soi, de son mec, de ses gosses, de son  beau jardin, de ses vacances et j'en passe, exhiber celles des autres.
C'est aussi mater celle des autres.
C'est aussi faire des rencontres... 
Attention ! Selon les sites, la recherche est plus ou moins annoncée. Sur les sites de rencontres, on cherche à se faire un plan Q ou l'histoire amoureuse de sa vie, sur les fameux réseaux sociaux, les forums et les blogs, on ne cherche qu'à se faire que des amis ou à en retrouver d'anciens... Paraît-il.
C'est vrai, nos vies tressées de stress (c'est joli ça - à répéter 100 fois sans fourcher) sont chronophages.
Pas le temps de trouver l'amour, pas le temps de trouver des ami(e)s, pas le temps de sortir. Alors, pour un bon nombre d'internetophiles, Internet offre des tas de choses et même des "amis", voire plus si affinités.
"Plus si affinités" car beaucoup sont partis pécher un/une ami(e) sur Internet et ont trouvé au bout de leur ligne : un mec ou une nana ! Dingue !  Même le ou la conjoint(e) ne comprend toujours pas comment il ou elle s'est fait(e) couillonner !
C'est tragique en soi et beaucoup ont du mal à s'en remettre mais vu de l'extérieur c'en est presque drôle.
Je n'ai plus assez de doigts pour compter les couples qui se sont défaits par l'intermédiaire du pianotage intempestif sur Internet. Et rarement "à cause" de sites de rencontres ! C'est bien là où les choses sont étonnantes. 
Force est de constater que le risque majeur avec un site de rencontre, c'est d'être cocu(e) alors que le risque de perdre complètement son ou sa conjointe, émerge de lieux où on ne l'attend pas.

Récemment, très récemment, une de mes amies s'est entendue dire par son mari qu'un break de plusieurs semaines s'imposait. Le fait est, que via son blog familial (blog consistant à raconter par le menu les activités de la famille) cet époux et père de famille a fait connaissance d'une jeune femme. Allez comprendre pourquoi/comment, au bout d'un an cet homme et cette femme ont eu envie (et même certainement très envie) de se connaitre. La suite je vous l'ai donnée.
L'épouse bafouée tombe des nues. Elle n'arrive pas à comprendre comment pendant plus d'un an, elle n'a rien vu ! Elle qui avait accès au même blog, se sentant donc très rassurée, a vu son monde s'écrouler.
Certes, son mari était très assidu sur son blog, certes il allait aussi sur des tas d'autres blogs, certes il y passait beaucoup de temps quotidiennement... Mais pianoter sur son ordinateur tous les jours et ce durant des heures, signifiait-il qu'il s'emmerdait à la maison ? Hein ? Je vous le demande ?!

C'est ainsi qu'entrent dans la maison, sous le pif des conjoints énamourés, de parfait(e)s inconnu(e)s, qui s'installent confortablement dans le canapé du salon et tiennent volontiers un crachoir que partage avec plaisir celui ou celle qui les a invité(e)s. C'est magique Internet ! Alors que l'on est censé être deux dans un salon, on se retrouve à plusieurs. Croyez-moi, certaines filles feraient une drôle de tronche si elles réalisaient, qu'assises à leur côté, une, deux ou trois autres filles papotent joyeusement avec leur mec ! Mais ça, personne n'y fait gaffe. Eh oui, je vous rappelle que les tentateurs et les tentatrices sont supposés rôder dans le milieu professionnel ou dans le milieu très proche (le meilleur ami, la meilleure copine). mais admettez qu'ils/elles font rarement leur déclaration dans notre propre salon, assis à nos côtés.
A mon avis dans quelques années, les points de contact de ses "liaisons dangereuses" vont bien changer...

Reste le cas où au sein d'un réseau social, on fait du réseau point barre. Y faire sa pub, je n'en doute pas un instant. Y faire du prosélytisme, oui également. Mener des campagne d'information ou de désinformation, oui, oui, oui. Mais ces réseaux sont-ils réellement efficaces quand il s'agit d'autres choses que de soulever les gens ou les rallier ??
Peut-on trouver un job au travers de son réseau ? Peut-on lever des fonds au travers de son réseau ? Rencontrer de futurs actionnaires ? Quel impact ces réseaux ont-ils en dehors de la sphère privée ? Je reformule : quel impact ont-ils, que n'auraient pas le téléphone ou les mises en relation par l'intermédiaire de connaissances ?
Personnellement, je n'ai pas trouvé d'arguments qui favoriseraient nettement les réseaux sociaux via Internet - qui ne sont pas forcément virtuels - pour ce qui est du secteur professionnel (en dehors de tout ce qui est pub évidemment). Ceux qui se sont fait virer à cause de leurs débordements sur ces sites ne me contrediront pas.

Outre les changements de vie, dont je parlais plus haut, qu'impliquent les rencontres dues aux hasards du clavier, Internet sait subtilement introduire de la perversité dans notre psyché. Internet nous entraîne lentement mais souvent sûrement sur la pente de perversions qu'on imaginait réservées aux allumés du bocal. Outre les multiples addictions possibles, on devient voyeur, exhibitionniste, sadique, masochiste, manipulateur. Selon le site, selon les fantasmes, selon l'humeur ces perversions émergent à plus ou moins haute dose. Un amoureux transi deviendra un mateur intempestif du profil Facebook de son objet d'amour sans faire trop de bruit. Celui ou celle qui veut à tout prix affirmer à la face du monde qu'il/elle a réussit sa vie, affichera des dizaines, des centaines de photos de son quotidien et de ses vacances ("Regardez comme je suis heureux !).
74% des enfants de moins de 2 ans affichent une présence sur Internet en France (Libération.fr)  ("Il est pas beau mon fils ?"). 
Les sadiques et les masochistes se bousculent sur Meetic. C'est un jeu de chaises musicales géant sauf que sur cette musique là, Durex® et Kleenex® ont dû voir leurs bénéfices augmenter.

Sur les forums d'entraide liés aux problématiques psychologiques ou de vie, les donneurs de conseils et souvent de leçons se ramassent à la pelle. Il faut savoir raconter ses malheurs avec une jolie prose ("attention pas de majuscules sinon on pense que tu hurles !  Pas de langage sms ! Tu pourrais dire bonjour quand tu arrives sur le forum !")
Beaucoup compatissent, d'autres injurient.  On vient chercher un soutien et des fois on se mange des baffes.
Si une belle-mère annonce qu'elle ne peut pas voir en peinture la progéniture de son mari, elle a intérêt à porter un casque. Et pire, si elle trouve que la pension alimentaire versée à l'ex-femme est un peu trop élevée, là elle peut se faire lapider à jets de mots orduriers.
Moralité avant d'aller chercher du réconfort, il vaut mieux s'assurer que l'on est dans la norme victimiste, même si on est dans un monde sans nom et sans étiquette ("Faut pas charrier non plus !")

Et que dire de l'accoutumance ? Cette impression plus-que prégnante qu'une fois l'ordinateur éteint, on va forcément rater quelque chose ! Tous ces gens qui continuent à discuter sans moi ! Toutes ces conversations que je vais rater ! Qu'à cela ne tienne, les réseaux sociaux s'exportent sur les téléphones mobiles ! OUF ! Je suis toujours là ! Je reste en contact, je ne rate rien !

Loin de moi l'idée d'émettre un jugement négatif. Je constate. Je constate d'autant mieux que je suis moi-même plongée dans la force obscure d'Internet. Je m'exhibe au travers de ce blog tout en me cachant, camouflée sous mon anonymat. J'ai également été voyeuse, parfois sadique. J'ai donc expérimenté toutes sortes de perversions sans que cela ne me coûte une seule réflexion désagréable en pleine face ("Dis donc, t'as pas honte ?").
Mais faire partie du système n'interdit pas de se regarder, de s'interroger et même de se moquer de soi. Cela n'interdit pas non plus d'être clairvoyante.

Internet vit, respire, son pouls bat jour et nuit sans qu'une seconde il ne s'arrête. Et si moi je décroche ? 
Mon Dieu, "ils" vont continuer sans moi, "ils" vont m'oublier, je vais disparaitre, m'engloutir dans mon espace à moi, mon espace où personne ne regarde, où personne ne s'expose, où je suis seul(e) avec moi-même... Quelle horreur, je devrai me contenter de ces autres, en chair et en os, ces autres qui ont l'air si normaux, qui osent me cacher leurs travers, ces autres pudiques qui gardent leur intimité et ne la distillent qu'avec parcimonie, ces autres qui se permettent des jugements sur mes faits et gestes, ces autres qui finalement me connaissent trop bien alors même que j'en dis si peu et savent  me fermer la porte de leur vie au nez, ces autres qui cadenassent leurs failles et m'empêchent de m'y introduire. Ces autres qui obligent mes perversions à se dévoiler au risque d'être découvertes... 
Quel cauchemar ! Vite, vite ! Rendez-moi mon masque écran qui me protège si bien et m'emmène là où personne n'imagine que j'irai...


Ils sont devenus fous !

dimanche 10 octobre 2010

 HALTE AUX LIVRES-THÉRAPIES !!!

Je n'en peux plus !
L'histoire du père de machin, l'histoire du frère de machin, l'histoire de machin ! ASSEZ !
Le père violeur, la mère absente, le père disparu, le frère machiavélique, l'enfant partit trop tôt, la grand-mère éblouissante, la mère si bonne, la sœur qu'on jalousait ! ASSEZ !
Je n'en peux plus !
Les éditeurs ont totalement perdu la boule ! Ils s'échinent à éditer puis à promouvoir le "journal intime", le "livre des souvenirs" de gens connus ou pas et tout le monde sans sourciller appelle cela des "romans", des "livres" !
Où sont les écrivains qui offrent à leurs lecteurs un roman sorti de leur IMAGINAIRE !!!
Où sont les conteurs ?

Pitié ! Pitié, vous qui vous apprêtez à raconter votre histoire : ON S'EN FOUT !
La seule qui a réussi à raconter sa vie par le menu tout en passionnant des millions de lectrices et de lecteurs (et oui !) c'est Martine (de Gilbert Delahaye) ! Mais y avait de très belles illustrations...(de Marcel Marlier).

Les gens qui lisent veulent RÊVER, S'ÉVADER ! JK Rowling ne me contredira pas... Alexandre Dumas non plus !
La tendance à se raconter, à tout raconter (de la première tétée à la dernière diarrhée) est telle que chez Calmann-Lévy qui faisait déjà fort dans ce type de lecture dégoulinante et inintéressante, figurez-vous que René Guitton qui désirait savoir si l'actrice Astrid Veillon avait des idées de second roman (après l'inoubliable "Pourras-tu me pardonner ?" paru chez Plon en 2008 - question à laquelle je réponds "Je ne crois pas"), bref, René Guitton (cela dit en passant vous noterez que même René se demande si Astrid Veillon, promotionnée auteur, a une quelconque idée du second roman qu'elle aimerait écrire. Pas du 10ème roman... Non ! Dès le 2nd  déjà il pose la question !)
BREF, René Guitton apprenant qu'Astrid Veillon tient un journal de bord de sa grossesse n'hésite pas et lui lance : "Banco !".
BANCO ?
Oui Banco ! Le 2nd "roman" sera le journal de bord des 9 neuf mois de grossesse d'Astrid Veillon !

Ehhhhhhhhhhhhh ! RENÉ ? T'as perdu la boule ?
Parce que le truc dingue c'est qu'il l'a fait !!! Il a osé, René, éditer pour de vrai les 9 mois de grossesse d'Astrid Veillon avec une sortie pour octobre 2010 ! Pour 16 € !
Quand on pense que "24h dans la vie d'une femme" de Stefan Zweig coute 4€... 4 fois moins cher ! 270 fois plus court, et sans comparaison aucune pour le talent.

René ? Eh Oh ? René !? On s'en tape René !
Mais quel éditeur, sobre et contrôlé négatif à toute substance psychoactive, peut imaginer que la grossesse d'Astrid Veillon mérite de devenir un livre ???
Le pire c'est que René à l'air très sérieux dans la vie ! Il a même un joli site !
Je n'y comprends plus rien... C'est la Bérézina à Paris.
Attention, la liquéfaction de cerveau guette ! Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas  :

Ring my... Meucci

mardi 31 août 2010

Alexander Graham Bell
 Il est des histoires terribles et celle d'Antonio Meucci l'est assurément.
Pas plus tard que récemment, France 5 diffusait une conférence de Pierre-Henri Gouillon, grand généticien qui commentant une photographie des membres du mouvement eugénique des Etats-Unis, n'hésita pas à signaler que Graham Bell était l'inventeur du téléphone ; "il avait de très bons gènes" souligna malicieusement PH Gouillon.
Sauf que... Graham Bell avait, avant toute chose, les gènes d'un usurpateur !

Tout le monde continue de lui attribuer l'invention du téléphone alors même que les États-Unis ont reconnu en juin 2002 que c'était une erreur ! (Résolution 269 consultable sur le site de la bibliothèque du congrès américain) :
Extraits :
Antonio MEUCCI
"Whereas in March 1876, Alexander Graham Bell, who conducted experiments in the same laboratory where Meucci’s materials had been stored, was granted a patent and was thereafter credited with inventing the telephone ;
Whereas on January 13, 1887, the Government of the United States moved to annul the patent issued to Bell on the grounds of fraud and misrepresentation, a case that the Supreme Court found viable and remanded for trial ;
[...]
Resolved, That it is the sense of the House of Representatives that the life and achievements of Antonio Meucci should be recognized, and his work in the invention of the telephone should be acknowledged."

Qu'importe ! Le nom de Bell reste attaché à cette formidable invention dans l'esprit de tous et même celui des plus grands généticiens !

Pour connaître plus en détails cette rocambolesque histoire (et je m'étonne qu'Hollywood n'ait pas bossé dessus) voir la page consacrée à Antonio Meucci sur Wikipédia que je trouve bien foutue.

Your manuscript is both good and original...

samedi 1 mai 2010

... but the part that is good is not original, and the part that is original is not good. *
Une belle altercation s'est déroulée sur la blogosphère début avril.
Avec la lenteur qui me caractérise, je n'en ai eu vent qu'aujourd'hui !
Cependant ce type de joute entre blogueur et écrivain n'en est, à mon avis, qu'à ses balbutiements...
(J'avais moi-même essuyé les foudres d'une certaine LP, mais à sa décharge, je l'admets, j'avais chargé la mule. Mule - oups pardon - Écrivaine qui n'avait pas du tout aimé que je livre mes cogitations à son propos.)


Rappel des faits !

lundi 22 mars : Cynthia, blogueuse, discute le livre de Jean Claude Derey "Papoua": ici.

samedi 3 avril : coup de théatre, l'écrivain visiblement très mécontent de la critique, envoie des emails à la blogueuse : ici.
Rapide comme l'éclair, Bladelor, le signale sur son blog : ici.
Un groupe se monte sur facebook : "Comité de soutien à Cynthia contre Jean-Claude Derey" avec la couverture de son livre, barrée d'une énorme croix rouge !

dimanche 4 avril : Jean-Paul Bertrand qui dirige les Editions Alphée (éditeur de Jean-Claude Derey) prend le clavier à son tour pour tenter d'éteindre l'incendie.
Mais le pompier à la bourre (un peu comme moi) n'enraye pas grand-chose : une blogueuse s'attaque à la réponse dudit éditeur et la décortique : ici.

lundi 5 avril, Cynthia (la blogueuse) clôt l'affaire en postant à son tour la réponse de l'éditeur : ici.

mardi 6 avril, c'est Wrath qui dégaine en soulignant la misogynie ambiante au sein de la blogosphère : ici.

jeudi 8 avril : Dom la ménagère  en direct d'Afrique a vent de l'affaire via des twitts et décide de boycotter l'écrivain. Elle aussi.
Bon voilà... Coup de gueule d'un écrivain qui stupidement écrit des insultes à la blogueuse sans imaginer, je suppose, que tout cela allait lui exploser à la tronche ! Pourtant, ceux qui ont vécu des divorces pour faute le savent bien : on n'écrit rien ! On ne laisse jamais de traces ! C'est la règle pour dégommer quelqu'un sans se faire choper !

Dans le même temps, j'ai parcouru le blog de Cynthia et "la déglingue" n'est pas un fait coutumier chez elle. Elle dit simplement ce qu'elle a pensé de tel ou tel livre. Elle a même adoré "Soie" d'Alessandro Barrico, c'est dire !
C'est un blog littéraire, bien foutu (ne parlant que de littérature et faisant découvrir des bouquins, c'est pourquoi je l'ai ajouté à ma liste de blog) qui me semble, ma foi, cohérent.

Alors d'où vient cette colère qu'ont parfois les écrivains quand ils découvrent la critique de leur livre sur un blog ?
C'est étrange en effet d'imaginer un quart de seconde qu'un livre va plaire à tout le monde ou à défaut de plaire, laissera indifférent.
Le livre et la lecture par extension sont sources d'émotions. C'est le principe même de l'Art.
Il faut que cela déclenche quelque chose. Il me semble que le pire pour un écrivain, c'est que son livre ne déclenche tout simplement rien !
Partant de cette idée, il est puéril de vouloir qu'il ne déclenche que de "bonnes/belles/et au pire neutres" émotions. Il peut déclencher des émotions très diverses et parfois, même, des émotions qu'il n'était pas censé déclencher lorsqu'il était en cours d'écriture. Le dégoût, la lassitude, l'agacement, la colère. Oui, pourquoi pas ?
La question est donc de se demander si il y a diverses manières d'exprimer ces émotions là ?
La blogueuse/le blogueur doit-il être précautionneux dans sa façon de rendre ses émotions ? Doit-il garder à l'esprit que l'auteur du livre pourrait parcourir la blogosphère et se sentir tranché en deux par les réflexions désagréables dudit blogueur ?
Peut-être... Mais l'écrivain, lui, lorsqu'il écrit, prend-il en considération le fait que certains lecteurs puissent être heurtés par ce qu'il écrit ? Il ne me semble pas. Et c'est bien là toute sa liberté d'écriture.
Alors comment expliquer que la liberté que l'on s'octroie quand on écrit un livre doit, elle, être refusée à ceux qui le lisent ?
Ou peut-être est-ce lié au fait que critiquer se doit d'être fait sans émotion, froidement, avec une sacro-sainte objectivité ? Mais le critique est-il un être humain capable de mettre à distance ses émotions, de les parquer dans une case cérébrale qui ferme hermétiquement dès que commence le travail de critique ? Peut-on critiquer un tableau, une musique sans aucune émotion ?
Bien sûr, il y a la jolie phrase de Jean-Paul Bertrand qui essaie d'humaniser son auteur (je vous rappelle que celui-ci a, au préalable, copieusement insulté la blogueuse) : "Mais d'une façon générale l'auteur est un être sensible qui essaye de tout donner à travers sa plume, il se met à chaque fois en danger et se faire éditer c'est chercher implicitement une reconnaissance."
D'une façon générale l'auteur est un être sensible... Oui mais alors d'une façon très générale, hein ? Faut pas croire ! Y a un ptit coeur qui bat là-dessous. Bon ça encore passe... autant rien dire mais bon... (et allez savoir si Cynthia n'est pas sensible elle aussi !)
Mais écrire " se faire éditer c'est chercher implicitement une reconnaissance" ! Correction : c'est chercher explicitement une reconnaissance. Et c'est oublier totalement, qu'au bout du chemin on récolte parfois l'inverse ! C'est le jeu ma pov' Lucette ! Soit on s'expose soit pas mais on ne peut pas vouloir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crèmière.
"Je puis vous assurer que tous, oui tous, sont d'une très grande fragilité par rapport à leur oeuvre. Ce sont des êtres hyper sensibles qui mettent tellement dans leurs écrits une part d'eux-même, une partie de leur vie."
Ah bon ? Stephen King aussi ?  Mouais... j'ai des doutes mais bon... admettons.

Pourtant Jean-Paul Bertrand, très loin d'être un novice dans le milieu (il a revendu les Editions du Rocher qu'il dirigeait pour ensuite créer les éditions Alphée) annonçait clairement dans une interview au Journal du Net en juin 2009 : "Nous avons besoin d'eux [les internautes] pour parler de nos livres. Car aujourd'hui notre problème n'est pas la qualité des livres mais la difficulté à les faire connaître. Or Internet permet un nouveau type de bouche-à-oreille très puissant."

A qui le dites-vous cher Monsieur ;-)


Quant à la misogynie, c'est un mal ambiant et séculaire ! Ce n'est pas grand chose, juste l'apanage des faiblards. Qui oserait traiter Mike Tyson de "connard" droit dans les yeux ? Très peu d'hommes... très, très peu... ou peut-être une fille !
Je ne pense pas que dans les affaires qui agitent la blogosphère, il s'agisse plus de misogynie que de couardise. Je ne pense pas non plus que dans l'affaire Jean Claude Derey le sexe de Cynthia ait eu un impact sur sa colère. Juste sur son vocabulaire. S'il s'était agit d'un blogueur, furieux comme il l'était, Jean-Claude Derey aurait certainement été tout aussi créatif (voire même un "ptite bite" aurait-il pu s'égarer ?).

L'idée étant, avant toute chose, de décrédibiliser le blogueur/la blogueuse. De lui faire comprendre qu'il/elle n'a pas autorité pour donner son avis au vu et su de tous. En somme qu'il/elle est un crétin et qu'il aurait mieux fait de fermer son ordinateur !

La blogosphère s'est appropriée la littérature entre autres choses. Tout écrivain va désormais devoir s'y faire. Les éditeurs aussi d'ailleurs. Ils ont du mal... "J'attire votre attention sur le fait que le jury du prix RENAUDOT a sélectionné le dernier ouvrage que j'ai publié "LE QUART D'HEURE COLONIAL" dans sa sélection l'année passée. Ce sont eux des critiques littéraires et des spécialistes." lance Jean-Paul Bertrand.
Ahhh... ce minuscule petit "eux" ! Petits poils à gratter glissés de ci de là sur le net, les blogs dérangent et intriguent. Comment contenir ce "nouveau type de bouche-à-oreille très puissant" ?

Car derrière ces écrans, il n'y pas que des "pétasses qui gazouillent" (quoique les gazouillis de pétasses en été, au coin d'une terrasse, ne sont pas faits pour déplaire à tout le monde !), il n'y a pas que des écrivains ratés en mal d'éditeurs, il n'y a pas que des mal-baisé(e)s qui en veulent à la terre entière.
C'est con mais même derrière les écrans, il y a des blogueurs/ses bien dans leur peau qui ne pensent qu'à partager et discuter bouquins. Bouquins aimés ou mal-aimés, ils/elles en discutent, sans imaginer qu'un coquin planqué quelque part va leur tomber dessus à bras raccourcis, mécontent des émotions négatives qu'ils/elles ont émises à la lecture de son bouquin.
C'est con mais même derrière les écrans, il y a des blogueurs/ses cérébralement bien connecté(e)s qui n'ont aucune amertume envers le monde des écrivains, juste un avis.
Et ce qui est encore plus con, c'est qu'ils/elles pourraient presque avoir une influence sur les ventes de livres !

Lire ici  : Do Twitter and Blogs Really Drive Book Sales ?
Partout se pose la même question, partout la même crainte : les blogs ou autres réseaux ont-ils la capacité d'influer sur les finances de l'Edition ? Ces gens que l'on ne connait pas, que l'on ne maîtrise pas, ces gens qui ne sont "personne" en tant qu'individu mais potentiellement redoutables en tant que masse, peuvent-ils ou pas faire pencher la balance commerciale ?

Ne plus maîtriser la vox populi quand elle clame haut et fort son rejet, quand les gazouillis de pétasses résonnent plus fort que les doux chants des sirènes médiatiques, enjôleuses et enjôlées...
Si ça c'est pas con !


***

* peut-être de Samuel Johnson mais pas sûr du tout ; en même temps, on ne prête qu'aux riches ;-)

Acte VIII / Quand les gourdes sont vides

mardi 24 février 2009



Au départ, cette rubrique "Des vessies pour des lanternes" était un cri d'alarme.
Un cri est un peu prétentieux, je vous l'accorde, plutôt un hoquet de révolte. Mais c'était avant tout une intuition. L'intuition qu'une fin était proche, celle de notre statut de "gourdes" remplies d' €uros, manipulées non par la promotion mais bien par le matraquage médiatique pour tel ou tel artiste, déclaré "incontournable" et starifié au nom d'on n'a jamais su quoi ; c'était ainsi, un sentiment diffus que les génies de la com' et du marketing nous prenaient pour de simples gourdasses prêtes à gober les moindres de leurs élucubrations sous couvert qu'à force de nous répéter sans cesse qu'untel était "immanquable" nous ne pourrions résister, pauvres cruches, à croire que c'était vrai.
Mais le sourire aux lèvres, je découvre qu'en silence, toutes les gourdes et cruches du monde se sont prises par la anse et ont fait front devant ce mépris que l'on nous servait à la louche.

Le magazine Marianne (n° 615) a entendu notre mutisme, notre refus à obtempérer et s'est fait fort de dévoiler comment nous avions fait fléchir cette machine.

Et c'est par l'arithmétique que c'est exprimé notre refus. C'est fou comme de simples chiffres peuvent être aussi tranchants que des lames de rasoir.

Christine Angot que l'on se doit d'aimer ou de détester ne devait pas nous laisser indifférentes sous peine d'être has been. A ce point, que dire lors d'un dîner "Angot ? ... franchement ? ... je m'en tape" était le signe d'une vie provinciale, hors du temps ; un grillage intellectuel complet ; peut-être même la preuve que notre QI ne pouvait, malgré ses vaines tentatives, atteindre les 90.

Et pourtant... c'eût été la seule réponse à donner. Angot c'est finalement très peu de livres vendus donc rien d'une vedette, juste une grande gueule. Doit-on forcément "starifier" une grande gueule ? Heureusement non, sinon je vivrais entourée de stars !

Pas plus de 42 000 ventes pour L'inceste, 40 000 ventes pour Pourquoi le Brésil ?, 37 000 pour Les désaxés et 17 300 ventes pour Le marché des amants où elle racontait par le menu ses frasques avec Doc Gynéco, preuve en est que tout le monde (excepté 17 300 personnes) s'en cogne comme de l'an 40. (Et je crois pouvoir dire que l'an 40 était drôlement plus intéressant que les états d'âme de C. Angot).

En cela, notre société culturelle ne se porte pas aussi mal qu'on pourrait le penser ! Elle n'est pas prête à débourser 20 € pour avaler les élucubrations d'une cinquantenaire déboussolée par un rapport à la séduction qui nous ferait presque croire que Victoria's Secret a bien faillli l'engager !

Pas comestibles non plus les rêves de grande auteure de Lolita Pille, son Crépuscule Ville n'a séduit que 15 000 personnes malgré une promo dézinguée et des amis influents.

Mieux encore, l'écrivain pseudo dandy (ou le dandy pseudo écrivain) Nicolas Rey, a pris la tasse avec Valloris Plage : 4292 ventes ! Shame on him ! Même Mathilda May, actrice et non écrivaine, le met KO avec 7221 ventes de son Personne ne le saura.

Max Mahonney a eu beau prendre un pseudo de mec et semer le trouble avec un physique de fille ravageur, son Corpus Christine n'a emballé que 11 517 admirateurs.

Catherine Millet, grande prêtresse des scandaleuses a vieillit et sa jalousie n'a intéressé que 32 000 personnes avec Jour de souffrance. Pas mal me direz vous, comparé aux chiffres précédemment cités, mais rien en comparaison du tirage initial : 85 000 livres ! Ce n'est pas moins de 50 000 livres qui attendent un lecteur sous peine de finir pilonnés !!! Mais que fait Nicolas Hulot pour protéger notre chlorophylle ?!

Florian Zeller, incontournable dans la nouvelle génération, c'est 2903 ventes avec Elle t'attend !
On rit maintenant ou on attend nous aussi ?

La magie n'a pas opéré pour Nathalie Rheims et son chemin des sortilèges ; malgré sa haute peopolisation, ce n'est que 5800 livres vendus, autant dire peanuts !

Amanda Sthers avait relevé un défi et ne s'en tire pas trop mal en affichant 12 380 ventes de son Keith me mais au regard de l'aura médiatique dont elle dispose, c'est bien maigre.

Brèves de Blog de Pierre Assouline, a comptabilisé 901 ventes comme quoi, les blogs se lisent peu sur papier... douche froide pour les fameux commentateurs dudit blog.

Pour remettre ces pauvres chiffres à leur place, sachez qu'Anna Gavalda a vendu 574 000 exemplaires de sa Consolante ; Guillaume Musso, c'est 318 885 avec Je reviens te chercher ; et notre givrée nationale, Amélie Nothomb, avec Le fait du Prince : 198 117 ventes.

Et qu'en est-il de ceux qu'on n'essaie pas à tout crin de nous fourguer ? Ceux dont la tronche n'évoque rien, le nom peu... comment arrivent t'ils à atteindre notre attention, nous, les gourdes ciblées du marketing littéraire à qui on ne montre que des vessies ?

Notre révolte silencieuse les a hissés à une place légitime ; sans bruit et sans projecteur, ils occupent le paysage littéraire.

Michel Folco, avec son Même Le Mal Se Fait Bien (3ème opus de la série) s'en sort avec près de 11 000 ventes.

Pierre Dubois et Comptines assassines, 6413 ventes... Malgré bien moins d'entrées VIP sur les chaînes télévisuelles que Mister Zeller et Mister Rey, Mister Dubois leur a mis une tôle !

Eric Chevillard a écoulé 5045 de son Vaillant petit tailleur.

Joseph Vebret a vendu 4336 de ses douces Friandises Littéraires.

Anne Marie Garat pèse un peu plus lourd (et même très lourd comparativement à ceux cités plus haut) avec Dans la main du diable : 33 344 ventes.

Et dans la plus pure tradition du bouche à oreille, Claudie Gallay rafle la mise avec un score record : 180 053 livres vendus pour "Les déferlantes"... chapeau bas !

Si certains écrivains passent par ici, attristés par leur petit chiffre de ventes, qu'ils remontent ce billet et relisent religieusement le score de Florian Zeller... qui pourtant sait parfaitement maîtriser les feux de la rampe médiatique ou celui de Nathalie Rheims, qui mieux introduite qu'elle, tu meurs (malgré une chevelure improbable qui me laisse pantoise dès que je la vois : Nathalie n'est-elle pas la preuve irréfutable que la réincarnation existe ? Si, je vous l'affirme, Nathalie est Samson de la tribu de Dan).

C'est sur cette note rafraîchissante que je vous le dis : tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse...




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Sources Edistat (au 08/02/2009)

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La mère idéale

dimanche 21 septembre 2008




La mère idéale n'existe pas.





Freud a un jour muselé une bourgeoise autrichienne qui avait fait des pieds et des mains pour le rencontrer avec une seule question suspendue à ses lèvres : dites-moi comment devenir une bonne mère Herr Professor ? "Inutile de vous poser cette question car quoi que vous fassiez en tant que mère, vous le ferez mal de toute façon !" avait répondu le vieil homme.


L'histoire ne nous dit pas quelle tête a fait la femme avec cette réponse sous le bras.






Ca c'est ce qu'on nous raconte, à nous les boiteuses pour nous déculpabiliser.
Je sais maintenant qu'elle existe et je sais même comment elle s'y prend pour être idéale.
C'est de l'info, c'est du lourd, ouvrez vos mirettes et suivez bien :
C'est en lisant une petite annonce affichée sur l'un des murs de ma boulangerie que tout s'est brutalement éclairé :

"Recherche personne de confiance pour prendre en charge 2 enfants dès 07h30 (lever, petit déjeuner, habillement et emmener à l'école) puis ensuite les récupérer à 16h30 à la sortie de l'école primaire. Douche, devoirs et dîner jusqu'à 20h00. Sérieuses références exigées - salaire motivant."

A qui les cris de celui qui au bout de 30 minutes n'a enfilé qu'une seule chaussette ?
A qui le bol de cornflakes plein à ras bord de lait qui vient de dégouliner de la table au sol ?
A qui les noeuds dans les cheveux qui à chaque effleurage déclenche une sirène ?
A qui la salle de bains transformée en piscine municipale ?
A qui les problèmes de maths où distance et vitesse virent au cauchemar ?
A qui les "on pourrait pas avoir des frites ?" après avoir passé 45 minutes dans la cuisine à tenter de préparer un repas équilibré ?

Pas à celle qui rentre à 20h00, perchée sur ses talons Jimmy Choo et moulée dans son tailleur Barbara Bui comme un bras dans un plâtre.



"Bonsoir mes amours... Tout s'est bien passé ? Vous avez passé une bonne journée ? Maman arrive dans un instant vous lire une histoire."-- "Merci Conchita, à demain."

Plaf, la porte se referme sur la famille idéale, une maman zen et sans grief, un papa qui ne tardera pas à s'affaler dans le canapé avec un martini on ze rocks en guise de biberon du soir "Les enfants ça va ? Tout s'est bien passé ?".


Elle est bien là la mère idéale, là et absente, voilà le secret.




Ses enfants n'ont rien à lui reprocher, elle n'a rien interdit "Ah !? Si Conchita a dit que... alors c'est que."

Elle n'a pas crié, pas frustré, pas contrarié. En retour elle n'est pas énervée, fatiguée, épuisée, elle est d'un calme magistral quand débute l'histoire dans le lit.
"Mais qu'ils sont mignons..." murmure t'elle en les contemplant dormir. "C'est quand même extraordinaire d'avoir des enfants... Quelle folie de ne pas en vouloir... Tout ce qu'on loupe, c'est inimaginable. Mais qu'est ce qu'une vie sans enfants ?"

Hein ? Je vous le demande... !


C'est ainsi que comme à chaque début de quoique ce soit porteur de fortes convictions, j'ai établi ma liste de rentrée :


- Quitter la maison avant que les anges ne se réveillent.
Pour celles qui n'ont rien à faire dehors à 07h du matin, voici une habitude facile à prendre : repérer un petit café, acheter les journaux et s'improviser journaliste pour une revue de presse hebdomadaire exhaustive. Puis, partir directement bosser.
Avantage indirect de la méthode : on devient très vite la référence médias au boulot, celle qui sait tout sur tout ; notre réputation gagne peu à peu tous les étages jusqu'à ce que le big-very-big boss nous fasse demander en personne : "Dites donc Bon Sens, vous connaitriez les dates de "la flûte enchantée" à l'Opéra Bastille ?"


- Rentrer une fois l'ouragan "sortie d'école" passé.
Eviter bien évidemment les devoirs (énorme source de stress et de mésentente parents-enfants), les douches (source de discussions sans fin sur l'hygiène et son intérêt à fréquence soutenue), le dîner (très fort potentiel pour déclencher un niveau sonore insoutenable).
Si possible, enchaîner après le travail un restaurant avec son chéri pour ne rentrer que vers 23 heures.
Là c'est idéal car cela implique un retour quand la maisonnée dort paisiblement mais le budget consenti est plus important (autre avantage : excellent pour la libido du couple - il faudra que je revienne en discuter).

Une fois évités ces multiples pièges disséminés ça et là telles des mines - pour le coup très personnelles - dans la relation parents-enfants, la vie devrait être beaucoup plus simple pour nous.
("Pour nous" car cet article n'est pas censé s'occuper du bien-être des enfants mais de celui des mamans je vous le rappelle).

C'est désormais sous couvert d'anonymat que je suis contrainte de divulguer ma trouvaille car malheureusement la société n'est pas encore prête à adopter cette radicalité salvatrice. J'en veux pour exemple ma copine Pénélope qui n'a rien compris à ma nouvelle méthode. Elle m'a jeté, médusée, "mais pourquoi tu as fait deux enfants ?"

Cela a bien failli foutre en l'air 10 ans d'une belle amitié : Non mais ! De quoi j'me mêle ???


***



Du neuf avec du vieux

mardi 2 septembre 2008




Mazette quelle rentrée littéraire !!!

Que du neuf !

Une rentrée innovante, surprenante qui met l'eau à la bouche, non ?

Quel point commun unit au moins deux de ces écrivaines ?


Facile... ;-)


***



Mon droit de réponse à "Lolita Pille"

mercredi 11 juin 2008


Commentaire reçu lundi 9 juin 2008 suite à un de mes post : Acte VII / Lolita Pille


"lolita a dit…
Un « ami » me renvoie à votre « blog ». Votre procès d’intention me glace le sang. D’autant que vous n’écrivez pas bien. Ni mal d’ailleurs, rien : vous n’avez pas de style. (« gaffe à pas m’appeler Pétunia » …« ce jour-là, j’avais pris trop d’ecstasy et je me suis grave gourrée »).

Une vraie petite virtuose du sarcasme.Et en substance, vous me reprochez le crime de ne pas être née en puissance de milliards d’euros ? Accusation d’une grande portée morale, et qui vous honore. Cependant, je vous prierai de laisser mes intentions tranquille, vous qui planquez derrière l’anonymat d’une tribune internet, dispensant votre malveillance et vos petits jugements bilieux à d’autres que vous ne connaissez pas, dont vous ignorez tout, à l’exception de oui-dire et de présupposés.

D’une part, je ne consomme pas d’ecstasy, je suis loin d’avoir gagné 440000 euros, et je ne vis pas dans le huitième arrondissement.

D’autre part, avant de publier Hell, il m’arrivait en effet, de fracasser des bouteilles dans des bagnoles et qu’est-ce que ça peut bien vous foutre, vous « branliez » quoi, vous à dix-sept ans, et dans l’intervalle je lisais des livres, oui, de la littérature, la vraie, celle dont vous croyez avoir fait votre « cause », car ces « parents des classes moyennes »,qui n’étaient pas célèbres et pas puissants, avaient, merci pour eux, d’autres sortes de richesses à me transmettre. Nous sommes très chics dans la famille, parce que nous ne plaçons pas le « chic » là où vous estimez qu’il se trouve.

Vous faites sans doute partie de ces amoureux de la vérité documentaliste qui veulent qu’un roman dût justifier son authenticité et sa justesse de par le « vécu » de leur auteur ? En cela, Nabokov, que vous invoquez comme s’il était de votre côté, aurait dû vivre une passion pédophile pour s’arroger le droit d’écrire Lolita, ou baiser sa sœur pendant soixante ans pour justifier Ada ? Ellroy aurait dû être serial killer. Zola aux mines, et Flaubert se suicider à l’arsenic ?

Je vous vois d’ici, vous indigner : arrgh, cette personne indigne ose se comparer à ces monuments littéraires, je vous rassure, il n’en est rien, je vous rappelle simplement ce que c’est qu’une démarche d’écrivain (vous, vous êtes « blogueuse ».)

Un écrivain regarde, souffre de ce qu’il voit et écrit. J’écris sur le monde et je vous emmerde. Vous affirmez, vous ne suggérez pas, vous affirmez que j’écris pour des motifs déshonorants, vous moquez le fait que je vis de mon travail, vous vous montrez condescendante envers mes parents, vous m’attribuez des fantasmes, vous avez même un avis sur l’arrêt de mes études de droit : si vous étiez en face de moi, je vous foutrais mon poing dans la gueule.

Par ailleurs, je vous remercie de votre sollicitude à propos de mon troisième roman, mais il est écrit, il est publié, et si vous aviez pour deux sous de curiosité, vous le regarderiez et si vous aviez pour deux sous de lucidité , vous reconnaîtriez alors votre mauvaise foi, votre servitude au préjugé, votre malveillance, votre nullité.

Et inutile de jouir misérablement en vous disant que si je prends la peine de vous répondre, c’est que vous m’avez blessée. Je ne rougis pas de le reconnaître. C’est blessant et violent, aussi blessant et violent qu’un inconnu qui vous crache à la gueule au détour d’une rue avant de fuir lâchement, en ricanant comme un abruti (…t’as vu, t’as vu comme je lui ai craché à la gueule, celle-là, eh, t’as vu ? elle faisait moins la maligne, hein…)

Par ailleurs, je viens de parcourir votre blog dans son ensemble, et ceci tempère quelque peu ma tristesse à avoir lu votre éructation à mon sujet, que vous appelez « critique ».

Vous n’avez pas l’ombre d’une idée originale, votre orthographe est approximative, votre style est d’une médiocrité que votre outrecuidance renforce au point d’un ridicule abyssal.

Vous rebattez ces clichés bilieux et inexacts sur le « monde de l’édition », qui est loin d’être immaculé, mais sans rien en connaître, votre fausse interview de Max Monnehay est carrément ordurière, (vous avez du temps à perdre au point de commenter la coiffure de Nicolas Rey, nous ne faisons sans doute pas grandement avancer la littérature française mais vous, vous faites encore mieux, vous la rétrogradez), et vos grandes idées sur la condition du critique m’ont fait hurler de rire. Votre générosité, à vous, ne laisse aucun doute."
lundi, 09 juin, 2008




Réponse de Bon-sens (et il en faut !) :


" Cher Internaute,

A la première lecture de votre commentaire, j'ai presque cru que Lolita Pille, la vraie, l'écrit-vaine, avait daigné me répondre.

A la seconde, il a fallu me résigner : ceci ne peut être qu'une supercherie.

A cela plusieurs raisons, plus ou moins rationnelles, qui après maintes cogitations m'ont amenée à admettre (piteusement je le concède) : non ! La vraie Lolita Pille, la mienne, ne m'a pas honorée de sa présence et n'a pas donné à mon post un éclat magistral.

Lolita Pille, la mienne, la vraie, est une jeune femme intelligente, manipulatrice mais extrêmement lucide. Elle a su exploiter un effet de manche dans lequel beaucoup se fourvoient sans en tirer une once de gloire : LE SCANDALE.

Dotée de cette redoutable intelligence qui lui fait éviter les éventuelles chausse-trapes du monde éphémère des célébrités, la vraie Lolita Pille, la mienne, aurait immédiatement sérié les différents degrés d'humour qui étaient en jeu dans le post dédié.

Lolita Pille, la mienne, la vraie, n'aurait jamais perdu son sang-froid. Elle n'aurait pas non plus éructé de grossièretés. Non ! La vraie Lolita Pille, aurait agi avec le "chic" qui la caractérise ! Elle aurait esquissé un haussement de sourcils et cliqué sur la croix rouge de son écran. Ou peut-être par mansuétude, aurait-elle jeté une brassée de mots bien sentis, pesés, qui n'auraient pas eu besoin d'être légion pour faire mouche.

Lolita Pille, la vraie, la mienne, ne se serait pas fourvoyée sur le sens de mon post, ni même sentie blessée. Non ! Car la vraie Lolita Pille sait soigneusement différencier un "procès d'intention" d'un pastiche. Elle en connait par ailleurs parfaitement la définition.

Peut-être la vraie Lolita Pille grince t'elle des dents quand les critiques tels Philippe Besson, Thomas Hervé, lui assènent que son écriture est indigeste, confuse et médiocre mais quand l'escarmouche vient du fond du Wild Wild Web à peine ses oreilles bourdonnent-elles.

Lolita Pille, la mienne, la vraie, ne se serait jamais aventurée à critiquer l'orthographe d'autrui quand ses propres accords sont manquants. Pas plus qu'elle ne se serait risquée à attaquer mon style. Voyons ! Avons-nous déjà vu la peste se moquer du choléra ?

Lolita Pille, la vraie, la mienne, n'aurait jamais fait l'erreur de sombrer dans l'ambiguïté du récit purement fictionnel et du récit autobiographique en écrivant "il m’arrivait en effet, de fracasser des bouteilles dans des bagnoles". Non ! Elle aurait rigoureusement tenu à distance ce "je" de ses personnages, elle qui aspire plus que jamais à désunir l'amalgame entre Hell et elle. La vraie Lolita Pille, n'aurait en aucun cas mis un pied de plus sur cette planche qu'elle a pourtant, fut un temps, si bien savonnée.

Lolita Pille, la mienne, la vraie, ne se serait pas avisée de me donner une leçon sur les "clichés". Non ! Son incomparable et légendaire humilité lui aurait tout de suite fait remarquer qu'en la matière elle était un modèle du genre : lolita est subversive... n'en est-il pas un splendide ?

De même, elle ne serait jamais "vautrée" dans le cliché le plus rebattu en littérature qui veut qu'un écrivain "regarde, souffre de ce qu’il voit et écrit." Non ! Car sa culture littéraire lui aurait rappelé que des écrivains tel Jorge Amado, écrivain convivial, chaleureux, gai, aimant rire et bavarder, rejettent la solitude et le désarroi ambiant comme sources d'inspiration.

Lolita Pille, la vraie, la mienne, aurait-elle eu besoin de se justifier pour faire entendre qu'avant Beigbeder, elle fréquentait la littérature ? Non ! Car qui, à part moi, a pu croire qu'elle était sérieuse quand elle disait à ses débuts que c'est en lisant "99 francs" de Frédéric Beigbeder qu'elle s'était décidée à devenir écrivain... Lui peut-être ?

Lolita Pille, la mienne, la vraie, ne serait nullement surprise qu'à ses provocations répondent des réactions. Non ! Car ces dernières sont, par le biais d'un mécanisme réflecteur, l'effet recherché.

Lolita Pille, la vraie, la mienne, n'aurait pas perdu son temps à parcourir mon blog dans son ensemble ! Car qui, à part elle, l'a déjà fait ?

Et si par une chance inouïe, elle m'avait accordé cet honneur, elle n'aurait jamais pu écrire "Vous faites sans doute partie de ces amoureux de la vérité documentaliste qui veulent qu’un roman dût justifier son authenticité et sa justesse de par le « vécu » de leur auteur ?"...

Primo parce qu'elle n'aurait jamais conjugué "devoir" avec un subjonctif de l'imparfait totalement inapproprié.
Secundo parce que bon nombre d'auteurs que j'ai ici adorés et encensés ont un vécu que j'ignore totalement. Il ne me semble pas que Michel Faber ait été une prostituée anglaise du 19 ème siècle ? Pas plus que Patricia Parry ait pu être un héros flamboyant durant la croisade des Albigeois ? Pas plus que Leo Perutz un barbier sous Richelieu...

Lolita Pille, la mienne, la vraie, ne serait pas venue "à la rescousse" de Max Mahonney ou Nicolas Rey. Non ! Son acrimonie aurait contribué à défendre Amoz Oz, Henry James, Bohumil Hrabal, Alessandro Baricco, Anaïs Nin, Alberto Manguel car n'est-ce pas là sa vraie culture littéraire ?

Elle aurait peut-être même ri en voyant la photo de Max Mahonney et finalement admis que cette photo était aussi incongrue que celle qui représenterait Clara Morgane avec un col roulé et un livre sur la tête.

Lolita Pille, la mienne, la vraie, ne ricane pas sans cesse dès qu'elle entend des critiques concernant son style, son écriture ou ses capacités littéraires. Non ! Elle utilise un mécanisme de défense bien plus élaboré : le dialogue. Sa névrose est feinte et elle n'oscille pas entre l'affliction victimaire et l'hilarité en moins de vingt lignes : " C’est blessant et violent [...] vos grandes idées sur la condition du critique m’ont fait hurler de rire." Non ! Car sa lucidité emprunte à sa stabilité mentale.

Voilà pourquoi, cher internaute, je ne crois pas une seule seconde que vous puissiez être la vraie Lolita Pille.

Si tel avait été le cas, croyez-moi, j'aurais été extrêmement flattée de vous recevoir à vomir et c'est fièrement que j'aurais imprimé et encadré votre bile."


Bon-Sens

Commentaires


Acte VI / Foutage de G...

vendredi 29 février 2008


Misha Defonseca alias Monique Dewael (ah j'admets, Monique c'est moins glamour que Misha) vend des millions de livres "Survivre avec les loups" sous couvert que c'est vrai ! Oui elle a été élevée par une meute de loups alors qu'elle n'avait que 7 ans ! Non c'est tout faux mais l'autobiographie plait plus que la fiction alors...

Dans un autre registre, la littérature se met désormais à la portée de toutes :
Astrid Veillon sort un roman chez Plon "Pourras-tu me pardonner ?"
Matilda May a sorti un roman chez Flammarion "Personne ne le saura" réponse à l'injonction d'Harlan Coben "Ne le dis à personne"... CQFD donc.

Les maisons d'édition font vraiment fort en ce moment sur les titres...

Comme je suis inspirée, je leur en refile un stock à utiliser et abuser sans compter :


J'ai perdu ma langue, ton secret sera bien gardé !
Le silence est d'or ; fermez les issues !
Le jour où mon chien n'est pas revenu...

Le muet qui parlait avec ses mains.

Mais la littérature n'a pas la primeur de ces lancements en fanfare de "nouvelles" figures de proue.
Non, la peinture elle aussi sait faire fort, voire plus fort encore.
Je vous présente Neïla Serrano : 21 ans, peintre autodidacte, prise en photo avec Fabien Ouaki (ex propriétaire des magasins TATI) lors d'une expo place Vendôme, expo dans l'expo car c'était également l'expo de Chayan Khoi (célèbrissime jetsetteur de toutes les boîtes branchées de Paris).


Il paraît que l'on s'arrache ses toiles... Elle est considérée comme une jeune peintre prometteuse et visiblement ses expos marchent plutôt bien (ce dont je me félicite pour elle, car contrairement aux apparences, je me réjouis du bonheur des autres).
On la compare à Jean Michel Basquiat (et là je me dois tout de même de préciser que ce cher JM Basquiat tout autodidacte qu'il était, allait très régulièrement au Museum Of Modern Art et au Metropolitan Museum de New-York avec sa mère durant sa jeunesse ; il a eu une imprégnation artistique qu'on ne saurait lui retirer).
Parcours d'autodidacte donc, Neïla (qui a l'air sympa au demeurant) se met à l'ecstasy et au poppers à 14 ans. A 16 ans, elle rencontre Fabien Ouaki chez Castel.
Un beau jour, ce dernier se fâche : "Arrête de sortir tous les soirs et de te bourrer la gueule" et la voyant griffonner et téléphoner en même temps, lui dit "tu as du talent, tu devrais peindre !!!"

Là, désolée, mais le fou rire me guette... Et comme je ne voudrais pas rire seule devant de telles conneries, je me suis fendue d'une présentation des oeuvres de Neïla Serrano "for your eyes only".
Et la morale de l'histoire est en fait une question : à quoi servent donc les écoles de Beaux-Arts, les cours de peinture quand on peut s'improviser peintre et faire un carton ?
Quel est l'intérêt de passer 4 années le cul sur un banc, à présenter des projets alors que les boites de nuit, les ecsta, la coke et l'alcool peuvent en un rien de temps vous apporter la révélation suprême... Je ne vois pas...
Quoique... en contemplant les oeuvres de Neïla, je comprends déjà un peu mieux...



"Giclée de pétasse" 2007 - Neïla Serrano

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"Bertha confuse" 2007 - Neïla Serrano


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"Blind test" 2007 - Neïla Serrano

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"Foutage de gueule" 2008 -Bon-sens-ne-saurait-mentir

Et mon petit côté Basquiat à moi, vous le trouvez comment ???

***

Crise de calcaire...

samedi 2 février 2008


Avez vous déjà mangé un oeuf à la coque avec des coquilles éparses, bien planquées sous le jaune, qui crissent sous les dents ?
Beurk ! Dégueulasse !
Dans un bouquin, c'est presque idem. Tout va bien et ... CRRRR... une coquille !
Bon une ça passe ; on crachouille discrètement et on y retourne, mouillette armée d'un bon beurre frais, calée entre le pouce et l'index (caler, écaler, c'est bon ? Vous suivez ?).
Oui mais voilà que ça recommence ! CRRRR...
Ah ça énerve là ! C'est quoi c'délire ? Y en a combien à venir ? J'fais quoi ? Je jette l'oeuf où j'enlève mon dentier ?

En excellente détective que je suis (ah, vous ne saviez pas ?) j'ai voulu en savoir plus sur la fameuse histoire des coquilles et le post très en colère d'amandameyre...
Vous aussi vous voulez savoir, alors dites merci et suivez bien...

D'abord, il faut repartir au début du début. Et ce début initial (pardon pour le pléonasme) c'est le livre de Nathalie Cachin "Les trophées de Constance & autres objets de désir".

Livre qui a été chroniqué, discuté par une bloggeuse Laure qui a eu l'outrecuidance de relever quelques coquilles. 5 ou 6. Elle n'a d'ailleurs et très justement pas appelé cela des coquilles mais des fautes d'orthographes.

Voilà que déboule l'éditeur...
Qui lui décide, plus chastement, d'appeler cela des coquilles.

"Qu'est-ce que c'est que ces histoires de coquilles ! Donnez des exemples, je vous prie. Un peu facile le procédé. Et qui me dit que ce n'est pas vous qui les commettez ces fautes !Alors j'attends vos exemples.Et ne venez pas me dire que vous êtes correctrice et que vous cherchez du boulot. J'oubliais : je suis l'éditeur...
Dominique-Emmanuel Blanchard (Tél : 05.56.20.19.21)"

Déjà, mauvais plan le type est alzheimer... Il a failli ne pas se souvenir pourquoi il était venu poster un commentaire !
Un comble pour un type qui a édité : "Alzheimer : vous avez dit démence ?" Editions Le Bord De L'eau.
Laure, docile (qui a du comprendre que ce pôv monsieur avait quelques trous de mémoire), lui étale les fameuses coquilles :

"p. 32 : Je lui ai dis oui. … et je lui ai dis oui.
p. 59 : des minutes de gagner
p. 84 : Je me promène près (?) chez lui
p. 120 : surtout y p (?)endre goût " Les jardins d'Hélène

Mais l'éditeur mis en défaut adopte une technique bien connue : Injurier l'adversaire (c'est une super idée d'A. Schopenhauer... Voir la technique ici). Il file chez Cunéiforme et lâche un p'tit commentaire sympathique :

"On se la joue un peu non, dans le coin ! Critiques ratés en mal de job...Pitoyable. "
Dominique-Emmanuel Blanchard

Du coup, Laure décide de stopper son blog...

Alors je dis MAIS CA VA PAS LA TETE ???

Mais oui mais oui... on se la joue M'sieur Blanchard. Et pas qu'un peu. On se la joue à fond ! Pourquoi faire les choses à moitié, hein ?
C'est quoi un critique pas raté ? Un joli Beigbeder ? Fils hybride de la pub et du marketing ?

La seule différence entre vous et nous, c'est que nous n'attendons rien d'eux ! Alors que vous... mais vous le savez n'est-ce pas ?

Paraitrait même que la flagornerie est un peu douloureuse, au début seulement...

Comment ça je caricature ??? Moaaa ??? Nan ! Pas plus que vous !!!

J'ai vu que vous aviez une liste totalement hallucinante d'amis sur Facebook ! J'en conclus que je n'ai pas grand-chose à vous apprendre. Un peu de modestie peut-être ? D'empathie ? De sympathie ? Un p'tit quelque chose quoi !

Parlons peu parlons sérieux : vous en avez vous des jobs à nous proposer ? Parce que les temps sont durs, notre pouvoir d'achat s'est fait la malle donc si vous avez une idée, je transmettrai à ceux qui sont concernés, c'est à dire nous !

D'avance mercis

Oups... coquille ou faute ?


***
J'ai déroulé le début de cette histoire, je vais donc vous en donner la fin :
Réponse de Dominique-Emmanuel Blanchard à ce billet :
"Je suis désolé que cela prenne cette ampleur, et je veux ici présenter mes excuses à Laure ainsi qu'à toutes celles et tous ceux que j'ai pu blesser. Je ne voulais pas cela. Il me semblait qu'il ne s'agissait de ma part que d'un accès de mauvaise humeur. Simplement, il m'arrive de trouver des coquilles aussi bien chez Gallimard que chez Flammarion, et lorsque je "critique" un livre je ne juge pas opportun d'insister là-dessus. Donc, veuillez accepter toutes mes excuses. Dès que l'on me dit que je fais mal, j'arrête et je bats ma coulpe.Je le fais ici.Une nouvelle fois, Laure, je vous demande pardon."
Et ma réponse à sa réponse (ben oui comment dire autrement ?) :
"Et bien je vais vous dire une chose cher Monsieur, vous n'avez pas besoin de mes leçons tout compte fait ! Car quelqu'un capable de s'excuser et de reconnaître ses torts est forcément quelqu'un de bien ! Vous possédez une qualité qui vaut beaucoup : la capacité de se remettre en question.Je considère donc cette histoire totalement close et vous remercie de nous avoir cloué le bec :))"
Ca ne s'appelle pas une happy end ?

 

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