Décrire par le menu ses multiples expériences sexuelles, le summum de l'exhibitionnisme, reste pour moi extrêmement narcissique. Et un tel narcissisme me laisse... pantoise ! Ah non ça je l'ai déjà dit !
Me laisse... ébahie !
Évidemment, on pourrait me rétorquer que ma "pudibonderie" ne m'honore pas. Soit ! Mais ce ne sont pas les expériences sexuelles de Catherine Millet qui me laissent... stupéfaite, c'est son envie (besoin ?) de le dire (de le faire savoir ?).
Dans l'interview du 24 juin 2011 donnée à Rue89, Catherine Millet a renouvelé l'incroyable expérience qui consiste à me faire tomber la mâchoire !
Interview qui a d'ailleurs donné matière à de véritables emportements sur la toile puisque Catherine Millet y déclarait sereinement :
"Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol.Une agression, c'est toujours traumatisant, bien sûr si le viol s'est fait avec violence, si vous risquez de perdre votre intégrité physique. Mais s'il n'y a pas eu ce genre d'agression, de menaces avec une arme, de coups, c'est un traumatisme qu'on peut surpasser comme n'importe quelle violence ordinaire."
Une question m'a traversé l'esprit : Un viol sans agression physique du corps que l'on viole, ça existe ? Un viol avec consentement de la femme alors ?! Bigre ! Mais si ce viol sans agression, sans menace, limite avec la permission (implicite bien sûr !) de la personne violée existe, en quoi est-ce une violence ordinaire ?
Je dois donc en conclure que Catherine Millet fait une distinction entre : un viol violent ET un viol violent ordinaire.
Et bien comme dirait l'autre : définissez "ordinaire" ?...
"Je pense que s'il m'était arrivé de me voir imposer un acte sexuel - et après tout, ça m'est peut-être arrivé, et j'ai oublié -, j'aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m'en serais tirée en me disant que c'était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. Je ne me serais pas sentie atteinte. Ma personne ne se confond pas avec mon corps."
Alors là quand même, ça vaut se pesant de cacahuètes !
Catherine Millet a peut-être été violée, elle ne sait plus ! C'est bien la première fois que j'entends une femme tenir ce genre de propos ! Et la comparaison entre un viol et la perte d'un oeil ou d'une jambe est juste... hallucinante ! Catherine mélange tout : l'atteinte psychologique et l'atteinte physique ce qui démontre à ce niveau là, un réel problème de hiérarchisation dans la pensée et les réflexions. Et alors même que j'imaginais que ses relations sexuelles comportaient un socle conceptuel original je réalise que Catherine nous a narré quelque chose de bien basique en définitive : la prostitution gratuite.
Elle décrit d'ailleurs le rapport sexuel forcé comme une prostituée décrit le rapport sexuel tout court. On dichotomise son corps et son esprit, et on attend que ça se passe.
Alors quand Catherine Millet déclare qu'elle n'a jamais été violée (enfin... du peu qu'elle se souvienne) mais qu'elle espère "que cela ne m'interdit pas d'avoir une opinion sur la question ! " je dois l'informer qu'il serait intéressant qu'elle réfléchisse vraiment à la chose avant d'avoir une opinion.
Catherine Millet vit désormais dans un monde à part, elle ne sait plus très bien si notre société actuelle est plus libérée ou moins libérée sexuellement qu'avant. Un coup c'est oui et puis finalement non. Pas facile de sentir l'air du temps quand on respire un air confiné :
"Question : Qu'est-ce qui a changé depuis dans la perception du sexe en France ?
Réponse : Un puritanisme revendicatif s'est répandu. En 2001, mon livre avait déclenché des polémiques, mais le public lui avait fait un succès. Est-ce que ce serait possible aujourd'hui ?
Comme d'autres de ma génération, je sens une régression dans la société sur tout ce qui touche à la sexualité. Même Libé titre en une que la France est en retard dans la condamnation du harcèlement sexuel !"
Bon là c'est clair, Catherine parle de régression sur tout ce qui touche à la sexualité.
(Sans manquer de brandir Libération, Saint Patron de ceux qui ont raison ?)
Mais plus tard :
"Question : Pourtant, on assiste à une judiciarisation du sexuel.
Réponse : Les gens qui ne partagent pas mon point de vue libéral sur le sexe peuvent se sentir plus agressés que jamais par ce qui leur apparaît comme une libération sexuelle générale de la société. [...] On voit des corps nus dans les musées d'art contemporain ou au cinéma, il y a une libéralisation générale de la société, beaucoup moins de censure d'Etat… Et les réactions de ceux qui ne sont pas d'accord sont de plus en plus vives."
Et encore : "Mon sentiment (je le dis avec des pincettes), c'est que les mentalités sont plus ouvertes qu'avant [...]"
Bon alors finalement il y a une libéralisation générale de la société avec une ouverture des mentalités
Alors ça régresse ou ça régresse pas ? Pas facile de suivre Catherine...
"Question : Vous écrivez pourtant sur le contact du sperme, la « souillure », être remplie de sperme, c'est une pratique qui a disparu.
Réponse : C'est vrai, je n'y avais jamais pensé. Cette fameuse image, tellement cliché, du type qui éjacule sur la figure de sa partenaire."
Bon alors là Catherine me troue la lettre Q ! Elle détient un pouvoir digne de "passe-murailles" : elle voit ce qui se passe dans les chambres à coucher françaises ! La "souillure" (quel drôle de terme !) a disparu des rapports sexuels ! Si ça c'est pas du don !Réponse : C'est vrai, je n'y avais jamais pensé. Cette fameuse image, tellement cliché, du type qui éjacule sur la figure de sa partenaire."
"Réponse : La liberté sexuelle passe par cette acceptation de toutes ces matières, ces humeurs, ces salissures ? Par l'acceptation que certains puissent en avoir le goût, oui ! Cette généralisation de la représentation du sexe dans les magazines, c'est au contraire du sexe très propre."
J'en conviens, j'en conviens... Publier des photos de scatophilie, d'urophilie, d'émétophilie ou de ménophilie dans des magazines pour dire : Voilà, le sexe, c'est ça aussi ! Open your mind que diable !
Mais pour être encore plus large que Catherine, pourquoi ne pas présenter dans les magazines culinaires des mets à bases d'humeurs également ? Pourquoi se limiter à faire valser les "différences" sexuelles ? Pourquoi pas les "différences" tout court ? Je vois les choses sur une échelle beaucoup plus large ! Pourquoi une telle restriction ? C'est mesquin tout de même !
Mais pour être encore plus large que Catherine, pourquoi ne pas présenter dans les magazines culinaires des mets à bases d'humeurs également ? Pourquoi se limiter à faire valser les "différences" sexuelles ? Pourquoi pas les "différences" tout court ? Je vois les choses sur une échelle beaucoup plus large ! Pourquoi une telle restriction ? C'est mesquin tout de même !
Et puis, et puis... Catherine vieillit... Et là c'est le drame. Le drame de la "normalité" rampante, du conformisme qui balaye les plus grandes extravagances.
Attention au choc : Catherine met des maillots de bain 1 pièce sur la plage !
Oui vous avez bien lu ! DES MAILLOTS UNE SEULE PIÈCE ! Des maillots qui couvrent les seins, le ventre et le pubis !!!
Oui vous avez bien lu ! DES MAILLOTS UNE SEULE PIÈCE ! Des maillots qui couvrent les seins, le ventre et le pubis !!!
"Question : Il y a le sujet de la nudité. Dans « La vie sexuelle… », vous dites qu'en étant nue, vous vous sentez bien. La nudité en vieillissant, comment fait-on ?
Réponse : Mon réflexe naturel, c'est plus de pudeur. Sur une plage, avant, j'étais complètement à poil. Je ne fréquentais que des plages où on pouvait être nus. Maintenant je mets un maillot une pièce. Est-ce qu'en faisant cela, je me soumets aux canons de la beauté qui valorisent les corps jeunes même si après tout, mon corps de 60 ans n'est pas forcément plus moche ? J'ai sans doute intériorisé cela oui."
Re la mâchoire inférieure qui s'effondre ! Catherine ne conçoit la liberté du corps qu'en fonction du standard médiatique admis de ce corps !!!
Si ça c'est pas du scoop, je ne sais pas ce qu'il vous faut ! Catherine aimait exhiber son corps, le prêter, le "libérer" mais à condition d'être bien gaulée ! Sinon, on range le matos et on le planque !
"J'intériorise le regard des autres, ils vont se demander ce que fait cette femme d'un certain âge nue sur cette plage. C'est une prévention mais je ne considère pas que mon corps soit une horreur, et il y a encore au moins un homme devant lequel je le mets nu, sans honte, et même avec plaisir.
Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un objet extérieur à moi. Plus le temps passe et plus c'est vrai. Je l'habille davantage sur une plage, mais c'est parce que je ne veux pas avoir l'air provocante en exhibant un corps qui n'est pas parfait."
Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un objet extérieur à moi. Plus le temps passe et plus c'est vrai. Je l'habille davantage sur une plage, mais c'est parce que je ne veux pas avoir l'air provocante en exhibant un corps qui n'est pas parfait."
Alors vous suivez ? Exhiber un corps qui n'est pas parfait, c'est de la provocation.
Mais exhiber un corps parfait c'est... c'est quoi alors ? Ah oui ! Du narcissisme.
Bon en même temps je vous mentirais si je vous disais que ça me surprend !
J'ai toujours vu chez Catherine Millet plus de narcissisme et de "Désirez-moi, ça me fait exister!" que de liberté. Mais je trouve cela triste et pitoyable. J'aurais aimé qu'elle soit vraiment libre, que sa chair soit fraiche et ferme ou qu'elle soit usée et ridée car la liberté c'est quelque chose de bien plus grandiose. La liberté n'est pas circonscrite aux plis qui marquent l'abdomen, aux chairs distendues qui ne dessinent plus les mêmes contours, les naturistes ne me contrediront pas.
Catherine Millet se trompe quand elle prétend que son corps lui est extérieur. Il ne l'a sans doute même jamais été. Ce corps, c'était elle. Son identité. Tant qu'il était beau, elle était belle, elle était fière de lui. Elle l'offrait comme un divin cadeau preuve de sa grande générosité. Et maintenant quoi ? Elle en a honte, elle le cache, elle se cache. Elle ne veut plus qu'il affronte le regard des autres car il n'est tellement pas extérieur à elle, que le fait qu'il puisse inspirer le dégoût la frappe en plein cœur. Il est donc directement relié à sa psychée.
Comble de la tristesse : "Ce qui change aussi, c'est qu'on arrive à un âge où on se concentre plus sur le travail à faire que sur le libertinage." Les corps usés se rangent au placard. Ce qu'ils renvoient pourrait meurtrir.
Le sexe, apanage de la jeunesse ?
Quelle triste destin...
Explication du texte avec yetiblog Suivre @CogitoRebello
6 commentaires à lire:
Ce que vous écrivez m'a toujours semblé une évidence, relativement à Catherine Millet, phénomène de mode, qui a fait de son Q ses choux gras. Vu à la télé (dommage de voir des films à la télé mais on n'a pas toujours le choix) l'excellent film de Joachim Lafosse : "Elève libre", dans lequel des discours habiles sont savamment manipulateurs...
jeudi, 07 juillet, 2011@ Anonyme : Je n'ai pas vu de manipulation chez Catherine Millet.
samedi, 09 juillet, 2011A mon sens, elle croit très sincèrement être libre (enfin "avoir été libre" puisque maintenant elle ne l'est plus). Personne ne l'a influencée. Elle a confondu liberté et besoin narcissique d'être désirée. C'est plutôt cette confusion ou cette totale tromperie sur le concept de liberté qui me heurte.
Adhérer au "way of life" de quelqu'un qui ne fait que réparer ou soigner son Ego en pensant s'ouvrir à de nouveaux horizons me dérange. Avoir suggéré que C. Millet était libre me parait avoir été une totale aberration. Confondre névrose et liberté peut donner lieu à de vraies catastrophes.
C'est pour moi une espèce de tromperie sur la marchandise...
à Bon sens ne saurait mentir : oui, cette analyse est pertinente. Mais, si j'ai parlé de manipulation, c'est qu'il y avait là, tout de même, un fond de commerce... Signé : mambomamba
dimanche, 10 juillet, 2011mambomamba a oublié de dire ceci à Bon Sens ne saurait mentir : son commentaire ne se termine-t-il pas par le mot "marchandise"?
dimanche, 10 juillet, 2011@ mambomamba : Exact ! Mais je pense que c'est un bénéfice secondaire ;)
dimanche, 10 juillet, 2011Il y a quelques années, François Petit du Portofino.ca a fait affaire avec d’autres personnes (certains individus en prison maintenant) pour intimider une personne très honnête en le menaçant par les Hells Angels après son travail. Les Hells Angels ont sorti leurs mitraillettes par la fenêtre sans raison apparente.
mercredi, 02 octobre, 2013Un moyen malade et continuer de lui baiser la poche (il est bisexuel). Yves Moreau est sa petite gouine. En passant ils connaissent : Pascal et Patrice Saint-Pierre dans un asile de fous à Montréal. Les deux malades mentaux qui ont changé le showbiz Québécois malhonnête à encore plus malhonnête.
Moreau est un chef de restaurant : hypocrite, pervers narcissique, obsédé du sexe, visage à deux faces, qui crache sur ses semblables et qui pense seulement à sa petite caquette (Scoreland), une âme moralisatrice dans les bibliothèques des écoles secondaires.
En terminant passe ton poignet et après passe la rondelle d’une équipe pro qui existeras jamais.
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