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No brain... No pain

Nos amis les ricains

Ils sont devenus fous !

dimanche 10 octobre 2010

 HALTE AUX LIVRES-THÉRAPIES !!!

Je n'en peux plus !
L'histoire du père de machin, l'histoire du frère de machin, l'histoire de machin ! ASSEZ !
Le père violeur, la mère absente, le père disparu, le frère machiavélique, l'enfant partit trop tôt, la grand-mère éblouissante, la mère si bonne, la sœur qu'on jalousait ! ASSEZ !
Je n'en peux plus !
Les éditeurs ont totalement perdu la boule ! Ils s'échinent à éditer puis à promouvoir le "journal intime", le "livre des souvenirs" de gens connus ou pas et tout le monde sans sourciller appelle cela des "romans", des "livres" !
Où sont les écrivains qui offrent à leurs lecteurs un roman sorti de leur IMAGINAIRE !!!
Où sont les conteurs ?

Pitié ! Pitié, vous qui vous apprêtez à raconter votre histoire : ON S'EN FOUT !
La seule qui a réussi à raconter sa vie par le menu tout en passionnant des millions de lectrices et de lecteurs (et oui !) c'est Martine (de Gilbert Delahaye) ! Mais y avait de très belles illustrations...(de Marcel Marlier).

Les gens qui lisent veulent RÊVER, S'ÉVADER ! JK Rowling ne me contredira pas... Alexandre Dumas non plus !
La tendance à se raconter, à tout raconter (de la première tétée à la dernière diarrhée) est telle que chez Calmann-Lévy qui faisait déjà fort dans ce type de lecture dégoulinante et inintéressante, figurez-vous que René Guitton qui désirait savoir si l'actrice Astrid Veillon avait des idées de second roman (après l'inoubliable "Pourras-tu me pardonner ?" paru chez Plon en 2008 - question à laquelle je réponds "Je ne crois pas"), bref, René Guitton (cela dit en passant vous noterez que même René se demande si Astrid Veillon, promotionnée auteur, a une quelconque idée du second roman qu'elle aimerait écrire. Pas du 10ème roman... Non ! Dès le 2nd  déjà il pose la question !)
BREF, René Guitton apprenant qu'Astrid Veillon tient un journal de bord de sa grossesse n'hésite pas et lui lance : "Banco !".
BANCO ?
Oui Banco ! Le 2nd "roman" sera le journal de bord des 9 neuf mois de grossesse d'Astrid Veillon !

Ehhhhhhhhhhhhh ! RENÉ ? T'as perdu la boule ?
Parce que le truc dingue c'est qu'il l'a fait !!! Il a osé, René, éditer pour de vrai les 9 mois de grossesse d'Astrid Veillon avec une sortie pour octobre 2010 ! Pour 16 € !
Quand on pense que "24h dans la vie d'une femme" de Stefan Zweig coute 4€... 4 fois moins cher ! 270 fois plus court, et sans comparaison aucune pour le talent.

René ? Eh Oh ? René !? On s'en tape René !
Mais quel éditeur, sobre et contrôlé négatif à toute substance psychoactive, peut imaginer que la grossesse d'Astrid Veillon mérite de devenir un livre ???
Le pire c'est que René à l'air très sérieux dans la vie ! Il a même un joli site !
Je n'y comprends plus rien... C'est la Bérézina à Paris.
Attention, la liquéfaction de cerveau guette ! Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas  :

15 commentaires à lire:

Magda Dhainaut a dit…

Dr René and Mr Guitton ?
C'est la basura qui intéresse le peuple. Pas la conscience.
René fait bouillir la marmite avec ce qui marche. Scoop: c'est dans l'air du temps.
Un internaute, pour qui je corrigeais une nouvelle (pétrie de fautes), m'a répondu
"On n'et plu au moyen age".
Versons une larme sur feue la qualité.

lundi, 11 octobre, 2010
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Magda : Tout à fait Dr René et Mr Guitton ! (merde j'aurais bien aimé la trouver celle-ci !)
Je veux bien beaucoup de choses... même les histoires de Pierre Bellemare (je me dis souvent "si cela fait lire des gens qui ne lisent jamais") mais là... ah non, là, je n'en peux plus !

J'ai l'impression que tous les écrivains se jettent sur des pages blanches et nous livrent leur enfance ou leur vie tel le gros caca que les bébés offrent à leur maman quand ils daignent enfin aller sur le pot !

Je suis même prête à mettre la forme de côté pourvu qu'enfin un roman ait du fond !

C'était mon coup de gueule de début octobre :)

lundi, 11 octobre, 2010
Zoë Lucider a dit…

Vous, je sens que vous appréciez moyennement Mâme Angot. Si ? Alors je ne comprendrais pas

lundi, 11 octobre, 2010
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Zoé lucider : Bien vu ! Je n'apprécie pas du tout Mme Angot.
Voilà une femme qui n'a absolument rien à écrire car elle n'a pas la moindre imagination en dehors de ce qui touche à sa petite personne : c'est dire la pauvreté d'excentration dont elle est capable.
Rien ne lui traverse l'esprit mis à part quelques digressions sur sa vie !
Voilà la vraie sécheresse intellectuelle.

Elle fait partie de ses écrivain(e)s qui s'imaginent - bouffi(e)s par leur Ego surdimensionné - que les péripéties de leurs orifices ont un intérêt majeur pour l'ensemble de la population.

Dans 50 ans, qui se souviendra de cette femme qui racontait par le menu le détail de sa pauvre vie ?
Dans 2 générations plus aucun lecteur n'aura à faire de ses soucis personnels qui ne sont même pas insérés dans l'Histoire avec un H majuscule.
N'est pas Chateaubriand qui veut !

Angot est affligeante... Et je refuse de lui servir de divan.

:)

mardi, 12 octobre, 2010
Cynthia a dit…

Il est vrai que nous sommes envahis par les récits de vie à l'intérêt plus que relatif. J'ai l'impression que la littérature française excelle particulièrement dans ce genre-là. En même temps, si le phénomène prend de plus en plus d'ampleur, c'est qu'il y a un public demandeur, chose qui ne m'étonne pas tellement étant donné que nous surfons de plus en plus sur une vague de voyeurisme.
Il suffit de penser au succès de la télé-réalité pour s'en rendre compte : les gens veulent ce qu'ils pensent être de l'"authentique".
Astrid Veillon se serait laissée filmer tous les jours pendant ses 9 mois de grossesse, les gens l'auraient suivie. Nous en sommes là :/
La difficulté qui se pose lorsqu'on rédige un roman intimiste tient à ce que l'écrivain réussisse à doter son expérience personnelle d'une dimension universelle.
Cela implique de sortir de son champ personnel et ça, bah peu d'écrivains y arrivent.

mercredi, 13 octobre, 2010
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Cynthia : Très juste analyse...

A quand les biographies de gens anonymes qui n'ont rien d'autres à raconter que leur vie ?
Ça serait rigolo : "Une vie, un destin : Robert, livreur de pizza".
:)

mercredi, 13 octobre, 2010
Cynthia a dit…

Bah il y a déjà les tribulations d'une caissière (que j'ai dans mes tablettes j'avoue) et les aventures de Ron l'infirmier (lues et bien aimées, double aveu). Les prêtres commencent à s'y mettre (et moi qui pensais que les confessions étaient réservées à Dieu, j'ai encore rien compris)alors pourquoi pas les livreurs de pizzas? ;)

mercredi, 13 octobre, 2010
Sidonie a dit…

Mon commentaire risque de dater.... je viens seulement de découvrir le site. Ce que vous dénoncez dans l'article, j'ai appelé ça, depuis un bon bout de temps : "regardez mes entrailles, comme elles sont jolies!"

lundi, 11 juillet, 2011
Sidonie a dit…

Cela dit, les écrivains, au fond, ne parlent jamais que d'eux-mêmes... Voyez Faulkner et le "deep South", Virginia Woolf et son cercle familial et intellectuel, Modiano et son enfance, etc... Seulement voilà, eux ne cherchent pas à se raconter, la vraie question est le choix du "comment"...et c'est ce "comment" qui transforme et transcende ce qu'ils ont à nous dire...

lundi, 11 juillet, 2011
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Sidonie : Ici rien ne date ! Nous sommes dans un espace/temps très relatif :)
Absolument d'accord sur ce "comment" !
Un "comment" qui décide de s'excentrer c'est déjà un bon début, non ?
;)

lundi, 11 juillet, 2011
Sidonie a dit…

L'orage a beau gronder autour de ma maison, décidément, je reviens car la question me taraude, peut-être est-elle celle à laquelle je réfléchis le plus souvent.... Et pour cela, je vais devoir vous assommer d'une expérience littéraire que, jusqu'à maintenant, je n'ai jamais racontée par écrit....
D'abord, ne crachons pas sur les mauvais livres : ils présentent au moins cet intérêt, à petites doses, de nous montrer ce qu'il ne faut pas faire... Quand nous baillons d'ennui, quand nous commençons à lire les pages en diagonale, la messe est dite. C'est une meilleure leçon que celle des ateliers d'écriture. D'ailleurs, comme il est dit dans un commentaire précédent : si cela fait lire des gens qui, sans ces livres-là, ne liraient jamais... la question mérite d'être posée.
Il y a de cela un certain nombre d'années, un jury me fit l'honneur de me choisir comme future....jurée du Livre Inter. Ma lettre de motivation avait été tirée de 4830 autres, je n'étais pas peu fière. Et cependant, je ne crois guère aux prix littéraires : Tristan Egolf et son Seigneur des Porcheries refusé par soixante treize éditeurs américains fut (provisoirement) sauvé par... Modiano qui l'introduisit chez Gallimard.... La Conjuration des Imbéciles (John Kennedy Toole), dont l'auteur se suicida par désespoir de devenir jamais écrivain, finit par obtenir le prix Pulitzer grâce à l'obstination d'une maman qui, seule, avait cru en son fils... Le livre avait été refusé par une trentaine d'éditeurs, si je ne me trompe. (je continue dans le prochain commentaire, mon texte est trop long).

lundi, 11 juillet, 2011
Sidonie a dit…

Non, je ne crois pas du tout aux prix quels qu'ils soient : le lauréat Inter de l'année précédente avait pondu un gros livre dont je n'avais pas pu dépasser les cinquante premières pages... Et cependant, pour participer à une expérience qui au fond m'amusait, sachant que j'allais devoir me farcir le coupable en tant que co-jurée, très consciencieusement, je m'accrochai audit livre, ce fut un véritable pensum.....
Rien à redire sur l'accueil réservé aux jurés, petits fours, champagne, chambre d'hôtel parfaits, ce n'est pas la question. D'ailleurs, les représentants de France Inter n'exercèrent aucune pression.
Cette année-là, le Président du jury était un écrivain de renom. Nous les petits jurés obscurs avions eu pour tâche de lire attentivement une douzaine de livres...parmi lesquels certains étaient les exemples types de ce que vous dénoncez plus haut : la mode avait commencé. Un premier tour de table fut donné, chacun devant s'exprimer sur ses impressions en vrac. Je ne cachai pas que j'en avais assez des livres-déballages, que j'avais fait un premier tri entre ceux-là et les autres : le Président me fusilla du regard. Pour sa part, il « poussait » un de ses amis personnels, lequel, disait-il, avait mené de courageux combats.... Pour moi, ce n'était pas une raison. L'auteur en question avait produit une très mauvaise resucée des livres de Chester Himes. N'est pas Chester Himes qui veut..... Une dame, fort diplômée, fière de ses nombreuses relations internationales, penchait pour un autre livre parce que, disait-elle : « on dirait un Vermeer ». Je dis alors que si un livre devait être l'équivalent d'un tableau, c'est qu'il n'était pas un bon livre. Pour moi, qui ai commis quelques études historiques, le livre était une compilation d'archives, j'avais l'impression de replonger dans mes études...... A la rigueur, le Président, ma foi, n'avait rien contre l'avis de la dame.
Je vais devoir écourter : je me battis comme une diablesse, rameutai mes voisins de table, pour qu'enfin, au troisième tour, sortît un nom du chapeau....au grand dam du Président. Là encore, je n'étais pas peu fière. Surtout quand j'appris la réaction du lauréat après le coup de téléphone lui annonçant son succès et l'obligation de se présenter à Paris le lendemain matin : et bien, dit-il, il va falloir trouver l'argent pour le billet d'avion.....
Voilà. Je viens de me rendre coupable, moi aussi, de ma toute petite histoire.....

lundi, 11 juillet, 2011
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Sidonie : Merci beaucoup d'avoir partagé cette expérience :)
C'est toujours très intéressant d'entrer dans la coulisse du monde littéraire.
Je pense qu'écrire sur ses "courageux combats" c'est tout simplement vouloir écrire alors que l'on n'a pas d'imagination. Après tout, why not. Je pense que sur 50 personnes qui manquent d'imagination et se mettent à raconter leur propre vie, moins de 5 le feront avec un réel talent d'écriture, un talent capable d'embarquer le lecteur.
Moi je crois au roman de pure invention. J'ai en tête Barjavel par exemple. Voilà, pour moi c'est ça un écrivain. C'est une personne qui invente des histoires, ça permet de mettre le paquet sur le fond et de moins s'attarder sur la forme. Mais si le fond est très léger, la seule alternative c'est de blinder la forme pour que cela ressemble à un livre et pas à un journal intime. Et puis il y a les magiciens, ceux qui ont une imagination galopante et une écriture fantastique. J'en ai beaucoup parlé ici, Chevillard, Dubois entre autres.
Mais mon point de vue est très réducteur parce que c'est MON point de vue ;)

mercredi, 13 juillet, 2011
Sammy a dit…

Salut !

Le drame n'est pas que l'on édite ce genre de textes, mais qu'il se trouve des gens pour les acheter... De toute façon, depuis qu'il y a des "people" et des éditeurs, il y a toujours des livres publiés par les second pour raconter la vie des premiers, ou alors pour rebondir sur le dernier fait divers sordide en date. Mais que retient la postérité ? Faulkner ou la grossesse de Mme Veillon ?

mercredi, 02 novembre, 2011
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Sammy : Tout à fait juste.
Sauf que cela m'agace à un point... Cela m'agace ou cela m'atterre ? Je ne sais même plus.
;)

vendredi, 04 novembre, 2011

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