Beaucoup ont entendu parlé du dernier livre de Michel Onfray : "le Crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne"
Livre où papy Freud est rudoyé, malmené, accusé des pires maux pour être finalement évacué par la chasse d'eau des WC. Adieu Sigmund, le glas vient de sonner !
Sauf que, on peut se demander en tout premier lieu, comment Onfray s'est-il brutalement autoproclamé historien des sciences ?! En effet, il est docteur en Philosophie politique et juridique ! Rien à voir !
Mais inutile de se poser des tonnes de questions car Madame Roudinesco lui a mis une raclée... mais une raclée, je ne vous dis que ça !!! ... intellectuelle s'entend et c'est bien plus douloureux !
Elle l'a littéralement pulvérisé ! Il ne restera du bouquin d'Onfray que des confettis ! Le type aurait mieux fait de passer son temps sur un transat à siroter des Piña Colada !
[Au vu des ventes recensées le 29 avril, je retire cette dernière phrase. M. Onfray a vendu 13 000 livres en une semaine, donc à la réflexion, ramasser un paquet d'euros avec de fausses vraies révélations, des affirmations truffées d'erreurs, un emberlificotage des dates et une recherche à moindre coût, c'est plutôt futé ! Avis aux futurs chercheurs de trésors, d'autres icônes restent à flinguer : Karl Marx, Albert Einstein, etc... ]
( A lire également : le coup de sang de Catherine David. )
En intégralité sur Bibliobs : Par Elisabeth Roudinesco
"Dans un brûlot truffé d'erreurs et traversé de rumeurs, à paraître le 21 avril chez Grasset sous le titre « le Crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne », Michel Onfray, qui n'est pas historien et ignore tout des travaux produits depuis quarante ans par les véritables historiens de Freud et de la psychanalyse (des dizaines d'essais dans le monde, dont les principaux sont traduits en français), se présente pourtant comme le premier biographe de Freud capable de décrypter des légendes dorées déjà invalidées depuis des décennies. Se transformant en affabulateur découvrant des vérités occultes qui auraient été dissimulées par la société occidentale - elle-même dominée par la dictature freudienne et par ses milices - il traite les Juifs, inventeurs d'un monothéisme mortifère, de précurseurs des régimes totalitaires, Freud de tyran de toutes les femmes de sa maisonnée et d'abuseur sexuel pervers de sa belle-sœur: homophobe, phallocrate, faussaire, avide d'argent, faisant payer ses séances d'analyse 450 euros.
Il décrit le savant viennois comme un admirateur de Mussolini, complice du régime hitlérien (par sa théorisation de la pulsion de mort) et fait de la psychanalyse une science fasciste fondée sur l'adéquation du bourreau et de la victime. Tout en se déclarant proudhonien et parfois freudo-marxiste, il réhabilite le discours de l'extrême-droite française (Debray-Ritzen et Bénesteau, notamment) avec lequel il entretient une réelle connivence. De telles positions vont bien au-delà d'un simple débat sur Freud et la psychanalyse. Car à force d'inventer des faits qui n'existent pas et de fabriquer des révélations qui n'en sont pas, l'auteur de ce brûlot hâtif et brouillon favorise la prolifération des rumeurs les plus extravagantes : c'est ainsi que des médias ont déjà annoncé que Freud avait séjourné à Berlin durant l'entre-deux-guerres, qu'il avait été le médecin d'Hitler et de Göring, l'ami personnel de Mussolini et un formidable violeur de femmes.
Quand on sait que huit millions de personnes en France sont traités par des thérapies qui dérivent de la psychanalyse, on voit bien qu'il y a dans un tel livre et dans les propos tenus par l'auteur une volonté de nuire qui ne pourra, à terme, que soulever l'indignation de tous ceux qui - psychiatres, psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes - apportent une aide indispensable à une population saisie autant par la misère économique - les enfants en détresse, les fous, les immigrés, les pauvres - que par une souffrance psychique largement mise en évidence par tous les collectifs de spécialistes.
[...]
Négligeant les ouvrages consacrés à Freud depuis quarante ans, Onfray se présente comme un historien sérieux, écrivant la première biographie non autorisée de Freud et laissant croire que ne sont aujourd'hui disponibles que celles d'Ernest Jones et de Peter Gay, parues, la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988. Il ne cite ni les travaux des historiens de Vienne (Schorske, Johnston, Le Rider, etc...), ni ceux consacrés à la question de la judéité de Freud (Yerushalmi, Yovel, Derrida, Gay, etc...), ni aucun des essais (des dizaines dans le monde, dont beaucoup sont traduits en français) concernant les différents aspects de la vie de Freud: on connaît aujourd'hui au jour le jour chaque événement de la vie de celui-ci et de celles de ses compagnons, disciples et dissidents. Onfray ne connaît rien à la vie de Josef Breuer, Wilhelm Fliess, Sandor Ferenczi, Otto Rank, Ernest Jones, Alfred Adler, Carl Gustav Jung, Melanie Klein, Marie Bonaparte, Lou Andreas-Salomé, Anna Freud (à propos de laquelle il cite une biographie erronée que plus personne ne lit). Pas un mot sur la question discutée de la sexualité féminine (de Helen Deutsch à Karen Horney en passant par Simone de Beauvoir, Juliet Mitchell, Judith Butler), ni sur l'histoire de la fondation de l'International Psychoanalytical Association (IPA), ni sur la révision des grands cas (à propos desquels il commet de lourdes bévues).
Quant à l'œuvre de Freud, traduite en 60 langues, Onfray dit en avoir pris connaissance pendant cinq mois (entre juin et décembre 2009) dans la traduction des PUF, celle qui est aujourd'hui la plus critiquée par l'ensemble des spécialistes. Il ne fait aucune référence au grand débat sur les traductions et n'a consulté aucune archive : ni à la Library of Congress (LOc) de Washington, ni au Freud Museum de Londres. Il ignore le monde anglophone, germanophone et latino-américain et ne connaît guère l'histoire de la psychanalyse en France.
Onfray cite l'ouvrage de Henri Ellenberger, «Histoire de la découverte de l'inconscient» paru en 1970 (en anglais) et traduit pour la première fois en français en 1974 et réédité en 1994. Il souligne qu'il s'agit là de la première grande révision de l'histoire officielle de Freud, ce qui est inexact puisqu'il oublie l'œuvre d'Ola Andersson («Freud avant Freud. La préhistoire de la psychanalyse» (1962), Les empêcheurs de penser en rond, 1997), antérieure à celle d'Ellenberger. En outre, comme il date la parution du livre d'Ellenberger de 1991, il fait donc débuter l'historiographie savante avec vingt ans de retard, tout en soulignant qu'elle est encore occultée aujourd'hui, alors même qu'elle est en pleine expansion et que les archives de la LOc, après les grandes batailles des années 1990, sont en train d'être déclassifiées selon les règles en vigueur.
Onfray se trompe également sur la date de parution du livre de Frank Sulloway, «Freud biologiste de l'esprit», publié en anglais en 1978 et deux fois édité en français (1981 et 1998, Fayard). Il croit donc qu'aucun travail non hagiographique n'existe à ce jour sur Freud, ce qui lui permet de se présenter comme le premier auteur à redresser des légendes dorées, déjà invalidées depuis trente ans. Il ne fait d'ailleurs aucune différence entre histoire pieuse, histoire officielle, pensée irrationnelle, historiographie fondée sur des légendes noires et des rumeurs (courant dit «révisionniste» ou, en anglais, «destructeur de Freud») et histoire savante. D'où un manichéisme absolu : d'un côté les «bons» anti-freudiens, de l'autre, les «mauvais» adeptes d'une affabulation.
Ignorant les travaux américains et ne connaissant Freud que par ce qu'il en a lu en français, Onfray se trompe également sur la date de parution de la correspondance non expurgée de Freud avec le médecin berlinois Wilhelm Fliess essentielle pour décrypter les modalités de l'invention de la psychanalyse et les hésitations et errances du premier Freud. Celle-ci est pourtant disponible en anglais, allemand, portugais, espagnol depuis 1986. Elle a été traduite pour la première fois en français en 2006, soit vingt ans plus tard, ce qui fait croire à Onfray qu'elle a été occultée jusqu'à nos jours.
N'étant formé à aucune tradition de recherche universitaire, n'ayant aucune idée de ce qu'est l'internationalisation de la recherche en histoire, Onfray néglige la réalité du travail historiographique qui se fait dans ce domaine depuis des décennies, mais il s'appuie sur ce qu'il considère comme le nec plus ultra de la recherche historique : «Le Livre noir de la psychanalyse» (Les Arènes, 2005), qui réunit une quarantaine de contributions. Si Freud y est traité d'escroc et de menteur, avide d'argent et incestueux par le courant historiographique révisionniste américain, les psychanalystes - français notamment - y sont accusés de complots et de contaminations diverses, les uns parce qu'ils auraient été défavorables à la vente de seringues pour les malades du sida - rumeur inventée de toutes pièces - et les autres parce que, adeptes de Françoise Dolto, morte en 1988, ils auraient favorisé après 2000 l'abaissement de l'autorité à l'école en idéalisant l'«enfant roi». Quant à Jacques Lacan, il est comparé à un gourou de secte, tandis que l'ensemble des associations psychanalytiques sont brocardées pour avoir été à l'origine d'un véritable goulag freudien: au moins dix mille morts en France. Aucune source ne vient étayer cette affirmation insensée.
Suivre @CogitoRebello
Retour sur le jeu Dead to Rights Retribution
Il y a 4 semaines

14 commentaires à lire:
Ah ben dis donc, merci beaucoup pour la pub.
lundi, 19 avril, 2010Quant Onfray, je crois qu'il aurait bien écrit un livre sur Botul, mais un autre de ses confrères lui avait déjà piqué l'idée.
J'ai beaucoup apprécié la contre-histoire de la philosophie qu'on peut entendre en semaine tous les étés sur France Culture (le soir vers 18 ou 19 heures). Je trouvais formidable cette idée de ne pas se fier à ce qu'on dit d'un texte, mais de le lire effectivement. Onfray a pour habitude de confronter la biographie d'un auteur et ses idées, ce qu'on peut défendre dans certains cas, dans d'autres moins.
mercredi, 21 avril, 2010En tout cas, j'ai pris l'enseignement d'Onfray à la lettre et je l'ai lu... Sa philosophie paraît intéressante au premier abord, mais on s'aperçoit rapidement qu'il est un spécialiste de la conclusion hâtive. Il n'y a qu'à lire "Féeries anatomiques" pour découvrir un amoncellement d'opinions simplistes sur des problèmes d'éthique médicale dont la complexité semble lui échapper complètement, et ça s'explique, vu qu'il n'est pas médecin. Je veux dire par là qu'il faut s'attendre à ce qu'il énonce des idées sur quelque chose dont il est loin de maîtriser toutes les nuances. Comment saisir correctement une problématique dans ces conditions?
Cependant, j'apprécie le côté iconoclaste de ce philosophe, ça permet souvent de se poser des questions, et sa pensée n'est pas dénuée d'intérêt, mais il faut savoir rester critique. C'est toujours plus vendeur d'annoncer la démolition de tel grand nom de l'histoire des idées que d'en pointer par un argumentaire développé la justesse en même temps que les limites.
@Mikael : Oui... Parait qu'un certain BHL (et non BHV... quoique dans les deux on trouve de tout !) s'est pris les pieds dans le tapis !
mercredi, 21 avril, 2010@tico : ouh laaa Tico ! Tu lis trop ! C'est mauvais pour la santé ! Mais c'est bon pour mon blog !!!
mercredi, 21 avril, 2010Merci pour cet éclairage :=)
A mon goût je ne lis pas assez... :-)
dimanche, 25 avril, 2010les feignantes bientôt chez pôle emploie va y continue allez Michel Onfray
dimanche, 02 mai, 2010@Anonyme : un de nous deux a bu un coup de trop ! Rien compris à votre commentaire !
dimanche, 02 mai, 2010Suite à la publication sur Mediapart du texte d'Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine?, consacré à une réfutation du livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Michel Onfray nous a adressé le texte suivant.
mardi, 17 août, 2010Roudinesco sur Onfray
Où l'on apprend ce qu'est la position du missionnaire...
Elisabeth Roudinesco a affirmé à un journaliste sidéré qu'elle allait créer une polémique planétaire contre moi, une polémique dont je ne me remettrai jamais! Tudieu! Quelle force de frappe! Quelle puissance pour une si petite dame qui croit pouvoir activer ses réseaux intergalactiques afin de pouvoir continuer à distiller son fiel, enseigner la légende, et puis, bien sûr, empocher les bénéfices de ce petit commerce (très) rentable... Pour ce faire, elle inonde internet d'un «communiqué d'Elisabeth Roudinesco» de dix-huit pages, celui qui fut envoyé à l'Agence France Presse (!), qui est un tissu d'insultes, de mensonges, de contre vérités qui la ridiculisent gravement plus qu'elles ne me nuisent. Elle a intitulé la chose: « Pourquoi tant de haine? (suite)». En effet: Pourquoi tant de haine?
Cette haine, on la cherchera en vain dans mon livre, on pourra également lire les entretiens, visionner les émissions de télévision, écouter mes conversations radiophoniques qui n'ont pas manqué avant même la parution du livre, sinon assister à mes séminaires de l'Université Populaire (où mon amie psychanalyste, Myriam Illouz, enseigne, à ma demande, la psychanalyse -car je crois, pour ma part, aux vertus de la saine confrontation, du dialogue intelligent pour que le public se fasse lui-même une idée juste) : on n'y trouvera aucune haine.
A moins d'estimer que célébrer les vertus de l'histoire contre la dangerosité de la légende ce soit manifester de la haine! Auquel cas, je ne peux rien faire et veux bien être traité de haineux par une femme qui fait de moi à longueur d'ondes, d'entretiens, de papiers, de discours, un nazi, un vichyste, un pétainiste, un compagnon de route des négationnistes, un révisionniste, un antisémite, un défenseur de l'idéologie de l'extrême droite française!
Dans ce «travail» de Madame Roudinesco qui met à jour toute l'épistémologie dont elle est capable, je me contenterai juste d'une remarque pour éviter de reprendre point par point ce chapelet d'insanités. Pas question en effet de répondre de manière circonstanciée et développée à cette phrase tellement ridicule qui prétend qu'avec Le crépuscule d'une idole, j'aurais fait de la psychanalyse «une science nazie et fasciste» (page 15)!
Pas question non plus de faire autre chose que rire à gorge déployée à la lecture de cette sottise crasse: parlant de Freud je l'aurais tellement admiré que je l'aurais lu dans «mon enfance» (quel talent!) en me masturbant (page 8) (quel autre talent!)...
Pas question de commenter le diagnostic digne d'un élève de terminale (après sa première leçon de psychanalyse dans son cours de philo...) concernant la «haine» (page 8) que j'aurais pour ma mère, une information prélevée dans La puissance d'exister un livre justement dédié... à ma mère!
Pas question de répondre à l'assertion que j'aurais lu Freud en cinq mois quand, dans la préface, je signale avoir commencé ma lecture en 1973 alors que, sans craindre la contradiction, elle prétend elle-même que son Mentor me servait à me tripoter dans les cabinets dans mon «enfance»...
La suite :
mardi, 17 août, 2010Pas question de montrer que ce livre, prétendument «dénué de sources et de notes bibliographiques» (page 2) comporte une bibliographie de vingt pages, interligne «un», soit plus de 50.000 signes, et de faire remarquer que les notes ne sont pas en bas de page, mais derrière chaque citation tant il y en a, (quatre ou cinq par pages en moyenne...) , ce que précise la seule note en bas de page de mon livre (page 37)!
Pas question de relever le mépris venu des beaux quartiers parisiens que ses honoraires lui permettent d'habiter contre moi qui suis tout juste un goy terroir «du bocage de Basse-Normandie» (page 7).
Pas question de tourner le couteau dans la plaie en relevant les passages dans lesquels Madame Roudinesco défend les pédophiles et la pédophilie (page 12) et attaque ceux qui l'attaquent -dont moi qui préfère me trouver de ce côté-là de la barrière que du sien, pour ça comme pour le reste....
Pas question de raviver le prurit en commentant cette assertion que j'aurais écrit «la première biographie non autorisée de Freud (en) laissant croire que ne sont aujourd'hui disponibles que celle d'Ernest Jones et de Peter Gay, parues la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988» (p.2) alors que je renvoie, pour le travail le plus récent, aux presque mille pages intitulées Si c'était Freud... de Gérard Huber paru en août 2009 -mention donnée dans la bibliographie (p.584). Par ailleurs, je n'ai nulle part dit qu'il s'agissait d'une «biographie non autorisée»!
Pas question de préciser que, concernant la correspondance de Freud avec Max Eitingon (dont Madame Roudinesco écrit: il «ne la cite pas puisqu'il ne connaît pas le détail de cette affaire», page 11) se trouve être précisément à la base des développements des deux chapitres intitulés «Salut respectueux de Freud aux dictateurs» et «Le surhomme freudien et la horde primitive» avec un détail de l'analyse des lettres échangées entre les deux hommes pp.549-550. Le livre que je ne connais donc pas est mentionné dans cette fameuse bibliographie qui n'existe pas non plus page 590! On y lira: «Sur la question politique, sur celle des relations entre psychanalyse et national-socialisme, quelques lettres à Eitingon constituent une mine, Correspondance (1906-1939), traduction d'Olivier Mannoni, Hachette, 2009. Egalement indispensable pour approcher la machinerie de l'institution psychanalytique»).
Pas question de montrer mes quartiers de noblesse de gauche (la chose est connue publiquement, la dame le signale elle-même dans ce même texte en me présentant, sans craindre le ridicule d'affirmer l'exact contraire de sa thèse, comme «un freudo-marxiste» (page 1) pour réfuter l'assertion selon laquelle je «réhabilite le discours de l'extrême droite française» (idem)!
Madame Roudinesco qui fut longtemps stalinienne au Parti Communiste français a gardé les tics d'une pathologie qu'on ne soigne jamais: elle est toujours bel et bien l'éleveuse des vipères lubriques et des hyènes dactylographes, ces animaux d'un temps qui fut le sien, celui de sa gloire passée, mais c'était un temps où je n'étais pas encore né...
Juste une remarque: le fichier qu'elle diffuse d'une manière hystérique et compulsive sur le net et qui contient cette prose scientifique (dans le sens que Freud donnait à ce mot...) a pour titre : «Roudinesco sur Onfray»... Si j'étais psychanalyste, ce qu'à Dieu ne plaise, j'y verrai quelque chose comme un acte manqué qui trahit un désir inconscient! Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan – puisque c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les pathologies mentales, non?
A méditer :)
mardi, 17 août, 2010Mais je vais méditer... Promis Mr Onfray :)
vendredi, 03 septembre, 2010PS : Je ne saurais vous recommander le livre de Mr Pommier qui a enfoncé Mr Freud (que j'aime bien soit dit en passant) avec une classe inouïe et une drôlerie succulente !:)
J'y ajoute : "L'homme-dé" de Luke Rhinehart... ceux qui exècrent la psychanalyse trouveront là de quoi se fendre la poire.
vendredi, 17 septembre, 2010:)
Les casse-couilles en briseurs d'idoles
mardi, 16 novembre, 2010Toute activité intellectuelle, suivie, qui, par son existence même, menace, non pas, selon le cliché habituel, « tous les conformismes », mais le conformisme autrement pesant des classes dirigeantes de la société française, plus spécifiquement défendues par certaines couches qui font assaut d'idéologie, sous des dehors réalistes, mâtinés de cynisme, s'offrant ainsi le luxe d'une mèche rebelle, toute activité intellectuelle donc qui ne se cantonne pas à n'être que symbolique, s'attire immanquablement les foudres de l'idiot médiatique qui a pour elle la passion que le four crématoire a pour les corps: tout doit disparaître! La politique de la boutique ouverte au sphinx financier. En voici un exemple qui combine Freud et Marx. La pertinence de cette association pourrait entrer dans la galerie du surréalisme, quelque peu trafiquant d'art et expert en analogie, si l'idiot en question avait au moins la fantaisie d'imaginer la chose comme amour de sirène à l'égard du vélocipède. Mais l'idiot médiatique, embarqué à bord du rouleau-compresseur du prosaïsme, rabote tout ce qui est bosse. Sa passion anthropologique dernière est: ni homme ni femme, actionnaire!
Et fatalement, lorsqu'il fait des découvertes, quelque part, soufflées, sur une terre rendue aussi plate qu'un portefeuille d'actions, soit ça tombe pile poil, à plat, soit ça fait une énorme bulle, destinée à éclater entre les mains du dictateur du jour. Et justement, en voilà un qui a découvert l'esprit prophétique, propre aux juifs dé-judaïsés. On admirera au passage cette dé-judaïsation des esprits qui sans doute attend minuit pour fleurir plus commodément. Sa nudité, étant in vitro, elle craint les lumières naturelles. Freud et Marx donc, abstraction faite des hommes réels que ces noms désignent, quelle importance, c'est pas le moment de « tortiller du cul » tout de même, avaient en commun cette illusion: être des savants! Là, l'idiot étend son domaine propre et se fait peuple pour noyer dans la masse une pensée d'un bon mètre et moulée fraîche. L'emploi du mot savant à une époque fière d'arborer une volonté millénariste libérale de sortie définitive de l'archaïsme politique ne manque pas de saveur! On sent comme un pétillement annonciateur de lancer de bouchon, agrémenté d'un petit discours sulfureux, du genre: autruches! Relevez la tête! Ôtez vos verres idéologiques! Et buvez et mangez, l'heure est venue de la communion.
Cette messe est évidement donnée en mémoire des pauvres diables aspirés par une forme ou une autre de messianisme. Désincarnés, il ne sont plus qu'ombres errantes, acharnées à se survivre, en vain. Pas de foi tranquille, sans cliché qui torche! La scène ici est à la manière de la nuit du chasseur. A main droite, l'esprit scientifique, à main gauche, l'esprit prophétique. Du catch attrape-coeur! Cette opposition qui fleure bon le synthétique repose sur un postulat implicite, laissé dans l'ombre: l'idiot qui parle, étant en mesure de déterminer ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas, est, par cette définition même, un scientifique. Freud et Marx sont ainsi ramenés à l'état de bruit et de fureur, objets d'une contemplation réservée aux seuls esprits dotés d'un calme olympien. Sans ça, les pires conséquences ne peuvent qu'advenir! Le corollaire d'une telle antinomie, soluble à l'origine, avant d'être tirée du pot cassé de la philosophie, par quelque membre viril de la confrérie médiatique, est que, et là, prolétaires, entrons dans la danse, réjouissons-nous, c'est son dieu que l'idiot assassine, le noyau de toute religion est proprement irrationnelle, because le prophétisme! Autrement dit la forme première de tout individualisme.
(lire la suite sur 1847.overblog.com)
valentini : A lire avec la substance adéquate sous peine de ne rien comprendre !
dimanche, 26 décembre, 2010;)
Enregistrer un commentaire
Ouvert à tous, anonymes ou pas.