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L'homme qui dessinait des chats

vendredi 5 septembre 2008


Seconde opération Babelio pour moi. Le principe est simple : on vous envoie gratuitement un livre et en contrepartie vous écrivez une critique.

Génial n'est ce pas ? Sauf si le livre reçu est une plaie à lire. Ce qui n'a pas encore été le cas, donc à ce jour ça n'est que du plaisir !

J'ai donc reçu un ENORME livre qui est en fait un recueil de nouvelles.
Et de deux ! Après les nouvelles de Quiriny et ma déception pour 18 € dépensés voici celles de Michael Marshall Smith (Editions Bragelonne) et ma satisfaction pour 0 €.

Ce livre contient 31 nouvelles exactement.

A suivre - 1995, Avoir raison - 2003, Voila que l'enfer dilate sa gorge - 1996, Sauvegarde - 1997, Ville morte - 2000, La magie est en toi - 1998, Peut-être la prochaine fois - 2003, Le livre des nombres irrationnels - 1999, Quand Dieu vivait à Kentish Town - 1998, L'homme qui dessinait des chats - 1988, Rendez-vous demain - 1994, Le pays obscur - 1988, Voir la mer - 1994, Moteur ! - 2001, Un dernier regard - 2001, Au service de l'homme - 2001, Chère Alison - 1997, La joie de recevoir - 1994, Fringale - 2003, La cadeau - 1991, Sans un adieu - 1996, Tout le monde s'en va - 1992 , Requiem - 1994 , Charmes - 2000, D'autres portes - 2003, Plus tard - 1992, Plus cruel que la mort - 1991, Une dernière promenade - 2002, Vaccinator - 1999, Le prix d'une vie - 1998, Ne pas écrire - 2003.

Je ne vais évidemment pas toutes vous les résumer (aucun intérêt) ; d'ailleurs je ne vais m'attarder que sur celles qui m'ont vraiment époustouflée.

31 nouvelles c'est beaucoup et toutes ne sont pas indispensables, ni inoubliables. Certaines peuvent même ne pas être lues. Pour ne garder que le meilleur, suivez le guide :

Dans l'ensemble je dirais que j'ai vraiment été conquise par l'imagination de M. Marshall et par sa manière de construire une histoire.

A le lire, on serait tenté de le croire américain car en matière de construction de thrillers, les américains super entrainés ne laissent rien au hasard ou au dilettantisme (cours à l'université etc...), seulement voilà, il est anglais !

Même si on décèle la façon dont il ménage le suspens et comment il assemble les puzzles de ses histoires, en bonne cliente de cette littérature sans défaut, j'ai bien accroché. Il n'y a pas grand chose à dire de plus sur la façon dont les nouvelles sont écrites : c'est propre, carré et agréable.

Sur le fond, c'est tout à fait excellent ! Voire génial.

Plusieurs "genres" alternent selon les histoires : futuriste, fantasy, thriller, conte, horreur, fiction.

¤"Voila que l'enfer dilate sa gorge" : Nouvelle futuriste qu'il est tout à fait impossible de raconter sous peine de la déflorer puisque seule la fin apporte des réponses. Etant très fan de l'imaginaire pur et dur au service de la science-fiction, j'ai adoré.

¤"Sauvegarde" : une vraie question derrière cette nouvelle. Un quelque chose de très humain qui interroge sur la mort et son refus. Un thème déjà exploité dans beaucoup de livres ou films mais traité ici de manière percutante.

¤ "La magie est en toi" : Une histoire de pédophile cynique à souhait. Une fin totalement loufoque mais justement une fin inattendue.

¤"Le livre des nombres irrationnels" : Mention spéciale ! J'ai adoré ! Il est bien sûr question de nombres (j'ai appris des tas de trucs totalement dingues) et surtout d'un tueur en série.
M. Marshall est ce tueur en série puisque par le truchement d'un "je" il nous tire vers les profondeurs de son âme (enfin celle du tueur, vous m'aurez comprise).
Immorale à souhait et passionnante, cette nouvelle est tout simplement affreusement géniale.

¤ "L'homme qui dessinait des chats" : c'est un joli conte servit par une écriture fine et subtile (ce qui prouve que M. Marshall est parfaitement capable de sortir d'une écriture "américaine"). Un joli voyage sur les routes qui sillonnent l'imagination de l'auteur.

Vous n'êtes pas sans avoir remarqué (sinon c'est que vous avez quitté ce blog avant d'arriver à ces lignes) que c'est le titre choisi par l'éditeur pour nommer cette anthologie. Choix que je ne saisis pas ; le titre original "More tomorrow and others stories" étant beaucoup plus adéquat ("more tomorrow" est le titre original de la première histoire "à suivre" dans l'ordre des histoires). Il se peut que l'idée ait été de mettre en exergue la toute première histoire publiée par M. Marshall en 1988 en l'occurence celle-ci mais il aurait mieux valu s'en tenir à une logique moins subtile.

¤"Rendez-vous demain" : vaut vraiment le coup pour l'extraordinaire va-et-vient permanent entre présent et passé qu'effectue M. Marshall. Un jonglage parfaitement réussi. Du grand art pour mettre en place un suspens sans faille.

¤"Moteur !" : Comme nombre d'histoires de M. Marshall celle-ci pourrait être un film tant l'idée est géniale. Une fin surprenante ce qui donne un goût fabuleux à cette nouvelle.

¤"La joie de recevoir" : Encore un film. Mais cette fois-ci cela s'est fait et sans Mickael Marshall.

En quatre pages, je dis bien en quatre pages (si ça c'est pas la classe !) M. Marshall développe une idée qui va être reprise dans un film sorti en 2005 "The Island" avec Ewan McGregor et Scarlett Johansson.

Etonnamment il n'y pas eu de polémique entre Dreamworks et M. Marshall.
Lorsque C. Tredwell-Owen, A. Kurtzman et R. Orci les scénaristes de "The Island" envoient leur script à Dreamworks, Steven Spielberg (fondateur de Dreamworks) et Michael Bay futur réalisateur de "The Island" sont immédiatement emballés.

Etrange en effet que cela leur semble une idée originale puisque qu'en 1996 Spielberg achète les droits d'un roman de M. Marshall "Frères de chair" ("Spares") qui ressemble énormément à "The Island" (droits achetés pour ne rien en faire et laisser en carafe le projet d'une adaptation. Pour ma part, plutôt pour se passer de reverser quoique ce soit à M. Marshall).

"La joie de recevoir" est encore antérieure à "Frères de chair" de deux ans et constitue peut-être l'idée princeps de ce roman qui fit sensation à sa sortie.

Alors même que M. Marshall n'intente rien contre Dreamworks, ce sont les réalisateurs de "Parts : The Clonus Horror" film de 1979 qui se mettent très en colère et accusent Spieberg de plagiat ( visiblement avéré).

Il se pourrait donc que M. Marshall se soit lui-même inspiré de "Parts: The Clonus Horror" pour écrire "La joie de recevoir" puis "Frères de chair" mais le fait est quand lisant ces 4 pages vous ne pourrez pas manquer de faire le lien avec "The Island" (alors que l'auteur ne trouve, lui, pas de ressemblances).

A écrire ce post, je me rends compte que ce livre regorge de nouvelles fabuleuses et différentes et que je vais forcément utiliser souvent les mêmes superlatifs : génial, excellent, admirable, etc...

En vrac donc et à ne surtout pas rater : "Au service de l'homme" (émouvant) ; "Fringale" (monstrueux) ; "Le cadeau" (magnifique) ; "Sans un adieu" (cruellement juste)...

Pour 22 euros (c'est son prix) ce livre nous offre un très large choix d'émotions et de frissons.

Je finirais presque par dire, moi qui polémique souvent sur le prix des livres (et ce que l'on est en droit d'en attendre), que ce n'est pas cher payé pour tout ce que M. Marshall nous offre au travers de ses histoires.


***
N'a pas apprécié autant que moi : Anaïs Valente

A apprécié autant que moi : Les chroniques de l'Imaginaire

***

Vos commentaires ici

11 commentaires à lire:

Anonyme a dit…

Je me lance dans le commentaire inutile du jour. Pourquoi utilisez cette double négation "vous n'êtes pas sans avoir remarqué"?

Je ne sais pas pourquoi mais cela me gène...

dimanche, 07 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@setim : ah... je cherche une réponse...euh... que me proposez-vous en échange ? Perso ça ne me choque pas mais je suis preneuse pour une autre tournure si il est avéré que c'est vilain :))
N'empêche, on dit bien : "vous n'êtes pas sans ignorer" non ?

lundi, 08 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Certes, on le dit ...

lundi, 08 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Une formule alternative serait simplement: "Vous avez remarqué..." ou "vous savez que..." ou encore "vous avez surement remarqué".

Pourquoi utiliser deux négations qui s'annulent mutuellement?

lundi, 08 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Franchement, c'est le genre de couv' qui me fait fuir... Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier aux apparences !b

mardi, 09 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@anne-sophie : Idem pour moi et pourtant... D'où l'excellente surprise :)

mercredi, 10 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@setim : pas d'accord car vos 3 propositions modifient le sens de ma phrase et donc le sens de ma pensée...
:)

mercredi, 10 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Bonjour,
je cherche à vous joindre à propos d'une opération organisée par le site www.Chez-les-filles.com et une maison d'édition parisienne, pourriez-vous m'écrire à mon adresse violaine@chez-les-filles.com ?
Cordialement, Violaine

lundi, 15 septembre, 2008
Anonyme a dit…

Comme Bon-Sens, j'aime utiliser cette double négation qui contient , me semble-t-il, plus de choses que dans une simple affirmation (ne serait-ce qu'une pointe de dérision, ce qui est toujours précieux...).
Quant au recueil de nouvelles, il me fait bien envie, n'était son horrible couverture.

samedi, 20 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@fantomette : Je sais la couverture est fortement répulsive... C'est dommage pour l'auteur. Il méritait beaucoup mieux.
Merci d'avoir souligné l'idée de ma double négation ! Je ne l'avais pas aussi bien expliqué.
Je confirme le double cheese burger est meileur que le cheese burger quand on aime le fromage :)

dimanche, 21 septembre, 2008
Bon sens ne saurait mentir a dit…

@Violaine : Désolée pour le retard !
Je vais me mettre en contact avec vous.

dimanche, 21 septembre, 2008

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