Richard Millet était pour moi un parfait inconnu jusqu'au jour où Anne-Sophie me conseilla de faire sa connaissance.Une étonnante rencontre. Richard Millet est un écrivain étrange avec une écriture surprenante. Il est bon de lire un écrivain sans rien connaître de lui. Cela ôte d'emblée les idées préconçues qui s'infiltrent lors de la lecture (vous comprendrez ce que je veux dire par la suite). Il est bon ensuite de comprendre l'être humain qui a écrit (vous comprendrez ce que je veux dire par la suite). J'aurais du me douter à la lecture du "Renard dans le nom"(2003) que le monsieur était différent des autres. Deux réflexions conclurent ma lecture : écriture hypnotique, écriture élitiste. Cet effet d'hypnose repose essentiellement sur la syntaxe et le style. La majorité des phrases sont si longues qu'elles peuvent s'allonger sur plus d'une trentaine de lignes avant qu'un point ne vienne les clore... Vous imaginez ? Des virgules à foison, des points virgules pour respirer mais aucun point à l'horizon. Déroutant. On s'y fait. Peu à peu, on entre dans l'écriture de Richard Millet. Nos yeux apprivoisent ces phrases interminables et finissent par comprendre qu'elles ne s'achèveront peut-être pas. Inutiles donc de chercher leur fin. Ce que j'ai tout de même fait bien souvent, n'admettant pas qu'une phrase, une seule, puisse être aussi longue. Mais la question, plus surprenante encore, fut celle de comprendre pourquoi n'étais-je pas essoufflée voire irritée de ne jamais m'arrêter ? Je pense que cela ne tient qu'à une chose évidente : la maîtrise de la langue française. Certaines personnes ont une telle aisance dans cette langue, qu'elles peuvent se permettre de jouer avec les codes communément admis. Et Richard Millet joue avec un soin tout particulier à empeser son récit pour paradoxalement l'aérer. L'histoire est simple. Rien de très extraordinaire. La mort d'une jeune fille, la recherche d'un coupable. Un village, des mentalités étriquées et un "qu'en-dira-t-on" ravageur. Voilà, le décor est planté. Une fin agrémentée de suspens, bien agréable ma foi, qui démontre que Richard Millet n'a pas seulement tenu à lécher son texte mais aussi à travailler son histoire, malgré et envers sa médiocre originalité. Un détail, mais pas des moindres, est également à souligner. Le héros et sa famille se nomme "Lavolps" ce qui étymologiquement signifie "vulpes ou volpes" = "renard". J'ai une grande faiblesse pour les noms de héros. Ils ne doivent pas être le fruit du hasard. Ils doivent avoir un sens. Seulement ça n'est pas aisé. C'est pourquoi lorsqu'un écrivain travaille non seulement son texte, ses personnages mais aussi leur fardeau étymologique, je reste étourdie par l'étendue de la besogne. Venons en donc au "Vous comprendrez ce que je veux dire par la suite". Le texte est beau, c'est un fait, et extrêmement original dans son approche syntaxique sous l'angle grammatical, à un point tel, que connaître l'écrivain devint une nécessité. Non, le roman "Le renard dans le nom" ne se finirait pas pour moi après sa dernière page. Je suis donc partie à la recherche de Richard Millet. Et je l'ai retrouvé, en pleine conversation avec son absolu contraire : Frédéric Beigbeder. Conversation édifiante ! Car l'homme est un magnifique spécimen d'homo retrogradus, emmailloté dans un soupçon d'intolérance. Autant dire tout le contraire de ce que m'avait laissée supposer son écriture ! Son entretien avec Beigbeder m'a quelque peu fait bondir. Ce même Beigbeder a largement manqué de répartie face à un homme qui disons le clairement milite pour un élitisme littéraire séculaire ! Richard Millet déclare (sur un ton mi-affligé, mi-révolté, j'imagine) que "L'inflation de livres est une dérive démocratique où s'installe dans l'esprit des gens l'idée que chacun peut écrire et même doit écrire.". Si vous relisez mon post "Les premiers seront-ils les derniers" vous vous rendrez aisément compte qu'Emile Zola a quasiment dit la même chose en 1878, et avant lui Stendhal en 1825 et avant lui des tas d'autres! C'est tout de même incroyable de véhiculer inlassablement les mêmes fantasmes de destruction littéraire. La littérature se meurt, elle agonise, expire ses derniers souffles de vie... "Ma Dame, je me meurs abandonné d'espoir... La plaie est jusqu'à l'os" (P. De Ronsard). Vous noterez que ce sont souvent les auteurs les plus "cultivés" qui sont également les plus véhéments et revendicatifs dans cette croisade "La littérature aux littéraires". Je finis par me demander si intellectuels et démocrates dorment vraiment dans le même lit ? Cet imbécile de Beigbeder lui répond fadement : "D'accord, la littérature est menacée." Comment ça la littérature est menacée ??? Au lieu de lui rétorquer que justement parce Richard Millet écrit, la littérature est loin, très loin même d'être menacée ! Georges Ohlnet aussi menaçait la littérature du 19 ième siècle et pourtant, il a été intégralement étouffé par des Chateaubriant, Hugo, Flaubert, Zola, Stendhal. Durant ce siècle où des Richard Millet pestaient contre l'effondrement de la littérature française, apparaissaient ses plus beaux fleurons ! Richard Millet s'insurge contre le maniement personnel de la langue française, sa mise en danger par une "perversion de l'idée démocratique" et "face à l'affadissement général, je préfère, au contraire, adopter le ton le plus éloigné possible du langage courant. Il faut s'insurger par le style, par le déploiement de subordonnées complexes, tout en restant lisible. Voilà ma manière à moi d'affronter la Bête." Alors là je tombe des nues ! Monsieur Millet nous déverse ses angoisse d'intello esseulé face à une masse d'individus qui s'octroient le droit d'écrire et de tordre sa chère langue. Bon déjà, à force de récriminer sur une éventuelle débauche de l'idée démocratique, il serait judicieux de rappeler à ce Monsieur que certains de ceux qui avaient fait le même constat, ont finalement trouvé refuge dans une idée bien plus perverse : la dictature ! Quant à la lisibilité, cela reste très relatif. Le déploiement de subordonnées complexes, une phrase qui s'étale sur plus de 2 pages ne facilitent pas franchement la lecture. Il s'est accordé le droit de virer la ponctuation ou pour être plus exacte de suremployer les virgules (peut-être milite t'il pour "la virgule en voie de disparition" ; auquel cas je peux éventuellement adhérer après une lecture de Castillon) créant par là même une langue qui lui est tout à fait personnelle. Tout cela est louable mais qui peut définir in-fine, si Richard Millet est un auteur lisible ? Que veut-dire ce terme ? Lisible soit. Mais facilement lisible ? Lisible tout court ? Facilement lisible, je réponds non. Lisible tout court, oui, si on considère que l'hindi ou le sanskrit ne sont pas lisibles pour moi. Mais lisible par qui ? Par des gens qui ont une certaine habitude de lecture. Donc pas pour le tout-venant. Donc pas démocratique. Donc élitiste. Richard Millet fulmine contre ceux qui manient les anglicismes, le langage tchat, les acronymes, l'argot branché (dans le même panier les sms, msn, emails etc) mais en revanche, rien à dire sur les subordonnées complexes, les syntaxes tordues, les délires stylistiques (surtout dans les dialogues). Visiblement il y a "tordre" et "tordre" la langue française. (Il y avait aussi certaines rillettes fût un temps...) Pas peu fier de répandre sa morgue sur un Beigbeder déconfit qui agite dans un soubresaut l'étendard de la jalousie mercantile, Richard Millet enfonce le clou : "Un écrivain, un vrai, met sa vie en jeu au sens où il n'existerait plus s'il n'écrivait pas. Sa quête est presque spirituelle. On est loin des questions de charme! Sagan, Gavalda et leurs avatars nothombesques sont de la sous-littérature. Ça n'existe pas comparé aux authentiques écrivains. Il n'y a pas deux types de littératures. Il y a la littérature - qui se réduit à quelques noms par siècle - et puis le reste." C'est de la haute voltige : Un homme qui ne peint pas n'est pas un peintre. Un homme qui n'écrit pas n'est pas un écrivain. Donc pour qu'une activité existe, faut il encore l'exercer. Ca a l'air évident comme ça, mais fallait tout même y penser ! Je n'ose imaginer que Richard Millet puisse avancer cette assertion au sens propre du terme... (Si t'es un vrai écrivain qui n'écris pas... prouve-le ! Désintègre-toi !) Sur quels critères Richard Millet a t'il tranché "littérature" et "reste" ? Ce classement n'a strictement aucun sens car il fluctue selon l'époque. Ma foi les "restes" du 18 et 19 ième siècles sont souvent de beaux restes. Mais Richard Millet a une qualité. Il est clair à défaut d'être clairvoyant. "Je ne cherche pas à être populaire. Je revendique l'élitisme. ". C'est vrai, mais c'est dommage. C'est ce qu'ont répété d'illustres anophtalmes dont le combat est depuis bien longtemps oublié et fait sourire les écrivains d'aujourd'hui.. Chaque siècle surmédiatise de médiocres écrivains et fait s'égosiller quelques autres. Mais que valent ces inflammations de cordes vocales si ce n'est d'étaler une aigreur vengeresse que personne n'entend ? Ne peut-on pas défendre "sa" vision de la littérature avec un sourire moqueur et l'ironie au bord des lèvres ? Car n'oublions jamais, les chiens aboient et la caravane passe... *** |
Retour sur le jeu Dead to Rights Retribution
Il y a 4 semaines

38 commentaires à lire:
Excellente analyse, Bon_Sens, et c'est très intéressant d'avoir lu le livre avant d'en apprendre plus sur l'auteur... Je crois que c'est Victor Hugo (corrige-moi si je me trompe) qui disait : "Je serai Chateaubriand ou rien"... C'est toujours intéressant, l'ambition littéraire. Un écrivain (un "vrai", hahaha !) se doit certes d'être ambitieux, mais peut-être pas aussi arrogant... Enfin, je ne sais pas. Le temps dira si Monsieur Millet fera partie des "grands", peut-être, mais va savoir si ceux qui resteront ne sont pas ceux qui "tordent la langue" contre son gré, à cet amoureux du beau langage et de la phrase sans fin (cela dit, je suis pour l'usage du point-virgule, quant à moi!).
jeudi, 14 juin, 2007Pour "la mort de la littérature", oui, mauvaise réponse de Beigbeder, normal. Au fait, on nous prédit aussi la mort de la peinture depuis plus de cent ans !)
Merci, en tout cas ;-)
PS : Et j'aime beaucoup le tableau de W. Stan, au bleu sans limite... :-)
jeudi, 14 juin, 2007Edifiant est effectivement le terme qui convient pour qualifier l'échange Millet/Beigbeder. Je n'ai jamais lu ni l'un ni l'autre (et ne le ferai sans doute jamais), mais je reconnais que si Beigbeder n'est pas attirant, l'autre est carrément repoussant... et en même temps amusant tant il est caricatural en petit dictateur qui décrète que tout est foutu mais que, en lui, un sauveur nous est né.
jeudi, 14 juin, 2007Sa démarche est sans doute bénéfique pour lui, pour calmer ses doutes ou son aigreur, mais je préfère être dans la masse des écrivains qui font partie du "reste" (et entre Millet et Beigbeder, il y a de la place !) plutôt que de me vautrer dans une arrogance plus tristounette qu'autre chose. En conclusion (désolé de faire si long, mais j'ai eu le bon goût de mettre des points, des virgules ; et je peux même utiliser le point-virgule) je reprendrai une phrase prononcée lors de l'entretien par celui qui semble le moins idiot (ou le plus réaliste) des deux : "si on n'a pas l'ambition de porter son travail devant le public, on risque de contribuer à la disparition de la littérature".
C'est en effet le lecteur qui crée l'écrivain et pas l'écrivain lui-même (y compris celui qui clame le contraire haut et fort en crachant sur les autres). Et c'est uniquement par les lecteurs que l'écrivain peut espérer laisser sa marque dans le temps. Je n'ai pas cette prétention et me permets donc de rigoler devant celle de Monsieur Millet. Mais si le talent d’Hugo ou de Balzac ont donné naissance à des générations d’admirateurs, je doute que l'onanisme intellectuel de Richard Millet lui procure une si belle descendance. Mais ce n'est que l'avis d'un "auteur", pas celle d'un "vrai écrivain"...
Je ne sais plus quel auteur (un espagnol) disait qu'en littérature il faut être ambitieux, trés ambitieux... parce qu'on est rarement à la hauteur de ses prétentions.
jeudi, 14 juin, 2007Alors quitte à faire moins bien, faisons moins bien que les meilleurs...
En fait ce billet confirme qu'un auteur intéressant n'est pas forcément une personne intéressante, ni même quelqu'un qui a des théories intéressantes sur la littérature (et l'Histoire est pleine de ce genre d'écrivains), mais que cela n'altère en rien ses qualités d'écrivain...
vendredi, 15 juin, 2007Le problème avec Millet, c'est qu'il est très bon, très fort, plein de talent .. et qu'il le sait. Un peu comme Hugo.
vendredi, 15 juin, 2007L'autre problème de Millet, et on ne le voit que dans ses interviews (oh un anglicisme), c'est qu'il a une conception de la langue comme quelque chose de figé, oeuvre d'art à ne pas toucher.
Quel écrivain, en revanche. Bon sens, à lire : La gloire des Pythre
Merci Bon sens pour cet article, je ne connaissais pas Millet mais voilà qui m'intrigue. Quant à ton analyse, elle est remarquable.
vendredi, 15 juin, 2007Ah la posture de l’écrivain, dans la vie, à coté au dessus de la mêlée, dans le groupe, pour tout le monde pour tout ceux qui le comprenne…lire une entrevue d’un écrivain est souvent (toujours) décevante. On peut supposer que ce qu’il met dans ses livres parle pour lui et les émotions, le plaisir transmis est infiniment supérieur à une conversation où il se transforme en nous, être humain, avec nos bassesses, notre lâcheté, nos propos de café du commerce de la vie quotidienne. Que Millet revendique ce qu’il veut, il a le droit d’être con, il écrit bien et parfois on sent sa volonté d’élitisme mais parler à qui au plus grand nombre ? À une minorité ? le plus simple est d’écrire avec son cœur, le lecteur triera le bon grain de l’ivraie
vendredi, 15 juin, 2007Réponse groupée :
vendredi, 15 juin, 2007@ Sophie K. : J'analyse bien, hein, t'as vu ???
Oui c'est le p'tit Victor, qui encore en culottes courtes, avait de l'ambition pour dix !
Oui le bleu de Stan (après celui de Prusse) est rudement lumineux, je trouve aussi :)
@ Seb_F : La rencontre était de toute façon improbable. Dommage que le dialogue fut à ce point stérile. L'onanisme de Millet et sa descendance m'ont bien fait marrer :)))
@ Olga : C'est terriblement juste.
@Fashion : Moi je veux savoir ce qu'en pense ta mère !!!
@ Pitou : Ca ne m'étonne pas un quart de seconde que Millet ne soit pas un inconnu pour toi. Et je lirai très certainement ce que tu me conseilles car j'admets très franchement que Millet écrit très très très bien.
@ Jérémie Vanden : Je vais me repasser ton compliment en boucle ! Car le mot "remarquable" n'est pas le moindre des adjectifs qualificatifs !
@Bartllebooth : Le lecteur trie souvent... Mais je suis pas sure qu'il mette dans les bonnes cases.
Zut, j'suis en train de faire mon Millet :)))
Allez, grâce à toi, peut-être un jour lirai-je du Millet.
vendredi, 15 juin, 2007Mais il part de loin : j'avais lu le débat avec Beigbeder (qui n'avait même pas besoin de répartie) ; un autre avec Bégaudeau.
De toute façon, les écrivains qui aiment commencer une phrase par "un vrai écrivain, c'est quelqu'un qui...", j'ai une furieuse tendance à ne pas les lire ;-)
@ Secondflore : Toi qui écris, tu devrais lire Richard Millet. C'est instructif. Et con ou pas, il écrit très bien. Je concède aisément que commencer ses phrases par "un vrai écrivain" est assez puant.
samedi, 16 juin, 2007:))
Je cours acheter ma pile pour les vacances, car j'hérite d'un bon FNAC de 100 euros. Ton blog est une mine, j'ai déjà repéré plusieurs titres, j'espère que je vais les trouver!
samedi, 16 juin, 2007Quant à Richard Millet, éditeur chez Gallimard, on lui doit la récente publication dans la collection blanche d'Emmanuelle Urien (c'est très bien)
Je ne supporte pas Beigbeder, parce qu'il est con, écrit mal, parce qu'il est narcissique, odieux, gratuitement provoquant.
samedi, 16 juin, 2007J'ai envie de découvrir Millet et son style, mais ce que tu m'en dis m'agace.
Les grands écrivais qui se prennent pour des dieux m'exaspèrent tout autant que les petits merdeux qui se prennent pour des écrivains.
@wamanda le retour : Ah te voilà enfin sortie de ton CDI ! Surtout ne recule pas devant la lecture de Millet. Une comédienne comme toi devrait apprécier son ambiance :)
samedi, 16 juin, 2007"J'ai une grande faiblesse pour les noms de héros. Ils ne doivent pas être le fruit du hasard. Ils doivent avoir un sens" , dis-tu.
samedi, 16 juin, 2007J'adhère à 200%. Le nom des héros me fascine aussi. Je passe des heures à peaufiner le nom des miens...et j'aime qu'ils prennent un sens dans la trame de mes histoires.
A part ça, le mot écrivain ne me fait plus peur...J'ai éprouvé de tels plaisirs à lire de "petits" auteurs comme Ponson du Terrail, ou Maurice Leblanc par exemple, que je laisse les chiens aboyer avec philosophie tout en faisant coucou depuis le chameau de tête de la caravane...
PS: j'ai trouvé le bouquin de Michel Faber. Je ne vais rien faire d'autre du week end!
Quelle belle analyse ^^ Lire ça donne presque envie de supprimer mon propre blog, qui parait terriblement plat à côté de ta prose incisive !
dimanche, 17 juin, 2007Bref, passons.
Je ne connais pas Millet mais ce que tu en dis m'interpelle: le côté purement littéraire de mon cerveau est très intéressé , je suis intriguée par cette plume apparement "haut de gamme" [Millet serait-il un VIW ?]; d'un autre côté son discours quelque peu prétentieux me rebute, je ne suis pas fan [pardon anglicisme ^^] de cette littérature élitiste [comme si un écrivain pouvait se juger lui-même et s'attribuer un grade !] : si la littérature est en déclin, est-ce avec des oeuvres compliquées et surtout figées [ à dessein] que l'on pourra intéresser de nouveaux lecteurs et redorer le blason de la littérature francophone? je ne pense pas. [ouf, je commence une autre phrase, j'ai voulu voir combien de temps je tenais sans mettre de point... ;))]
bref, si je trouve cet auteur d'occasion [les romans d'occasion, pas l'écrivain...quoique ^^], j'essayerai peut-être un de ses romans, pour le style...et seulement le style.
@Morwenna : Malheureuse ! Comment peux-tu un quart de seconde penser que ma prose vaut mieux que la tienne ! Je t'ai lue et la tienne est ronde, souple et généreuse. Ne faisons pas notre Millet ! L'espace blog est infini et ne comporte aucune hiérarchie. Ton étude de Delerm m'a bluffée.
dimanche, 17 juin, 2007Je recommande encore une fois de lire Millet même si sa posture d'écrivain est contestable :))
Chère Bon-sens, je ne t'avais pas remerciée pour ta sympathique réponse à mon message (voilà, c'est fait, j'espère que ça réduira le montant de l'énorme dette (ceinture + consultation psy) que j'ai envers toi). Si j'ai réussi à te provoquer un début d'hilarité, sache que ce n'est qu'une maigre revanche : cela fait un moment que je parcours tes chroniques et j'avoue que je les trouve réjouissantes (oserais-je laisser fuser un léger hihihi ?) et, ce qui ne gache rien, très bien écrites. En somme, nous avons là un regard fin servi par une fine plume. Si tu préfères, pour éviter la répétition du mot "fin", tu peux utiliser un synomyme : aigu, pointu, piquant...
dimanche, 17 juin, 2007Petite précision : au contraire du remerciement initial, le compliment, lui, est gratuit. Ne t'inquiètes donc pas : tu l'auras ta ceinture. Et même deux, si tu veux : une pour la semaine et une pour le dimanche.
J'ai voté pour "No title", je suis enchantée par les couleurs. Mais dis-moi, ai-je bien compris que les tableaux sont de toi?
dimanche, 17 juin, 2007J'ai voté pour "Irradiante féminité". De qui est ce tableau ?
dimanche, 17 juin, 2007Juste un petit mot pour te remercier ;)) Pour employer une expression "clichée", je dirais, en toute sincérité, que ton compliment me va droit au coeur !
lundi, 18 juin, 2007A bientôt ^^
¤Béa : Oh non ! Ils ne sont pas tous de moi et cela se voit :)) Celui pour lequel tu as voté est encore Vladimir Stan. Je le trouve plus beau encore que le bleu en bas de mon blog :)
lundi, 18 juin, 2007@Fashion : Good choice sweet Fashion :)) Car celui ci il est de moi ! Avec des pigments achetés cet été dans le Luberon :)
lundi, 18 juin, 2007J'ai appliqué les fameux critères de notre amie Anne et voilà! Donc, soit j'ai hyper bon goût (of course!:))), soit tu es une super artiste (of course aussi!:)))! (et puis j'aime aussi beaucoup le titre, l'adjectif "irradiant" est trop peu employé si tu veux mon avis)
lundi, 18 juin, 2007Mais qui donc a dit, dans un grand accès de lucidité, quelque chose comme : "rencontrer l'auteur d'un livre qu'on a adoré revient à vouloir rencontrer l'oie qui a produit un excellent foie gras?"
lundi, 18 juin, 2007;-))
Dur, dur, Bon Sens, d'avoir envie quand même de découvrir ce gus confit dans sa prétention...
Ah, ah! Je suis rouge tomate de mon inkulture: je ne connais pas ce peintre... (je suis hyper classique: après Nicolas de Stael, je ne connais guère que Basquiat et Rothko). Les artistes contemporains me sont inconnus pour la plupart. C'est mon côté "province"! :))) Mais tant mieux, ça me fait beaucoup d'artistes à découvrir... Merci de la petite expo...
lundi, 18 juin, 2007@So : Bon retour parmi nous ! Elle est excellente celle du foie gras et de l'oie. :)
mardi, 19 juin, 2007@Béa : Parce que tu crois que je suis kulturée en Art ????
mardi, 19 juin, 2007Pffff... Même pas !
Ton Rothko est inconnu à mon bataillon.
J'ai lu et relu ton article sur Richard Millet j'en ai parlé à une de mes collègue on le trouve vraiment excellent. Richard Millet est originaire de ma région, je n'ai pas lu ses livres à cause justement de ses propos un peu excessifs, mais il faut que je passe un peu au dessus de tout ça et lire au moins un de ses livres .... A bientôt et encore bravo pour ton blog.
jeudi, 21 juin, 2007Bon Sens, j'aimerais beaucoup participer au vote (euh...oui, j'arrive après la bataille), mais où, et entre quels tableaux, vote-t-on?
jeudi, 21 juin, 2007@Anne : Mais c'est fini, j'ai retiré la page.
vendredi, 22 juin, 2007Désolée Anne :(
@Nina : Merci et oui, je confirme, Millet vaut la peine d'être lu. Mais il faut le prendre pour ce qu'il est : un excellent écrivain. Quant à la sociologie littéraire, ça n'est pas son job :)
vendredi, 22 juin, 2007Au delà de la définition de l'élitisme, le problème qu'il soulève n'est pas tant que faire partie d'une élite ne soit pas accessible à tous de par des qualités non assez développées, mais que ce ne soit pas accessible à tous de par à l'origine un certain concours de circonstances. Ainsi Millet se réclamant de l'élite et réclamant en retour des lecteurs à sa hauteur oublie que le hasard n'y est pas pour rien et croit évincer des lecteurs simplement parce qu'ils n'ont pas l'envergure de le lire, pas parce qu'ils n'ont pas entendu parler de lui, par exemple.
dimanche, 24 juin, 2007En passant, je laisse l'adresse blogue d'un auteur que j'apprécie dont j'apprécie autant l'écriture: http://durlephil.blogspot.com
@Mégane : Bienvenue :)Je ne connais pas personnellement Millet pour définir si son ton acerbe est la conséquence d'une désespérance sur le devenir de la littérature ou s'il est simplement un être imbu de sa personne. :))
dimanche, 24 juin, 2007@ SO : La phrase exacte est "S'intéresser à la vie de l'écrivain parce qu'on aime son livre, c'est comme s'intéresser à la vie d'un canard parce qu'on aime le foie gras" ; elle est signée Margaret Atwood.
mardi, 17 juillet, 2007@ Bon sens : Très bon article qui me donne, malgré tout, l'envie de lire ce livre.
C'est un très bon ite que je viens de découvrir. Félicitations !
@Bartleby : Merci pour les compliments ! Je sais que mon article sur Millet a paru dur or effectivement j'incite tout le monde à lire cet écrivain. J'avais pourtant bien précisé que le monsieur était un excellent écrivain. Son écriture mérite largement d'être découverte par ceux qui ne connaissent pas encore.
mercredi, 18 juillet, 2007:)
Je suis venue de nouveau relire cet article, parce que je me lance dans la lecture d'un Richard Millet "la gloire des Pythre" j'ai envie de lire quelque chose de fameux, de délectable, et bien des les 1ères pages ça m'a coupée le souffle. on peut dire que c'est pas du roman régionaliste et c'est pas à l'eau de rose du tout et c'est formidablement bien écrit!!
jeudi, 27 septembre, 2007@Nina : Merci, moi qui avait dit que je lirai un autre roman de Millet ce sera donc le tien !
jeudi, 27 septembre, 2007C'est clair, il écrit divinement bien. C'est tiré vers le haut, comme on dit. Comme la leçon d'un grand maître, despote et génial.
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